Oradour-sur-Glâne : CONTRE L’ODIEUSE PROFANATION

oradour-vendaliséLe 21 août 2020, un acte de vandalisme négationniste a été commis sur un mur du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glâne, mur monument aux martyrs du 10 juin 1944. Le mot « Martyrs » est barré et remplacé par le mot « Menteurs » et le nom de Reynouard un militant d’extrême droite « séduit par le national-socialisme » et qui accumule les procès et les condamnations sans pour autant renoncer à la diffusions de ses « thèses ».

« Notre première arme contre le négationnisme est l’éducation. » Cette phrase du ministre de l’éducation nationale au lendemain de cet acte odieux résonne juste pour l’ANACR qui agit depuis 1945 pour faire connaître la réalité du nazisme, pour faire connaître le rôle des héros et des martyrs de cette période terrible.

La réalité du nazisme, il faut la chercher auprès des historiens mais aussi, et même surtout, trouver dans les témoignages de ceux qui ont lutté et de ceux qui ont souffert pendant cette dure période qui a commencé bien avant la déclaration de guerre ou l’occupation de la France avec la lutte contre le fascisme, pour la République espagnole, contre les accords de Munich, contre la capitulation et la collaboration  du régime de Vichy…

Le terme « négationnisme » est créé en 1987 par l’historien Henry Rousso pour désigner la contestation de la réalité du génocide mis en œuvre contre les Juifs par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire la négation de la Shoah. Cette contestation ,n’hésitait pas avec Robert Faurisson à la fin des années 70, à nier l’existence des chambres à gaz. Elle a révolté les nombreux Résistants encore parmi nous et les a motivés encore plus à témoigner et expliquer participant ainsi, avec le poids de leur engagement, de leur lucidité et de leur courage, à l’éducation, si nécessaire, en particulier auprès des jeunes. Les enseignants le savent bien, eux qui ont fait si souvent appel à eux !

L’histoire du massacre d’Oradour sur Glane le 10 juin 1944 comme celles des 99 oradour-silencependus de Tulle et des 67 tués d’Argenton-sur-Creuse et les 33 de Combeauvert, tous  le 9 juin, témoigne de la barbarie des troupes nazies. A chaque fois c’est une partie de la division Waffen SS Das Reich, « formée » sur le front de l’Est qui est envoyée délibérément pour massacrer.

Sur le martyr d’Oradour-sur-Glâne, voir l’article sur France-Inter et bien sur le site du centre de mémoire d’Oradour-sur-Glâne

Et voici la réaction indignée publiée par l’ANACR-National,  une déclaration à la quelle nous souscrivons totalement :

CONDRE L’ODIEUSE PROFANATION

Le négationnisme  des crimes du nazisme, perpétrés dans toute l’Europe occupée, et du génocide monstrueux associé à son nom, qui firent des millions de victimes délibérément assassinées, n’est pas une opinion : c’est un délit.

Un délit puni depuis 1990 par la Loi dans notre pays, comme il l’est explicitement par la législation d’une quinzaine de pays européens.

C’est aussi un crime contre la vérité historique, dramatiquement attestée par la découverte des charniers des massacres perpétrés par les nazis et leurs complices, tant au sein même des populations civiles asservies que dans les camps de concentration, par des centaines de milliers de témoignages directs, et même par les aveux de milliers de tortionnaires y ayant pris part.

Ce délit contre la Loi, commis de manière récidivée par le triste personnage mentionné dans l’inscription ayant ce 21 août 2020 souillé le monument à la mémoire des 642 victimes – femmes, hommes, vieillards et enfants – massacrés le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane par une unité SS de la Division Das Reich, a été sanctionné à plusieurs reprises par la Justice.

Ce crime contre la vérité historique, dont la réalité reste inscrite jusqu’à aujourd’hui dans les ruines du village martyre et dans la mémoire de Robert Hébras, seul survivant du massacre présent parmi nous et auquel nous tenons à réaffirmer notre soutien et dire notre affectueuse estime, est particulièrement odieux par son contenu et par le lieu choisi par son – ou ses – lâche(s) auteur(s) pour le commettre.

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, sa direction, tous ses adhérents, partagent l’émotion et l’indignation de toutes celles et ceux qui condamnent la profanation commise à Oradour-sur-Glane et exigent que tout soit mis en œuvre pour en identifier le – ou les – auteur(s) afin qu’il(s) soi(en)t déféré(s) devant la Justice.

Paris, le 22 août 2020

Le Bureau National de l’ANACR

23 août : l’ANACR ravive la flamme sur la tombe du soldat inconnu

L’ANACR nationale le fait chaque année et souhaite maintenir cette tradition en dépit des conditions sanitaires que nous connaissons.

Ci-dessous le message du président de l’ANACR qui donne rendez-vous au « musoir » des Champs-Elysées. « Musoir » est un terme de marine utilisé aussi pour désigner le point où deux routes avec même sens de circulation se rejoignent en pointe. Ce doit être le cas du « passage du Souvenir » qui permet d’atteindre l’Arc de Triomphe sans avoir à traverser la place de l’Etoile.

L’ANACR-Oise s’associe par la pensée à cette cérémonie.

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Le message de l’ANACR à Nellie Rochex

Chère Nellie,

Suite à l’annonce du décès de ton papa François Rochex, l’ANACR Oise te présente ainsi qu’à toute ta famille ses plus sincères condoléances. Nos pensées vous accompagnent dans ces moments difficiles.

