A Royallieu jusqu’au 4 janvier, l’exposition : Déportées à Ravensbrück, 1942-1945

(Une erreur sur les dates a été corrigée le 26 septembre…)

Vendredi 19 septembre Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, a participé à l’inauguration de l’exposition présentée par le Mémorial de l’internement et de la déportation de Royallieu. Dans la seconde partie de la visite, quand l’exposition aborde le retour des déportées, Hélène Boulanger a lu un passage du témoignage de sa mère Lucienne Fabre-Sebart qui fut une grande résistante successivement dans l’Oise (elle habitait Nogent-sur-Oise), le Calvados, l’Eure-et-Loir, la Somme et enfin Paris auprès de l’état-major des FTP au moment de la libération de Paris :

Fin avril 1945, on nous annonça qu’un train de femmes déportées devait arriver gare de Lyon. C’était le premier convoi de déportées qui revenait en France. Nous étions tous et toutes là pour accueillir nos amis, Gare de Lyon, ce jour-là, à 11 heures du matin ! Près de moi on installa une tribune ceinte du drapeau tricolore car le Général de Gaulle venait d’arriver pour souhaiter la bienvenue aux femmes de ce train…

Brusquement un silence de mort, le train arrivait lentement en gare. Nous eûmes brusquement la vision de squelettes déambulant doucement, amorphes, hébétés, les yeux vides, regardant sans voir. Je garde de cette arrivée de déportées en Gare de Lyon une douloureuse impression… À côté de moi, le Général de Gaulle qui ne s’attendait certainement pas à voir une telle détresse humaine, demanda qu’on range la tribune et, visiblement ému, il repartit sans dire un seul mot. Claude DAUPHIN, l’acteur bien connu, cherchait sa femme Rosine DEREAN, belle actrice d’avant-guerre, parmi les rescapées. Il ne la reconnut pas tant elle était méconnaissable.

Une femme au milieu de cette foule se mit à crier : « Je suis Martha DESRUMEAUX*, les nazis ne m’ont pas eue » !
Jacques DUCLOS et André MARTY, ses amis, l’emmenèrent fraternellement. Elle était originaire du Nord de la France. Déportée, elle eut un moral d’acier dans les camps. Certaines femmes très éprouvées tenaient encore sur leurs jambes, d’autres complètement à bout arrivèrent à Paris pour y décéder.

Notre service civique [ Lucienne Fabre-Sébart s’y est engagée juste après la libération de Paris] fut très utile pour aider les rapatriés et leurs familles. nous emmenions tous les déportés à l’hôtel Lutécia pour les examiner, les soigner, les restaurer et les habiller. Nous leur remettions un peu d’argent pour qu’ils puissent retourner chez eux. La plus pénible situation était pour celles et ceux que personne n’attendait plus. Familles décimées par la guerre. Lorsque personne ne vous attend plus c’est l’écrasement total, la détresse physique, la détresse morale, la détresse sentimentale. Dans leurs yeux vides, sans vie, désespérés, on pouvait cependant y lire tout le drame qu’ils venaient de vivre dans un enfer insoupçonné de beaucoup d’entre nous.»

Ce texte est extrait des souvenirs rédigés à l’intention de sa famille par Lucienne Fabre-Sébart ; elle lui a donné un titre révélateur de sa personnalité et de son engagement : J’ai choisi. Pages de la Résistance N° 30-31, Hommage à Lucienne Fabre-Sébart, cite de nombreux extraits de son texte.

Samedi 20 septembre, il y a eu une conférence sur Les femmes dans la Résistance par Frédérique Neau-Dufour, historienne française, docteure en histoire contemporaine, actuelle cheffe de projet de la stratégie mémorielle de la région Grand-Est et ancienne directrice du Centre européen du Résistant Déporté (CERD), centre installé sur le site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof.

Un autre aspect de la guerre était présenté mardi 23 septembre par la médiathèque de Saint-Leu d’Esserent : une présentation de l’utilisation par les Allemands, à partir de 1943, des carrières du Couvent et de Saint-Christophe à Saint-Leu d’Esserent pour y stocker les V1 venant d’Allemagne avant de les acheminer sur les site de lancement sur la côte de la Manche. Sur ce site deux Alsaciens « malgré-nous » Joseph Reith et Pierre Michel étaient enrôlés dans l’armée Allemande ; le fils de Pierre Michel était présent et a évoqué le parcours de son père qui avait travaillé, avec Joseph Reith, pour la Résistance locale au sein même de l’armée allemande. Une conférence passionnante faite par Stéphane Spitz et beaucoup d’émotion et de souvenirs partagés avec le fils de Pierre Michel.

Ce samedi : la très belle inauguration du mémorial noyonnais de la R&sistance et de la Déportation, Guerre 1939-1945

L’inauguration du mémorial à Crisolles a été une réussite avec plus de 500 personnes présentes dont de très nombreux jeunes et de très nombreux habitants de plusieurs communes, 35 porte-drapeau, six cadets de la gendarmerie, l’Harmonie de Noyon, de très nombreux représentants officiels, de nombreuses familles de résistants, du colonel Louis Ledanois, centenaire aujourd’hui, qui a participé à la Libération de Noyon : dans le froid et le vent mais avec une organisation impeccable et une émotion palpable. Cinq adhérents de l’ANACR-Oise étaient présents : Jocelyne Dumontois avec le drapeau, son compagnon Fabrice Carrier, Gil et Hélène Boulanger et Xavier Lespierre. Vingt gerbes ont été déposée dont celle qu’Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise a déposé en notre nom.

