L’adieu à Madeleine Lefèvre-Lelong.

Madeleine Lefèvre est décédée le 20 octobre 2020 à l’âge de 91 ans, elle était membre de l’ANACR au titre des Amies depuis plusieurs décennies.

Née en juillet 1929 elle n’a que 10 ans à la déclaration de la guerre pourtant elle a vécu des jours difficiles qu’elle n’a jamais oubliés. La famille habitait Liancourt. Georges son père a été arrêté, puis libéré.

Fille de Georges et Georgette Lelong tous les deux infirmiers, tous les deux communistes, ils ont participé activement à la Résistance dans l’Oise. Lui FTP il représente en août 1944 les FTP à l’Etat major départemental des FFI, elle représente l’UFF (Union des Femmes Françaises) au CDL (comité départemental de libération) après la Libération.

Madeleine a été aussi une ardente militante au parti communiste toute sa vie et en tant que membre de l’ANACR a participé à la transmission de la Mémoire de la Résistance.

L’ANACR était présente à son enterrement et a déposé une potée fleurie.

Le 23 octobre 2020

LUTTER CONTRE LE TERRORISME : message de l’ANACR Nationale et images des manifestations à Beauvais

Le terrorisme – c’est-à-dire la volonté de terroriser pour imposer, par une violence extrême allant jusqu’au meurtre, à des personnes, à une société, à une nation ou (et) au monde un projet politique, une idéologie, laïque ou religieuse, ce dont l’Histoire ancienne ou récente offre hélas de multiples exemples – a frappé à nouveau dans notre pays ; à deux reprises ces derniers jours, en s’attaquant à des journalistes devant l’ancien siège parisien de Charlie Hebdo, en assassinant de manière particulièrement barbare un enseignant d’histoire-géographie d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine.

La condamnation de tels actes ne peut qu’être totale, et l’ANACR, porteuse des valeurs démocratiques et humanistes de la Résistance, s’y associe pleinement, en exprimant ses sentiments de profond respect à la mémoire de Samuel Paty, et sa compassion solidaire envers son épouse, son fils, sa famille, ses collègues enseignants.

La lutte contre le terrorisme – en l’occurrence à référence islamique – doit être menée avec constance, sans faiblesse, en prenant à cette fin les mesures s’avérant nécessaires, mais au nom et dans le respect de valeurs morales humanistes et démocratiques les encadrant ; valeurs humanistes et démocratiques par là-même supérieures à celles des criminels terroristes qui en sont la négation, lesquelles doivent être combattues sans concessions, sur le plan des idées et de leur traduction politique et organisationnelle.

La nécessaire recherche – en premier lieu pour prévenir leur récidive – des circonstances ayant conduit un jeune de 18 ans à devenir un assassin ne peut fournir la moindre excuse à son acte, ou à une tentative de le relativiser.

Elle ne saurait aussi conduire à généraliser son comportement atroce à toute une appartenance religieuse, à toute une appartenance ou origine nationale, aux communautés immigrées et réfugiées fuyant le racisme, la guerre et les dictatures répressives ; immigrés et réfugiés que la France s’honore d’accueillir au grand dam des racistes, des xénophobes, des intégristes, terroristes ou non, et des dictateurs.

Paris le 17 octobre 2020

L’ANACR

Samedi 17 octobre l aFSU appelait à un rassemblement à Beauvais :

Le 26 septembre se déroulait au Mémorial de Royallieu une cérémonie d’hommage autour du livre des 9000 déportés à Dora

Journée de Cérémonie de Royallieu pour le Livre des 9000 déportés à Dora

Compiègne le samedi 26 septembre 2020 (9h30 – 17h)

Après un hommage émouvant aux 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, en présence des responsables municipaux, des familles et associations issues de la Résistance et de la Déportation, devant le monument aux morts du Mémorial de l’Internement et de la Déportation, Laurent Thierry, historien et directeur des recherches historiques à La Coupole présente le projet d’écrire l’histoire des déportés à Mittelbau-Dora, le « camp – usine » des fusées A4-V2, voués au bombardement du Royaume-Uni en 1943, à partir du site où La Coupole a été inaugurée en 1997. En 1998, un premier projet est initié par André Sellier, historien et Déporté à Dora, et l’amicale des Déportés de Dora-Ellrich.

D’abord conçu comme un dictionnaire, cet hommage aux Déportés (à la fois en tenant compte des 8 convois partis de France, mais aussi des incessants transferts de déportés d’un camp à l’autre en fonction des besoins définis par la sinistre SS. Toutes les formes de déportations y sont représentées : droits communs, juifs, tsiganes, homosexuels, résistants et « NN » (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard), étrangers arrêtés et déportés à partir de France, ainsi que les Français arrêtés sur le territoire du IIIe Reich.