François a eu un parcours particulier. Comme tout être humain, il a dû faire des choix au cours de sa vie et visiblement, il a choisi d’être humain, courageux et fort. Résistant, syndicaliste ces deux mots montrent son engagement dans les luttes face au patronat vorace, face aux criminels nazis et à leur guerre, qui ont mis au grand jour comment les forces du capital pouvaient  « abattre » toutes les idées nouvelles et émancipatrices des hommes. Les luttes ont été difficiles et brutales pour eux, pour François, mais c’est grâce à ces hommes et ces femmes que nous sommes libres aujourd’hui.

Jamais nous ne devons oublier les sacrifices consentis par les Résistantes et les Résistants durant plus de quatre années de guerre atroce et dévastatrice.

L’ANACR a un profond respect pour eux, pour François, et nous continuerons à commémorer leur Mémoire, à transmettre  leurs luttes, leurs valeurs et les objectifs ambitieux et progressistes du Conseil National de la Résistance et de son programme « Les jours heureux ».

Bien fraternellement.

Le bureau de l’ANACR Oise

Hommage à François Rochex et Edmée Huette, disparus en juillet 2020…

Nous apprenons avec tristesse le décès de deux membres de l’ANACR-Oise: François Rochex, adhérent comme ancien Résistant et Edmée Huette, adhérente en tant qu’amie…

 

fr-humaÀ l’occasion de ses 105 ans Oise-Hebdo avait consacré un grand article à François Rochex dans son numéro du 20 juillet 2016 ; car François Rochex est né le &7 juillet 1911 dans la région parisienne a presque toujours vécu dans l’Oise. Son père d’origine italienne était ouvrier ajusteur et s’était installé à Creil ( il travaillait dans la clouterie Pélican qui deviendra bientôt la clouterie Rivierre. Après un passage à Saint-Leu, la famille s’enracine à Nogent-sur-Oise où le père de François Rochex a été conseiller municipal pour le parti communiste. Parti que François Rochex verra naître puisqu’en décembre 1920, il a 9 ans, il « participe » au Congrès de Tour : il en retiendra surtout le voyage en chemin de fer avec son père… Mais sans doute pas que cela car il sera toute sa vie un sympathisant du PC et un fidèle lecteur de l’Humanité, un militant de la paix avec le mouvement pour la Paix en Europe Amsterdam-Pleyel créé par Barbusse et Romain Rolland dans les années 30… Homme d’action, il affronte physiquement les Croix de Feu et autres ligues d’extrême droite, il est syndiqué à la CGT.

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Ses activités militantes d’avant-guerre lui valurent d’être arrêté par la police française le 16 juillet 1941 pour être ensuite remis aux Allemands : il sera interné à Compiègne dans le Frontstalag122 jusqu’en novembre 1941 : les déportations à partir du camp de Royallieu commenceront en 1942…

C’est après cette libération qu’il s’engage dans la Résistance avec son père dans l’OCM (source : le CDROM sur la Résistance dans l’Oise de Jean-Pierre Besse) Il recueillait et transmettait des renseignements sur des entreprises gérées par les Allemands et sur la base aérienne de Creil et participait aussi à la récupération des armes parachutées, à des actions de sabotage ou au sauvetage d’aviateurs.

Voici ce qu’en dit un article consacré à Paul Crauet dans le site Mémoire Vive :

François Rochex est arrêté à Creil avec d’autres camarades en 1934 pour avoir collé des affiches illégalement alors qu’il milite au sein du comité “Amsterdam-Pleyel” contre la montée en puissance des idées fascistes. Le maire de Creil, Jean Biondi, paye leur amende et ils sont libérés, mais leurs noms sont inscrits dans les fichiers de la police de Creil. Après son arrestation en compagnie de Paul Crauet et Marcel Bataillard, François Rochex est interné au Stalag 122 (matricule 1311) de juillet à octobre 1941, probablement libéré parce que son fichier de police français paraît insuffisant aux “sélectionneurs” de l’armée d’occupation. À partir de 1942, François Rochex s’engage dans l’OCM – où il est ensuite rejoint par André Bataillard (frère de Marcel Bataillard), alias commandant Martin – et jusqu’en septembre 1944, il participe à la récupération et transport d’armes parachutées, à quelques sabotages et aussi à l’hébergement et au transfert de pilotes d’avions américains ou anglais qui avaient du sauter en parachute au-dessus du territoire. En 1946, il témoigne à charge au procès d’assises du commissaire de Creil.

Son père, Antoine Rochex, inscrit comme communiste en 12e position sur la liste du 18 juillet 1941, n’est pourtant pas inquiété. Sous l’occupation, il héberge des membres du PC clandestin. En 1947, il se présente sur une liste communiste aux élections municipales de Nogent-sur-Oise et est élu 3e adjoint jusqu’en 1953. Il milite au PCF jusqu’à son décès en 1974, à 89 ans. Il est également porte-drapeau de l’ARAC. Antoine Rochex n’a jamais parlé à ses proches de son activité pendant la guerre.

Il a commencé comme dessinateur après des études au lycée Charles Somasco (qui deviendra ensuite Lycée technique Gournay aujourd’hui remplacé par le lycée marie Curie) ; Suivant des cours du soir, il obtient ensuite un diplôme d’ingénieur des Arts et Métiers.

