Il y a 30 ans, René Bousquet, échappait pour la seconde fois à un procès nécessaire devant l’histoire et pour la mémoire des milliers de juifs déportés avec son soutien actiF

Du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943, sous le sixième gouvernement de Pierre Laval, René Bousquet a été secrétaire général de la police du régime de Vichy. Antisémite convaincu, il applique la politique du régime. Il est l’organisateur principal de la rafle du Vél d’Hiv de juillet 1942 et de celles d’août 1942 en zone sud. Il dirige également la police française aux côtés de l’occupant lors de la rafle de Marseille, en janvier 1943.

Au total, durant ses fonctions à ce poste, et parfois à son initiative, plus de 60 000 Juifs sont arrêtés par ou avec le concours de la police française pour être remis aux autorités nazies qui en organisent la « déportation vers l’Est », expression allemande de l’époque désignant la déportation vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Vichy n’ignore pas la finalité réelle des déportations ; René Bousquet ne montre alors aucun intérêt pour le sort des Juifs déportés.

À la Libération, il parvient à passer à travers l’épuration, ayant opportunément donné des gages à la Résistance lorsqu’il était en fonction. Il peut dès lors faire, à partir des années 1950, une florissante carrière d’homme d’affaires et d’influence — il fait notamment partie des fréquentations de François Mitterrand — avant d’être rattrapé par son passé à la fin des années 1980. Une plainte est déposée contre lui pour crimes contre l’humanité mais, alors que l’instruction est en cours, il est abattu à la porte de son domicile échappant à un second procès qui aurait pu faire la lumière sur son rôle de collaborateur.

Trente ans après ce meurtre et quelque mois après la publication du livre que Robert Badinter lui a consacré, le journal L’Humanité revient aujourd’hui sur le rôle de ce personnage, antisémite convaincu et collaborateur zélé.

Fiches de lecture : le mouvement ouvrier sportif et les FFI

Dans son dernier N° de 2015, la publication de l’ANACR Le Journal de la Résistance – France d’abord* propose deux articles particulièrement éclairants ; nous en avons fait un résumé que nous mettons en ligne :

  • D’abord sur le mouvement sportif ouvrier – très fort dans la première moitié du 20e siècle, sa mobilisation contre les jeux olympiques de Berlin, son implication très importante dans la Résistance. C’est SPORT LIBRE, journal et réseau qui va mener ce combat dès la fin 1941 et jusqu’à la Libération.
  • Puis une histoire des structures armées de la Résistance : le foisonnement d’organisations est déjà un étonnement et il est parfois difficile de s’y retrouver ; mais le gigantesque effort qui a été mené par des gens, souvent de bords politiques différents, pour les structurer et les unifier, dans le contexte de la France occupée, force le respect ! Car ce travail nécessitait de nombreuses réunions entre dirigeants et des allers-retours entre Londres et la France : pas facile et terriblement dangereux dans la France occupée…

* France d’abord est le titre du journal créé dans la clandestinité en 1941 dont l’ANACR se revendique.