Le projet de mémorial nait en 2002 autour du Souvenir Français,avec un financement très large (Région des Hauts de France, Conseil départemental de l’Oise, ONAC, l’UMRAC OISE, des communes – Crisolles bien sûr – et de simples habitants, …). Le monument se compose de cinq murs de briques, rappelant les ruines du pavillon, avec six bas-reliefs thématiques réalisés par le sculpteur Didier Paigneau et les élèves du lycée Jean Calvin.

photos : cite-scolaire-noyon.60.ac-amiens.fr/

Les élèves de spécialité Arts plastiques de Première et Terminale, encadrés par leur Professeur, Monsieur Drouart, ont travaillé avec Didier Paigneau , céramiste, afin de produire des hauts-reliefs cuits dans l’atelier du céramiste et maintenant présents sur le mémorial de Crisolles, à la mémoire des Résistants du maquis des Usages et des évènements de Juin 1944. Source cite-scolaire-noyon.60.ac-amiens.fr/

«Ce mémorial est la preuve que les grandes réalisations naissent toujours de la réflexion, du dialogue et de la persévérance. Par ce parcours de mémoire, nous honorons les Déportés, les acteurs de la Résistance et du maquis et nous insistons pour que leur souvenir demeure un exemple afin que la paix, la liberté et la démocratie perdurent et ne tombent pas dans l’oubli», a conclu Henri Germain, l’un des gros artisans de ce projet devenu concret. Le Souvenir Français et ses partenaires locaux, collectivités et associations patriotiques, entendent désormais inscrire le site de Crisolles dans un circuit mémoriel reliant Compiègne, Noyon et Tergnier. Pour les organisateurs comme pour les participants, ce mémorial, situé à l’entrée de Crisolles le long de la départementale reliant Noyon à la Somme, est désormais un point d’ancrage pour la mémoire collective du Noyonnais. Source Oise-Hebdo

Commémoration de la Libération à Beauvais, Lamorlaye, Montataire, Noyon…

Avec un peu de retard, un mois tout juste, voici un message du Mouvement de la Paix qui rappelle la tragédie des bombardements sur Hiroshima et sur Nagasaki : ils ont entraîné la capitulation du Japon mais le 2 septembre) et aussi un nombre de victimes directes qui varie selon les sources entre 110 000 et 250 000. La première bombe le 6 août 1945, l’avancée soviétique en Mandchourie et la seconde bombe le 9 août ont certainement accéléré la fin de la Seconde guerre mondiale en Asie en conduisant le Japon à capituler : il accepte les conditions des alliés le 15 août et la capitulation est signée le 2 septembre. Mais le prix payé par les civils pendant et après les bombardements sont immenses. L’émotion qu’ils soulèvent dans le monde aussi. La nécessité de ces bombardements pour mettre fin à la guerre est discutée. Le message du Mouvement de la Paix publié le 27 juillet dernier rappelle les avancées et les reculs de la lutte contre l’usage de bombes atomiques :

En Europe la guerre est terminée depuis la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 (une date trop importante pour être éliminée du calendrier des commémorations) et pour la France, la libération a été célébrée dans l’Oise du 28 août au 2 septembre.

A Montataire, le 31 août, Alain Blanchard a déposé une gerbe. A Lamorlaye, le 30 août une cérémonie a eu lieu devant la plaque posée en mai dernier pour rappeler la libération de la ville. A Beauvais, les 30 et 31 oût, de nombreuses manifestations ont eu lieu ; Denise Dubos était présente et a saluée par le Préfet de l’Oise. Voici les manifestations prévues et concernant l’ANACR-Oise : les exposition sont encore visible jusqu’au 20 septembre !

  • Samedi 30, à 12h45, rue Jean de Lignières : Vernissage de l’exposition Exposition de l’ANACR Oise « Beauvais, Août 1944, nous sommes libérés ! », présentée par Michel LE DROGO, membre de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance de l’Oise qui a reçu des remerciements en tant que Président du Comité d’entente des associations issues de la Résistance et de la Déportation de l’Oise.
  • Samedi 30, à 14h00 et à 15h00, RDV Rue Jean de Lignières : Visites guidées en centre-ville « Sur le parcours de nos libérateurs », gratuites (Durée 30 à 45 minutes) animées par Michel Le Drogo, membre de l’ANACR et M. Le Guillou, professeur d’Histoire et de Géographie, Lycée Felix Faure
  • Jusqu’au 20 septembre : Exposition de l’ANACR de l’Oise « Beauvais, Août 1944, nous sommes libérés ! », rue Jean de Lignières et Exposition des archives municipales de la douille de l’obus tiré le 30 août 1944, à l’Hôtel de ville

Et à Noyon, le 13 septembre sera inauguré le Mémorial Noyonnais de la Résistance et de la Déportation, Guerre 1939-1945 ; Hélène Boulanger y déposera des fleurs au nom de l’ANACR-Oise