Sa dernière manif, il l’a faite en 2002 avant le 2ème tour (Chirac / Le Pen) des élections présidentielles. Et si on écoute son dernier entretien enregistré par L’Humanité en 2018, il a gardé jusqu’au bout ses convictions et son regard malicieux sur le monde.

À lire aussi l’article paru dans l’Humanité le 5 août.

Un dernier hommage lui a été rendu le 10 août dernier au crématorium de Méru.

Edmée Huette était adhérente de l’ANACR-Oise en tant qu’ « amie » de la Résistance depuis de nombreuses années. Elle est née en 1924 et habitait Beauvais où elle a travaillé à la mairie pendant la guerre ; elle a été candidate pour le PS aux élections municipales de 2001 à Beauvais avec Walter Amsallem. Hélène Boulanger-Fabre, présidente de l’ANACR-Oise, l’a rencontrée plusieurs fois : Edmée Huette aimait parler de ses souvenirs d’adolescente pendant la seconde guerre mondiale et lui a souvent prêté des documents. Ses obsèques ont été célébrées le 24 juillet à Beauvais.

L’ANACR-Oise rend hommage à ces deux adhérents et présente à leur familles ses sincères condoléances.

La réunion devant la ferme des Kroumirs, annulée – Le carnaval des possibles, programmé !

Chaque année le 15 août, à Trie-Château, la commémoration du massacre qui a eu lieu à la ferme des Kroumirs le &4 août 1944 réunit un public très nombreux et toujours ému par l’évocation de ce drame.

Cette année, à cause du coronavirus ce rassemblement auquel l’ANACR participe régulièrement n’aura pas lieu : c’est l’amicale des anciens combattants de Trie-Château qui nous en a informés :

 

lesKroumirs-2020-annulation

Nous y penserons donc chacun chez soi… Pour retrouver l’Histoire des Kroumirs vous pouvez lire la plaquette N°24 de l’ANACR consacrée au maquis de Ronquerolles : ce sont des rescapés de ce maquis qui regroupés dans la ferme des Kroumirs qui ont été pris et pour la plupart tués par les Allemands. Vous pouvez aussi rechercher nos articles sur le sujet sur ce blog.

Après cette annulation, un projet qui, espérons le, résistera au coronavirus !

L’ANACR aura un stand toute la journée au Carnaval des Possibles le dimanche 27  Septembre 2020 à la Base des loisirs de Saint-Leu-d’Esserent pour la deuxième année consécutive.  

L’ANACR a un rôle très important dans la transmission de la Mémoire de la Résistance, et ce jour, ce lieu nous permet de croiser de très nombreuses associations et de pouvoir nous exprimer pleinement sur notre activité, de présenter nos plaquettes, l’exposition du CNR et son programme… Et en même temps nous apprenons aussi des autres participants !

Donc retenez cette date et venez nous voir le 27 septembre prochain !

 

 

18 juin 1940 – expositions de l’été – projets de rentrée

Comme chaque année, le 18 juin 1940 a été commémoré partout en France.

Le 18 juin 1941, il a été célébré à Londres. Le 18 juin 2005, l’UNESCO le fait entrer dans le registre international « Mémoire du monde » avec le manuscrit du texte de l’appel radiodiffusé du 18 Juin, l’enregistrement radiophonique de l’appel du 22 juin, le manuscrit de l’affiche « À tous les Français » du 3 août et l’affiche elle-même. Enfin, un an plus tard, le 10 mars 2006, il est institué par décret journée nationale non chômée « commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre lcombat contre l’ennemi ». Cette journée rend hommage à toutes les résistances celle des Forces française libres comme celle de la Résistance intérieure.

 Le journal de Fleurines de juin a publié un article sur la cérémonie organisée à Fleurines et a permis à Hélène Boulanger-Fabre, présidente de l’ANACR-Oise, de le compléter par un rappel du « devoir de mémoire » que voici :

Devoir de mémoire

2020 est le 75ème anniversaire de la libération des camps de concentration : plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie. Cette commémoration a eu lieu le dimanche 26 avril 2020. Elle a lieu chaque année le dernier dimanche du mois d’avril.

2020 est le 75ème anniversaire de la victoire sur le Reich nazi, concrétisée par sa capitulation sans conditions signée le 7 mai 1945 à Reims et le 8 mai 1945 à Berlin. Commémoration le 8 Mai,

CNRplaque

Depuis le début de cette guerre la Résistance Intérieure Française se renforce au fil des mois, des années, et les différentes composantes se trouvent par l’intervention de Jean Moulin amenées à une réunion rue du Four à Paris, le 27 Mai 1943 qui créera le CNR (Conseil National de la Résistance). 

Le 27 Mai a été décrété Journée Nationale de la Résistance le 19 juillet 2013, loi – n° 2013-642, paru au journal officiel le 20 juillet 2013.

Seuls quelques officiels et représentants ont été présents à ces commémorations en raison de la crise sanitaire, Il est donc important de rappeler que la population n’a pu être présente puisque confinée.

L’ANACR Oise remercie Monsieur le Maire et le conseil municipal [de Fleurines] de faire paraître ce rappel compte tenu des circonstances exceptionnelles qui n’ont pas permis aux habitants d’être informés.

