Le Mémorial de l’Internement et de la déportation de Royallieu accueille pour deux soirées le traditionnel mois du documentaire de Compiègne. Plusieurs facettes de la Seconde Guerre mondiale sont abordés avec la projection :
- le 21 novembre de deux films : à 20h Le gars des Calloins d’Olivier Fely-Biolet (2023) et à 21h Georges Fleury, la Résistance à Clermont d’Olivier Lallart (2024).
- le 26 novembre à 19h du film documentaire hommage à Manouchian et ceux de l’Affiche rouge de Hugues Nancy et Denis Peschanski (2024) en présence de Denis Peschanski qui animera le débat qui suivra la projection. cette soirée est organisée en partenariat avec l’ANACR-Oise.

Le Gars des Callouins
Cz documentaire retrace l’épopée de Désiré Le Fauconnier qui témoigne à quatre-vingt-seize ans. C’est la petite histoire d’un soldat méconnu qui croise celle de la grande histoire d’un homme d’exception, Philippe Leclerc de Hauteclocque. À dix-sept ans, alors qu’il se trouve à Port-Bail (Cotentin) au moment du débarquement, Désiré Le Fauconnier s’engage volontairement dans la 2e division blindée du général Leclerc. Dans les mois qui suivent, il participe à la bataille de Normandie, à la libération de Paris, à la bataille de Dompaire, au menuet de Baccarat, à la libération de Strasbourg, à la découverte du camp de Dachau et va prendre la Kehlsteinhaus (Nid d’Aigle d’Hitler).
Georges Fleury (« Noireau » et « Carrière »)
Né à Caen en 1890, il entre dans l’administration préfectorale avant la Première Guerre mondiale puis reste plus de huit ans sous les drapeaux. Démobilisé en 1919 après avoir obtenu deux citations, il quitte peu après l’administration pour reprendre l’exploitation agricole de ses beaux-parents à Rémécourt et devient vite le maire de la commune. Au début des années 1930, il prend une charge de greffier de justice de paix à Clermont. Dès la fin 1940, aidé par son fils Alain et sa fille France, il distribue sur Clermont des tracts du groupe Valmy en provenance de Paris. Contacté à la fin 1941 par Roland Delnef et Marcel Sailly, il entre à l’OCM, dont il devient l’animateur à Clermont et pour qui il repère des terrains de parachutage. Georges Fleury mène de pair cette activité avec celle de récupération puis transport des aviateurs alliés, de transmission de renseignements et messages, de distribution de tracts, d’aide aux réfractaires du STO. Il recrute en outre localement Jean Corroyer, et de nombreux autres Résistants en utilisant sa connaissance des milieux agricoles. Chef départemental de l’OCM à partir de février 1944, il devient à la même époque chef des FFI puis est mis en contact avec des agents du CNR dont Yves Perony, futur préfet, les frères Wallon et Yves Helleu cachés à Nointel. Le 6 août 1944, jour de l’assassinat de son adjoint Jean Corroyer et de l’arrestation de la femme et du fils de ce dernier, il échappe, lui et sa famille, à l’arrestation et passe une quinzaine de jours à Pierrefonds où il participe au sabotage d’un train devant transporter en Allemagne des internés du camp de Royallieu. De retour à Clermont à la Libération, il est nommé sous-préfet avant de devenir, en 1948, secrétaire général de la préfecture de l’Oise. Georges Fleury finit sa carrière dans l’administration préfectorale comme sous- préfet d’Argentan de 1954 à 1957 et meurt le 11 août 1959. (extrait du CDROM de Jean-Pierre Besse sur la Résistance dans l’OISE)
Manouchian et ceux de l’Affiche rouge
En février 1944, dans une cour de la prison de Fresnes, les Allemands organisent une mise en scène pour stigmatiser un groupe de résistants communistes, tous étrangers et juifs pour la plupart, arrêtés quelques semaines plus tôt. La propagande vise à discréditer ces combattants pour en faire des terroristes et des criminels, eux qui étaient parvenus à multiplier dans Paris les attaques contre l’occupant. L’affiche rouge placardée à des milliers d’exemplaires partout dans le pays va les faire entrer dans la légende. C’est au Mont-Valérien, près de Paris, qu’ils seront ensuite exécutés. Missak Manouchian, l’Arménien qui dirigeait ces combattants, incarne désormais ce groupe dans la mémoire collective en faisant son entrée au Panthéon, au nom de tous ses camarades, 80 ans après leur exécution.
