L’ANACR Oise tient à rendre hommage à la mémoire de Jean Pitkevitch l’un des adhérents de l’association. Avec, l’ANACR et bien au-delà c’est un homme engagé et de valeur, qui nous quitte et nous manquera. Elle présente aux siens ses amitiés, sa solidarité et sa compassion.
Voici une courte biographie, rédigée d’après l’article du Maitron (https://maitron.fr/spip.php?article163761, notice PITKEVICHT Jean par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 8 septembre 2014, dernière modification le 24 septembre 2014.) :
Jean Pitkevitch est né le 10 juin 1929 à Creil dans une famille modeste (son père était maçon et sa mère femme de ménage).
Il obtient son CAP de modeleur-mécanicien sur bois en 1947 et travaille par la suite comme modeleur dans diverses entreprises du bassin creillois (Fayola, Montupet et Usinor où il reste jusqu’en 1962).
Jean Pitkevitch, à la réunion organisée le 12 avril 2013, par les Vétérans de l’Oise du PCF et l’UD CGT Oise : une conférence-débat avec Christian Langeois, auteur de la première biographie d’Henri Krasucki, ancien secrétaire général de la CGT et figure du mouvement ouvrier du XXe siècle. Cette biographie est parue en septembre 2012 aux éditions Le Cherche Midi.
Il adhère à la CGT en 1947 et est élu membre de la CA départementale et du bureau à l’issue du 29ème congrès (7-8 février 1959). Lors du congrès suivant (10-11 décembre 1960) il entre au secrétariat et devient secrétaire général de l'UD -CGT de l'Oise en janvier 1982 lorsque Jacqueline Léonard fut nommée à la direction nationale. Il conservera ce poste jusqu’en décembre 1988. A cette date, il quitte aussi le bureau mais reste membre de la CA jusqu’en 1995.
Jean Pitkevitch a milité aussi à la FCPE et surtout au PC dont il était membre depuis 1957. Il a été candidat aux élections municipales à Creil sur les listes de ce parti en 1959, 1965, et 1971 avant d’être élu sur la liste d’Union de la gauche en 1977, réélu en 1983, puis à nouveau en 1989 : il est alors adjoint jusqu'en 1995 ;date à laquelle il renonce à se représenter.
Jean Pitkevitch en 2010 à l’anniversaire des 10 ans de l’AMOI
Il est membre créateur de l’Association pour la mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois (AMOI) avec Jean-Pierre Besse. Il en devient le président en 2014.
A lire aussi le témoignage de Jean et de son épouse Claudine sur le site des vétérans de l’Oise du PCF:
L’ANACR remercie le maire Monsieur Arnaud Dumontier, les élus à la culture, la directrice de la bibliothèque et tout le personnel qui a contribué au bon déroulement des initiatives prises pour la commémoration du 80ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance le 27 mai 1943 rue du Four à Paris, sous la présidence de Jean Moulin, émissaire envoyé par le Général de Gaulle.
L’exposition « Les Femmes Aussi » a été installée dans le hall de la bibliothèque Reine Philiberte du 23 mai au 3 juin, magnifique exposition.
Le vendredi 2 juin le film « Les Jours Heureux » a été projeté au Cinéma Le Palace à Pont avec une belle assistance et un excellent débat sur l’organisation de la Résistance et la création du CNR. La soirée s’est terminée par le pot de l’amitié.
Le samedi 3 juin « Les Amis de Pierre Soullard » ont donné une lecture théâtralisée des écrits des Résistantes. C’est l’émotion qui domine tout au long de ce récit.
Ce samedi s’est aussi terminé par le pot de l’amitié et la fin de cette belle initiative.
Françoise Vincent et Hélène Boulanger , le 2 juin, au cours du débat avec le publicLa lecture théâtralisée, le 3 juin,
L’ANACR a pour objectif de transmettre la Mémoire de la Résistance, des Résistantes, des Résistants qui ont donné toute leur énergie pour combattre l’envahisseur allemand.