 A Compiègne les musées ont choisi la BD présentée au travers de 3 expositions !

InvitationUnEteEnBD-web2Du 18 juillet au 18 octobre 2020,  au musée Antoine Vivenel: Rahan et la Préhistoire de par Roger Lécureux et illustrée par André Chéret ; la série apparaît le 24 février 1969 dans le premier numéro du journal Pif Gadget. À la suite de la mort de Roger Lécureux en 1999, le scénario est repris par son fils Jean-François Lécureux, jusqu’en 2010.

Du 18 juillet au 31 octobre 2020 au mémorial de l’internement et de la Déportation de Royallieu : Le Rapport W, infiltré à Auschwitz de Gaétan Nocq et La déconfiture de Pascal Rabaté.

Les auteurs seront présents les weekends du 3-4 octobre, pour Jean-François Lécureux, et du 10-11 octobre, pour Pascal Rabaté et Gaétan Nocq, à l’occasion de la première édition du festival « Traits de mémoire » organisé par le Mémorial de l’internement et de la déportation auquel s’associe, cette année, le musée Antoine Vivenel.

Enfin notre adhérente Mathilde Marguerit est aussi présidente du Souvenir Français du secteur de Chantilly, annonce une série d’animations (reprises de ce début d’année 2020 bien particulière ou nouvelles) qui seront proposées aux adhérents à la rentrée. Projets envisagés ou renouvelés :

  • Conférence dans la semaine du 11 novembre sur des sujets liés à la Grande Guerre / action auprès des jeunes
  • le 27 mai (journée de la Résistance) : Parcours de résistants à travers la ville pour la journée nationale de la Résistance et cérémonie à la stèle des deux résistants tués au Bois Saint-Denis en 1944 par la Gestapo. Collaboration avec l’ANACR-Oise pour
    mettre en place une exposition ou une conférence.
  • Ravivage de la flamme à l’Arc de triomphe (en association avec les Anciens
    Combattants et l’Association des Anciens Marins de Chantilly) ?
  • Parcours civique en partenariat avec le service jeunesse et sports
  • Organisation de sorties scolaires au carré militaire de Chantilly et de Senlis
  • Concours national de la Résistance et de la Déportation

Cette association -tout comme l’ANACR bien sûr- voudrait mobiliser plus d’adhérents pour répondre à tout ce qui peut concourir à faire vivre la mémoire des grands conflits et ainsi travailler pour le respect des combattants d’hier et pour la paix aujourd’hui. Vous pouvez la contacter en nous écrivant.

 

 

Il y a 80 ans, la bataille de France se déroulait aussi à Senlis

Tout était prévu de longue date par le Comité du Souvenir du canton de Senlis, présidé par notre ami Christian Lucas, pour célébrer le 80ème anniversaire de la « bataille de Senlis » qui s’est déroulée du 11 au 12 juin 1940 ; la ville de Senlis a subi plusieurs bombardements ; le 4ème régiment des Spahis et le 109ème régiment d’infanterie étaient engagés dans cette bataille  qui a compté une soixantaine de morts.

L’exposition préparée pour 2020 sera donc présentée en 2021 ! Avec d’autres projets : un timbre commémoratif, l’ouverture au public d’un blockhaus de la ligne de défense de Paris, la ligne Chauvineau, …

Ci-dessous un article paru le 10 juin 2020 dans Oise-Hebdo :

batailleSenlis1940

Cette bataille a retardé l’avance allemande sans réussir à l’arrêter. Le 21 juin, l’armistice sera signé un peu plus au nord dans la Clairière de l’armistice à Rethondes, près de Compiègne : Hitler tenant à « effacer » la défaite allemande de 1918 : pour en savoir plus, consultez le site Résistance60.fr qui y consacre un bel article

 

 

L’amphithéâtre Martha Desrumeaux à l’Université de Lille

L’université de Lille, dans le cadre de son projet pour l’égalité hommes-femmes, va donner  des noms de femmes à 15 de ses amphithéâtres. 45 noms ont été proposés au vote (ouvert à tous) avec 15 femmes liées à l’université, 15 liées à la région et 15 à la stature plus « nationale ». Le vote a eu lieu le 18 mai et parmi les 15 femmes qui donneront leur nom à un amphithéâtre  il y a Martha Desrumeaux !

martha2Martha Desrumeaux, l’ouvrière textile dans le Nord, la militante syndicaliste et communistela Résistante, à l’origine de la constitution du Front national dans le Nord. Arrêtée le 27 août 1941, à l’issue d’une opération conjointe de la police française et de la Feldgendarmerie, passant de prison en prison ( centre de la rue Négrier à Lille, puis à Loos-lez-Lille, Bruxelles, Aix-la-Chapelle, Cologne, Hanovre et Hambourg) avant d’être déportée à Ravensbrück où elle arrive le 28 mars 1942 (matricule n° 9 948) ; revenue de déportation en avril 1945, à nouveau responsable syndicaliste jusqu’en 1950 où elle est évincée après l’échec des grèves du textile de novembre 1949… Le 14 janvier 1948, Martha Desrumeaux avait été citée à l’ordre de l’armée, lieutenant des Forces françaises de l’intérieur par le président du Conseil des ministres.