Les notices individuelles (près de 9000, 8971 exactement) sont accompagnées de notes et de liens (déportés du même département d’origine, du même convoi, du même Kommando, ayant établi avec d’autres des liens de camaraderie, de solidarité) bref, tout ce qui permet, à partir d’un cas individuel, d’avoir une vision plus large, plus historique (de la petite à la grande histoire).

Jean-François Monnet, Président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Oise, présente la partie consacrée aux Déportés nés, habitant ou arrêtés dans l’Oise, dont il a été le rédacteur bénévole. Il rappelle qu’en ce qui concerne les déportés de l’Oise, 80% sont partis de Compiègne et 15% de Paris. Environ 70% d’entre eux sont morts à Dora et ses Kommandos, dont 5% de disparus, ou lors des marches de la mort (5%).

Après leur présentation, Laurent Thierry et Jean-François Monnet préparent la remise du livre aux familles

Un autre moment émouvant pour l’assistance : avant la remise du Livre aux familles, Laurent Thiery et Jean-François Monnet ont remis à la famille du déporté Charles Allain ses objets personnels qui avaient été confisqués par les nazis lors de son arrivée en Allemagne et qui étaient conservés aux archives ITS de Bad Arolsen en Allemagne. L’ITS ne pouvant pas se déplacer a fait parvenir ces objets à La Coupole la semaine précédente.

Puis des exemplaires numérotés édités en sus par les Éditions du Cherche Midi, qui ont assuré l’édition de cet ouvrage monumental, sont remis directement aux familles de déportés présentes. Enfin ce fut la distribution à tous des exemplaires commandés en souscription.

Tables rondes : mises en place l’après-midi

Dora et les familles : un groupe anime la table ronde, constitué des enfants d’ingénieurs déportés chargés à Dora de prévoir des travaux d’aménagement, pleinement solidaires entre eux 24h/24, et restés en contact après–guerre. Ensuite, d’autres participent à ce débat qui se concentre autour de la parole, mais surtout des valeurs de solidarité, de tolérance et de respect transmises par les déportés à leurs enfants et petits–enfants, parfois au-delà des horreurs tues.

Dora et les rédacteurs des notices individuelles : 70 contributeurs au livre, la plupart ayant un lien familial avec des déportés, d’autres, enseignants, désirant un ouvrage permettant de proposer des études de cas (départementales ou locales) à exploiter pédagogiquement en l’absence grandissante de témoins directs. Plusieurs approches ont été décrites par les trois personnes aux profils différents (documentaliste, étudiante, enseignant en collège) animant la table – ronde : liens familiaux, les informations sur les convois, une approche départementale, les recherches en archives avec croisement des sources (toujours immédiatement citées par fiche dans ce livre).Accès aux sources de Bad Arolsen.

DORA et les historiens : débat en présence de Claude Pennetier directeur et porte–parole du « Maitron », de Laurent Thierry, directeur scientifique et maître d’œuvre du Livre des 9000 Déportés à Dora et de Laurent Sellier historien. Laurent Thierry explique que le titre Dictionnaire a fait place au mot LIVRE, un Mémorial de Papier de près de 9000 noms, par ordre alphabétique, sans hiérarchie et sans jugements de valeur. (Le classement par convoi n’apportant aucune cohérence, et surtout occultant le fait des transferts incessants d’un camp à l’autre, en surévaluant les effectifs de chaque camp considéré isolément.)

Laurent Thierry intervenant à la table ronde « Dora et les historiens » avec Claude Pennetier et Laurent Sellier

Laurent Sellier, rédacteur des notices des Déportés de la Shoah, explique ses méthodes de recherche en insistant sur l’incessant croisement des fichiers de déportés (Mémorial de la Shoah, Yad Vashem, et autres fichiers). La dimension individuelle de parcours singulier  permet de faire évoluer un certain nombre de connaissances de base pouvant devenir des généralisations trompeuses. A cela, il faut ajouter le contact avec les familles, voir la collecte d’archives ou d’objets familiaux dont l’exposition enrichira les visites de musées et mémoriaux.

« Où les intervenants situent-ils leurs différents travaux, Maitron, Livre de Dora, dans la Mémoire ou dans l’Histoire ? » demande finalement Jean-Yves Bonnard, le modérateur de cette dernière table ronde. Les intervenants répondent unanimement que l’historien s’en tient aux faits et se garde des jugements de valeur ; les connaissances sont ouvertes, la science étant évolutive.

Pendant les tables rondes, une visite du camp de Royallieu dont plus des 2/3 des déportés à Dora est parti pendant l’occupation nazie a été proposée aux participants qui le souhaitaient.

Texte rédigé par Michel Le Drogo, président du Comité d’Entente des Associations issues de la Résistance et de la Déportation et Jean-François Monnet, président de la Délégation Oise l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et secrétaire Général du Comité d’Entente des Associations issues de la Résistance et de la Déportation