Un communiqué de la Présidence de la République publié le 18 juin 2023 annonce l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian ; nous avons choisi de mettre en gras des passages les plus forts de la fin de ce communiqué :
« […] le Président de la République a décidé de l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian. Missak Manouchian choisit deux fois la France, par sa volonté de jeune homme arménien épris de Baudelaire et de Victor Hugo, puis par son sang versé pour notre pays. Il figure, dans notre mémoire, comme l’un de ceux visés par l’ «Affiche Rouge », qui désignait à la vindicte dix des membres du groupe qu’il dirigeait, Francs-tireurs et partisans – Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), étrangers, juifs, communistes, et pour cela exécrés par le régime de Vichy. Le 18 février dernier, le Président de la République avait déjà réparé l’injustice commise envers Szlama Grzywacz, seul membre de l’ « Affiche Rouge » à ne pas avoir été déclaré mort pour la France.
Missak Manouchian porte une part de notre grandeur. Sa bravoure singulière, son élan patriote dépassant toutes les assignations, son héroïsme tranquille inscrit dans sa dernière lettre à son épouse Mélinée où il confiait son absence de haine pour le peuple allemand constituent une source d’inspiration particulière pour notre République. Missak Manouchian incarne les valeurs universelles portées par ces « vingt et trois qui criaient la France s’abattant » et ce sont eux, qui avec lui, seront aussi célébrés. Car ceux du groupe Manouchian défendaient une République où l’adhésion aux principes de liberté, d’égalité, de fraternité, permet tous les exploits, autorise tous les sacrifices, réunit et transcende tous les destins.
Après l’entrée au Panthéon des Résistants Félix Eboué (1949), Jean Moulin (1964), René Cassin (1987), Jean Monnet (1988) André Malraux (1996), des Justes de France (2007), Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay (2015) et Joséphine Baker (2021), cet hommage de la République à Missak Manouchian, qui sera accompagné de Mélinée, permet de fédérer tous les combattants engagés dans la lutte contre le nazisme. Le sang versé pour la France a la même couleur pour tous, et comme l’écrivait Louis Aragon, « Un rebelle est un rebelle / Nos sanglots font un seul glas ». Et notre mémoire doit être une au moment de considérer notre passé. A cet égard, tous les Résistants et otages fusillés au Mont-Valérien seront déclarés morts pour la France.[…] »
Survivant du génocide arménien, Missak Manouchian a 19 ans quand il arrive en France en 1925. Ouvrier tourneur, autodidacte, poète, il s’engage à la suite de la crise du 6 février 1934 dans le mouvement antifasciste qu’anime le Parti communiste français. En juillet 1935, il devient cadre de l’Internationale communiste en accédant à la direction du journal Zangou, publié par la Section française du Comité de secours pour l’Arménie ; puis de l’Union populaire franco-arménienne, relais de l’organisation Main-d’œuvre immigrée (MOI) de la CGTU auprès des ouvriers arméniens. C’est ainsi qu’il rencontre Mélinée Assadourian, survivante elle aussi du génocide, qui devient sa femme.
Il entre dans la Résistance en 1941.Il est versé en février 1943 dans les FTP-MOI de la région parisienne et a sous ses ordres trois détachements d’une cinquantaine de Résistants qui multiplient les opérations visant à tuer des hauts gradés allemands. On attribue au « groupe Manouchian » trente opérations de ce type dans Paris du mois d’août à la mi-novembre 1943.Missak Manouchian est choisi en août 1943 pour en être commissaire militaire.
Des arrestations avaient déjà eu lieu parmi les FTP-MOI parisiens en mars et en juillet 1943. A la mi-novembre, la pression s’accentue avec 68 arrestations dont celle de Missak Manouchian, arrêté le 16 novembre 1943, Mélinée réussissant à se cacher.
Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands. Le tribunal militaire allemand du Grand-Paris juge 24 des résistants arrêtés, dont Manouchian et prononce 23 condamnations à mort : le 21 février 1944, les 22 hommes condamnés à mort seront fusillés au Mont-Valérien, en refusant d’avoir les yeux bandés. Olga Bancic, également condamnée à mort, est transférée en Allemagne et décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.
La dernière lettre de Missak Manouchian à Mélinée justifie pleinement l’expression « héroïsme tranquille » utilisée dans le communiqué présidentiel :
Les Allemands tentent d’exploiter ces condamnations avec la fameuse affiche rouge sur laquelle 10 des condamnés apparaissent avec pour Manouchian l’inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ». 15 000 exemplaires de cette affiche seront placardés sur les murs de Paris ; l’effet de peur et de rejet attendu par les nazis ne se produit pas : au contraire l’affiche devient l’emblème du courage et du martyre.