Laurence Dubois, présidente de l’association des Amies de Martha Desrumeaux qui milite pour son entrée au Panthéon exprime sa joie :

martha1« Félicitons-nous de cette démarche. Félicitons-nous que Martha Desrumaux ait été officiellement et démocratiquement choisie par les instances universitaires. Chacune, chacun pourra ainsi mesurer l’importance de cette décision et l’impact qu’elle donne à la campagne Ouvrir le Panthéon au monde ouvrier, Martha Desrumaux, pour une ouvrière au Panthéon ! Rares sont les universités qui ont ainsi rendu hommage à un membre de la classe ouvrière… « 

Sandrine Rousseau, maître de conférences à l’université, vice-présidente Vie Campus chargée de l’égalité femmes-hommes précise : « Sur 212 amphithéâtres que compte l’université de Lille, seuls 2,5 portent des noms de femmes. Beaucoup n’ont que des lettres mais beaucoup d’autres portent des noms d’hommes importants et brillants. Toutefois nous pensons important et au nom de ma mission sur l’égalité, je porte cette idée haut, que l’université doit afficher des noms de femmes remarquables dans la même proportion. C’est bien sûr un défi tant l’histoire des femmes a été minimisée voire effacée…« 

De son côté, Hermeline Pernaud,  enseignante également à l’Université de Lille, chef de projet égalité hommes-femmes, précise les modalités des choix : « Près de 4000 étudiant·e·s et membres du personnel ont voté. C’est donc une belle action. Nous avions proposé 15 noms de femmes de l’université de Lille, 15 femmes régionales et 15 femmes nationales ou internationales. […] Parmi les 15 noms sortants, on compte seulement 2 femmes de l’université et 3 femmes de la région. Martha Desrumaux a donc grandement marqué les esprits des personnes qui ont voté. »

Vous pouvez d’ailleurs retrouver les noms des 15 femmes choisies par le vote sur la page égalité de l’université.

À écouter :  une émission du 5 juin 2020 sur France Culture. C’est un magnifique entretien d’Anise Postel-Vinay, Résistante et déportée qui vient de nous quitter. Ce témoignage date de 2015. Anise Postel-Vinay y témoigne de sa Résistance et de sa déportation. À la 44ème minute elle dit :  » de mon temps, les premières résistantes en France, figurez-vous, c’était les femmes du Nord, des femmes de 40 ans, c’était ça ! et avec cette fameuse communiste Martha Desrumaux, qui dirigeait, je crois la CGT du Nord… »

Quel magnifique hommage à Martha !

A l’époque on voulait « faire quelque chose » contre l’occupant. Mais on ne disait pas du tout qu’on « entrait en résistance ». Je n’aime pas beaucoup cette formule car on dirait qu’on entre en religion. Alors que non, on ne rentrait pas du tout en religion, on cherchait quelque chose d’actif et d’efficace. On ne savait d’ailleurs même pas quoi, ni avec qui ou comment. Toutefois, nous sentions que nous ne pouvions pas accepter cette occupation non seulement allemande, mais surtout nazie. Anise Postel-Vinay (France Culture)

Appel aux dons : l’association les Ami.e.s de Martha Desrumaux a besoin d’être soutenue financièrement pour continuer à faire connaître Martha Desrumaux. Les chèques libellés à l’association Les Ami.e.s de Martha Desrumaux, peuvent être envoyés au 166 rdc avenue de Bretagne, 59000 Lille

Appel aux créateurs : durant la semaine du 8 mars 2021 en partenariat avec la maire de Lille, l’association présentera une exposition relative à Martha Desrumaux et aux luttes des femmes avec une quarantaine d’œuvres de plasticiens et de sculpteurs. Déjà plusieurs créateurs nous ont proposé leurs créations parmi lesquels l’affichiste Ernest Pignon Ernest. Participez à cette initiative, aidez-nous à trouver des créateurs. C’est peut-être vous !

Découvrez les dernières informations sur l’association  sur Facebook et partagez !logoMartha

sources : courrier envoyé par Laurence Dubois, Maitron.fr, univ-lille.fr

Journée Nationale de la Résistance : Jean Moulin, grande figure de la Résistance

Aujourd’hui 27 mai 2020, Journée nationale de la Résistance, nous ne pourrons pas apporter notre contribution à la commémoration de cette page de notre histoire qui contribua pour une part importante à la victoire contre le fascisme et à la construction de notre modèle social.

Mais nous nous souviendrons de ces hommes et ces femmes de convictions politiques et religieuses, de conditions sociales et culturelles si diverses qui, malgré les dangers et les difficultés, ont su agir dès 1940 et ont su, le 27 mai 1943, entamer un processus d’union avec un double objectif : être plus fort dans la bataille pour la libération de la France et préparer la France « d’après » , celles « des Jours heureux » puisque c’est ainsi qu’a été baptisé le programme du Conseil National de la Résistance publié le 15 mars 1944 !

Jean Moulin, plus jeune sous-préfet de France en 1925 à Albertville, est, après différents postes, préfet d’Eure-et-Loir en janvier 1939 et donc au début de la guerre. Entre temps il a été chef de cabinet de Pierre Cot quand celui-ci occupe plusieurs postes au gouvernement de 1932 à 1934 puis entre 1936 et 1938. C’est dans ce contexte qu’il nouera des liens d’amitiés avec des hommes qui seront bien vite des Résistants. En mai -juin 1940, il demande à être mobilisé mais cela lui sera refusé. En poste comme préfet, il va diriger les secours aux réfugiés et aux soldats blessés qui ont été évacués. C’est à Chartres, au cours de la nuit du 14 au 15 juin 1940, qu’avec son ami Frédéric-Henri Manhès (qui a participé au dernier cabinet de Pierre Cot) ils décident « de ne jamais abandonner le combat, quel que fut l’aboutissement de la poussée hitlérienne« . Dès le 17 juin, confronté aux exigences allemandes, Jean Moulin refuse de collaborer ; et jusqu’en novembre 1940, date où il est révoqué, il assure le ravitaillement et tente de s’opposer aux exactions des troupes d’occupation. Le 1er décembre il passe la ligne de démarcation ; il devient Joseph Mercier et va rencontrer tous les groupes de Résistance formés en zone non occupée. Le 9 septembre 1941 Jean Moulin arrive à Londres où il va rencontrer le général de Gaulle. Il revient en France, parachuté dans les Alpilles dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, sous le pseudo Rex, comme représentant personnel du général de Gaulle et délégué général du Comité National Français en Zone sud. Il s’installe à Lyon d’où il multiplie les rencontres avec les différents mouvements de la Résistance. Mi-juillet 1942, Daniel Cordier va le rejoindre depuis Londres. Du 13 février au 23 mars 1943, les difficultés rencontrées pour unir les composantes de la Résistance ramènent Jean Moulin à Londres. A son retour, il s’appelle maintenant Max, il est Compagnon de la Libération, membre du Comité National Français (avec rang de ministre)  et seul représentant du général de Gaulle en France.

Le 30 mars il arrive à Paris : obtenant l’accord de 5 mouvements de la Zone nord, Ceux de la Libération, Front national, Libération-Nord, Ceux de la Résistance, Organisation Civile et Militaire, de 3 mouvements de la Zone sud, Libération-Sud, Franc-Tireur, Combat, de 6 partis politiques, Parti Radical, Fédération Républicaine, Parti Communiste, Partie Socialiste, Alliance Démocratique, Démocrates populaires, et de 2 syndicats, CGT, CFTC, il va les réunir le 27 mai et tous vont signer une motion qui pose les principes du Conseil National de la Résistance et prévoit le nouveau gouvernement de la France dirigé par le général de Gaulle qui « fut l’âme de la Résistance » et a préparé  la « Renaissance de la Patrie détruite et les libertés républicaines déchirées ».

On sait la fin tragique de cette épopée au service de la Liberté : l’arrestation à Caluire le 21 juin 1943, la déportation en Allemagne et la mort de Jean Moulin en gare de Metz le 8 juillet des suites des tortures endurées sans avoir parlé. Il avait 44 ans.

Son ami et compagnon de Résistance Frédéric-Henri Manhès avait été arrêté le 3 mars 1943, torturé, condamné à mort le 3 novembre 1943, puis finalement déporté à Buchenwald le 22 janvier 1944 ; il fera partie des dirigeants de la Résistance intérieure du camp. Revenu en  1945, il meurt en 1959.

CNR-Programme-et-Comité
Devant le 48 rue Dufour le 27 mai 1943

L’ANACR-Oise dispose d’une exposition réalisée par l’association Valmy sur ce programme du Conseil national de la Résistance qu’elle prête régulièrement aux collèges, lycées ou municipalités que le demandent. Les objectifs, l’idéal qui ont présidé à l’élaboration puis la mise en place du programme du CNR à partir de 1945, sont exposés dans 15 panneaux :

CNR N1

  • L’importance du PROGRAMME DU CNR
  • Rappel de la création du CNR
  • 1-Assurer l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel
  • 2-Pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression
  • 3-Respect de la personne humaine et égalité absolue de tous les citoyens devant la loi
  • 4-Liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères
  • 5-Tout homme persécuté a droit d’asile sur les territoires de la République
  • 6-Instauration d’une véritable démocratie économique et sociale
  • 7-Tout enfant a droit à l’instruction et l’éducation dans le respect de la liberté
  • 8-Le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi
  • 9-Reconstitution dans ses libertés traditionnelles d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale
  • 10-Droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise à la participation des travailleurs à la direction de l’économie
  • 11-Plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion des représentants des intéressés et de l’État
  • 12-Complémentaires à ces sujets, d’autres étaient évoqués par LE « PROGRAMME DU CNR »

N’HESITEZ PAS, dès que la vie sera de nouveau « normale », À NOUS  LA DEMANDER!

CNR-LIVRET

 

 

Et à nous demander la revue publiée par l’ANACR-Nationale dont cet article s’inspire largement ! Elle présente aussi les différentes composantes du CNR et les hommes (pas de femmes…) qui ont été membres du CNR ainsi que son programme.

cnr-2LIBERATION

Le 27 mai : journée nationale de la Résistance

Cette reconnaissance de l’importance du rôle de la Résistance dans la lutte contre le nazisme a longtemps été revendiquée par toutes les organisations qui représentent les anciens Résistants. L’ANACR a pris toute sa place dans ce combat ! La date choisie n’est pas anodine : la loi est promulguée en 2013, cinquante ans après la création du Conseil National de la Résistance ; la date est celle de la création du CNR le 27 mai 1943 dans la France occupée.