En 1955, on inaugure dans le 20e arrondissement de Paris la rue du Groupe-Manouchian. À l’occasion de cette inauguration Louis Aragon écrit le poème Strophes pour se souvenir, mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959 et repris ensuite par d’autres chanteurs, dont Jacques Bertin, Catherine Sauvage, Marc Ogeret, Leny Escudero, Mama Béa, Monique Morelli, Didier Barbelivien, Bernard Lavilliers et Francis Lalanne
Aragon et Ferré ont rendu immortels ceux qui n’avaient « réclamé ni gloire ni les larmes », « Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant ». Pour écouter Ferré : Cliquer iCI
Du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943, sous le sixième gouvernement de Pierre Laval, René Bousquet a été secrétaire général de la police du régime de Vichy. Antisémite convaincu, il applique la politique du régime. Il est l’organisateur principal de la rafle du Vél d’Hiv de juillet 1942 et de celles d’août 1942 en zone sud. Il dirige également la police française aux côtés de l’occupant lors de la rafle de Marseille, en janvier 1943.
Au total, durant ses fonctions à ce poste, et parfois à son initiative, plus de 60 000 Juifs sont arrêtés par ou avec le concours de la police française pour être remis aux autorités nazies qui en organisent la « déportation vers l’Est », expression allemande de l’époque désignant la déportation vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Vichy n’ignore pas la finalité réelle des déportations ; René Bousquet ne montre alors aucun intérêt pour le sort des Juifs déportés.
À la Libération, il parvient à passer à travers l’épuration, ayant opportunément donné des gages à la Résistance lorsqu’il était en fonction. Il peut dès lors faire, à partir des années 1950, une florissante carrière d’homme d’affaires et d’influence — il fait notamment partie des fréquentations de François Mitterrand — avant d’être rattrapé par son passé à la fin des années 1980. Une plainte est déposée contre lui pour crimes contre l’humanité mais, alors que l’instruction est en cours, il est abattu à la porte de son domicile échappant à un second procès qui aurait pu faire la lumière sur son rôle de collaborateur.
Trente ans après ce meurtre et quelque mois après la publication du livre que Robert Badinter lui a consacré, le journal L’Humanité revient aujourd’hui sur le rôle de ce personnage, antisémite convaincu et collaborateur zélé.
Les 11 et 12 mai, les lauréats du Concours National de la Résistance et de la Déportation ont participé à un voyage de mémoire ; ci-dessus un diaporama réalisé par Alain Blanchard, vice-président de l’ANACR-Oise quifaisait partie des accompagnateurs. Vous y trouverez le bilan du concours 2023, un reportage sur le voyage de mémoire : Oradour-sur-Glane (centre de mémoire et village martyr) et Limoges (musée de la Résistance et musée des Beaux-Arts). Et le 3 juin, c’était la remise des prix au Conseil départemental.
3 juin 2023 à Beauvais :au Conseil Départemental: Cérémonie de remise des prix du Concours National de la Résistance et la Déportation
Raymond Zerline, président d’honneur de l’ANACR-Oise dont il fut le président de 2012 à 2016, a été un très jeune Résistant. Il témoigne sans relâche en faisant des conférences comme celle-ci, en écrivant des livres , en participant, dans le cadre du Concours national de la Résistance, à des rencontres avec les jeunes dans les lycées et les collèges.
Samedi à 15h, à Pont-Sainte-Maxence, vous pourrez assister à la lecture théâtralisée « Les femmes aussi »! Et ce soir, 2 juin, à la projection du film « Les jours heureux » de Gilles Perret. Et jusqu’à demain, vous pourrez voir l’exposition consacrée à quatre femmes Résistantes. Ci-dessous avec l’affiche de Pont-Sainte-Maxence, des photos de l’exposition et de la lecture théâtralisée que l’ALMA et l’ANACR-Oise avaient organisées en 2017 dans le cadre du festival de Coye-la-Forêt qui, en cette année 2017, avait pour thème « Les femmes ».
A Pont-Sainte-Maxence comme à Lamorlaye, Montataire ou Saint-Maximin, plusieurs manifestations ont été ou seront organisées pour célébrer le 80e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance (à voir sur ce blog).
au château de Lamorlaye en 2017 : Jeanne Cailleux-Baduel et Michèle Agnel-Moëtau château de Lamorlaye en 2017 : Lucienne Fabre-Sébart et Suzanne Gourdain-Pichardau château de Lamorlaye en 2017 : à la fin de la lecture théâtralisée