Une semaine plus tard, le 3 juin 1943, le « Comité français de Libération nationale » (CFLN) est créé ; il deviendra le 3 juin 1944 le « Gouvernement provisoire de la République française » (GPRF).

 

Cette journée nationale de la Résistance est pour l’ANACR l’occasion  de très nombreuses manifestations vers le public adulte et vers les jeunes de nos écoles à l’université. Cette année, ce ne sera pas possible mais nous souhaitons que dans chaque mairie cette journée soit partagée avec les citoyens en rendant visible par exemple la déclaration de l’ANACR Nationale.

Car cette année sera bien particulière ; pas de manifestations pour le 27 mai 2020 comme pour le 8 mai alors que nous célébrons les 75 ans de la capitulation de l’Allemagne nazie, et aussi le commencement dans un pays dévasté par le guerre des Jours heureux voulus par le Conseil National de la Résistance en 1943 et mis en œuvre dès fin 1944 et surtout en 1945, avec par exemple :

  • La nationalisation des Charbonnages du Nord-Pas-de-Calais le 14 décembre 1944, des Usines Renault le 16 janvier 1945, du crédit et de la production d’électricité le  24 mai 1945, Air France le 16 juin 1945, la Banque de France le 2 décembre 1945 pour «qu’aucun monopole et aucune coalition ne puisse peser sur l’Etat ni régir le sort des individus [et que] les principales sources de la richesse commune soient administrées ou tout au moins contrôlées par la Nation…» (discours à la radio de Londres du général  de Gaulle le 20 avril 1943).
  • La création des comités d’entreprise le 22 février 1945.
  • Le vote des femmes institué le 29 avril 1945  à l’occasion des élections municipales.
  • Et en 1946, création des entreprises nationales EDF et GDF en avril, l’adoption du  statut de la fonction publique en octobre.

Après quatre années de luttes, la France a su changer vraiment sa façon de produire et d’être solidaire. Les mêmes défis sont devant nous en 2020 : bâtir « le monde d’après » !

 

Ecoutez ici une partie du discours d’André Malraux le 19 décembre 1964 pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin

 

Voici le message de la présidence nationale de l’ANACR pour la Journée Nationale de la Résistance que vous pouvez aussi télécharger en cliquant ICI  : 

MESSAGE POUR LA JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE

L’année 2020 est celle du 75ème anniversaire de la victoire sur le Reich nazi, concrétisée par sa capitulation sans conditions signée le 7 mai 1945 à Reims et le 8 mai à Berlin.

Cette victoire fut celle des armées alliées, américaine, britannique et soviétique, qui fournirent l’essentiel de l’effort militaire victorieux, mais aussi celle d’autres pays qui s’étaient joints à la coalition antifasciste, Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, ou qui s’étaient reconstituées à l’extérieur de leurs sols occupés pour poursuivre la lutte contre les agresseurs : forces polonaises, tchécoslovaques, norvégiennes, néerlandaises, belges, luxembourgeoises, grecques, yougoslaves et françaises libres ; ces «F.F.L.» qui, ayant répondu à l’Appel lancé le 18 juin 1940 par le général de Gaulle, auront participé, entre 1940 et 1945, aux combats dans l’Est africain en Erythrée, dans le désert libyen à Bir-Hakeim ou Koufra, en Tunisie, en Italie à Monte-Cassino, sur le front de l’Est avec l’escadrille Normandie-Niemen et qui formeront, avec l’Armée d’Afrique et les combattants issus de la Résistance, l’Armée française de la Libération luttant aux côtés des Alliés.

Cette victoire fut aussi celle des peuples qui, au prix de sacrifices immenses découlant de la barbarie de la répression nazie, à laquelle s’associèrent les régimes fascistes alliés du Reich hitlérien et les régimes fantoches mis en place à la faveur de ses conquêtes, tel en France celui de «l’Etat français» pétainiste, n’auront cessé, plus de cinq ans durant, de mener la lutte de Résistance nationale à l’occupant et pour la liberté ; y compris les armes à la main.

Dans notre pays, dès 1940, dès les premiers jours, dès les premières semaines, dès les premiers mois de l’Occupation, se manifestèrent des gestes de Résistance, commencèrent à s’organiser ou à se réorganiser des structures de Résistance, à être publiés et diffusés de premiers journaux clandestins de Résistance. Malgré la répression menée par l’occupant nazi et le régime pétainiste à sa solde contre les patriotes, emprisonnés, torturés, fusillés au Mont-Valérien, à Châteaubriant, à Souge et dans tant d’autres lieux, déportés dans les camps de la mort, cette Résistance se renforça au fil des mois, donnant naissance à une multitude de groupes d’action et de propagande, de réseaux d’évasion et de renseignement, de mouvements… Leur coordination ainsi que le renforcement de leurs liens avec la France libre vont devenir une nécessité grandissante, c’est la tâche à laquelle se consacrera Jean Moulin.

Ce qui se concrétisera le 27 mai 1943 à Paris, 48 rue du Four, avec la formation, sous la Présidence de Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance, le C.N.R., rassemblant 8 principaux mouvements de Résistance – 5 de la zone Nord (Front National pour la Libération et l’Indépendance de la France, Organisation Civile et Militaire, Libération-Nord, Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance), occupée par la Wehrmacht nazie depuis l’Armistice de juin 1940, et 3 de la zone Sud (Combat, Franc-Tireur et Libération-Sud), envahie par les Allemands le 11 novembre 1942 – ainsi que 6 partis clandestins (communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens, Fédération républicaine et Alliance démocratique) et les deux centrales syndicales, la CGT et la CFTC.

Cette création du CNR, représentant la Résistance, laquelle va se placer sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, renforça la légitimité du Chef de la France libre auprès des Alliés. «J’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il, car il représentait ainsi la France Combattante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Elle va aussi permettre, en unifiant toutes les forces de la Résistance, la mise en place dès la fin 1943 des Comités locaux et départementaux de la Libération, la création début 1944 des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) qui vont avoir un rôle important dans la Libération de la France.

Et la création du CNR va permettre l’élaboration et l’adoption d’un Programme qui sera publié le 15 mars 1944 dans la clandestinité sous le titre «Les jours heureux».

Sa première partie est un appel à la mobilisation de toutes les forces de la Résistance, du peuple français pour, par le développement de la lutte sous toutes les formes, préparer et hâter cette libération tant espérée. Le 18 avril 1942, le général de Gaulle avait déclaré à la radio de Londres : «l’insurrection nationale ne peut être séparée de la libération nationale». Cette insurrection nationale, qui commencera début juin 1944, la Résistance va la préparer pendant de nombreux mois, avec la création et le renforcement de l’été 1943 au printemps 1944 de nombreux maquis que rejoindront nombre de jeunes refusant le Service du Travail Obligatoire, parallèlement au développement de groupes urbains de combat. Ils seront les uns et les autres au rendez-vous de la Libération.

Ainsi, la Résistance apportera aux débarquements libérateurs des 6 juin 1944 en Normandie et 15 août suivant en Provence un appui dont le général Eisenhower soulignera l’importance en l’évaluant à l’action de 15 divisions, en entravant par la destruction de voies et moyens de communication l’acheminement de renforts allemands harcelés par les maquis mobilisés. Après avoir joué un rôle décisif en septembre-octobre 1943 dans la libération de la Corse, elle libéra par elle-même au printemps et à l’été 1944 des régions entières, notamment tout le Sud-ouest, en Auvergne, dans les Alpes, elle assiègera des mois durant les forces allemandes fortifiées dans les Poches de l’Atlantique. Près de 150 000 F.F.I rejoindront l’Armée française de la Libération qui, après avoir libéré Strasbourg, passera, tel le prestigieux «15-1» issu du «Régiment de Paris» FFI, le Rhin ; et participera aux côtés des autres forces alliées sur le sol allemand à la victoire finale sur le nazisme le 8 mai 1945.

La seconde partie du Programme du CNR est consacrée aux mesures à prendre dès cette Libération pour restaurer les institutions républicaines du pays, pour le rénover par une profonde démocratisation politique, économique et sociale, elle trace les contours des «Jours heureux» dans une France que les Résistant(e)s veulent solidaire.

Le Gouvernement provisoire de la République française présidé par le Général de Gaulle, va mettre en œuvre le Programme du Conseil National de la Résistance : sur le plan économique, avec le souci, dont on peut apprécier en ces jours difficiles la pertinence, de faire en sorte, ainsi que l’avait déjà exprimé le Général de Gaulle dans un discours à la radio de Londres le 20 avril 1943, «qu’aucun monopole et aucune coalition ne puisse peser sur l’Etat ni régir le sort des individus [et que] les principales sources de la richesse commune soient administrées ou tout au moins contrôlées par la Nation…», les Charbonnages du Nord-Pas-de-Calais seront nationalisés dès le 14 décembre 1944, les Usines Renault le seront le 16 janvier 1945, le crédit et la production d’électricité le seront le 24 mai, Air France le 16 juin, la Banque de France le 2 décembre.

La démocratie politique et sociale sera approfondie : le 22 février 1945 seront créés les comités d’entreprise, le 29 avril, les femmes voteront pour la première fois, à l’occasion des élections municipales, en octobre la Sécurité sociale sera étendue à tous les salariés, on peut mesurer en ces temps de pandémie à quel point, inspirée de l’esprit de solidarité des Résistant(e)s, elle a été un acquis précieux qu’il convient de défendre et conforter. En avril 1946 sont créées les entreprises nationales EDF et GDF, en octobre suivant sera adopté le statut de la fonction publique… Toutes mesures qui, en dépit de remises en causes ultérieures, ont fondé, en privilégiant, ce qui doit être une exigence pérenne, l’intérêt général sur les intérêts particuliers, les principes et les bases du pacte social et républicain perdurant pour une large part jusqu’à nos jours, et qu’il faut préserver.

Promulguée le 19 juillet 2013, la Loi instaurant la «Journée Nationale de la Résistance, le 27 mai», rappelant que le 27 mai était le jour anniversaire de la création du CNR, lui assignait comme mission d’«assurer la transmission des valeurs de la Résistance et de celles portées par le programme du Conseil National de la Résistance». Valeurs humanistes et démocratiques plus que jamais nécessaires dans un monde qui connait toujours les guerres, les dictatures négationnistes des droits de l’homme et des peuples, la xénophobie et le racisme, l’insigne pauvreté allant jusqu’à la famine, et où resurgit le spectre du fascisme.

La Présidence Nationale de l’ANACR