Hommage à la ferme des Kroumirs

Samedi 13 août 2016, à Trie-Château, cérémonie très émouvante à la Ferme des Kroumirs : beaucoup de monde dont de nombreux élus, et beaucoup de drapeaux dont celui de l’ANACR… pour rappeler le massacre du 14 août 1944.

Ce jour là, les Allemands encerclent la ferme où sont cachés six FTP du détachement PATRIE, rescapés du maquis de Ronquerolles après l’attaque du  19 juin.

A la ferme des Kroumirs seront fusillés sous les yeux de sa femme et de sa petite fille (elle ne peut encore aujourd’hui revenir en ce lieu) le fermier Pierre Bourgeois qui avait accueilli les maquisards et ses deux commis Jean Bouvy et André Vigneron.

Quatre des six résistants qui avaient tenté de s’échapper sont fusillés dans le bois : Albert Leclère, Marcel Tilloloy, Robert Tilloloy et Georges Rayez. Robert Laurence est fait prisonnier et sera déporté. Seul Fernand Duirat arrive à s’échapper.

La commune de Trie-Château recevra une citation en 1948 : « A lutté contre l’occupant avec énergie et courage. Son activité résistante et l’aide apportée au maquis lui a valu les horreurs des représailles allemandes. A donné un bel exemple de sang-froid et de patriotisme. »

Citation bien méritée car avant les FTP du détachement PATRIE, Trie-Château a abrité le groupe DARLING ( réseau PROSPER).

Parmi les participants de la cérémonie, Albert Quideau (c’est lui qui dépose des fleurs sur nos photos), le fils de Corentin Quideau, chef du détachement AN II et frère d’Elie Quideau : tous deux tués au cours de l’attaque du maquis de Ronquerolles qui réunissait des FTP PATRIE, AN II et DÉFENSE DE LA FRANCE.

Pour plus de détails, vous pouvez nous commander notre dernière plaquette : La Résistance dans le secteur de Chambly – Le maquis de Ronquerolles

 

 

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Une réflexion au sujet de « Hommage à la ferme des Kroumirs »

  1. pourquoi est il inscrit le prénom A. Leclère sur le stèle ( A pour Albert), alors que toutes les mémoires écrites citent le prénom de LOUIS Leclère ?

    Le massacre de la ferme du lieu-dit des Kroumirs fit 7 victimes. Le cultivateur et ses deux commis réfractaires ainsi que quatre maquisards résistants FTP furent exécutés par des soldats allemands.

    A la mi-août 1944, Kléber Dauchel, chef du détachement FTP-Patrie, cherchait à installer un maquis dans l’ouest du département. Par l’intermédiaire de M. Lenique, marchand de bois et charbon de Bornel, il entra en relation avec un employé de l’Office départemental des bois et charbons de Beauvais (Oise). Ce dernier lui indiqua les numéros cadastraux d’un lot de bois, qui devait être réquisitionné pour faire du bois de boulange et du charbon de bois, près de Trie-Château, commune limitrophe à Gisors dans l’Eure .
    Après avoir rencontré le maire de Villers-sur-Trie, il se rendit sur les lieux avec le garde-champêtre de la commune où un petit local pouvait loger trois ou quatre personnes et servir d’abri pour les outils mais, situé au bord de la route, et donc trop visible pour ses activités clandestines.
    Si le marchand de bois et charbon de Bornel fournissait tout l’outillage de bûcheron à Dauchel, Henri Lemaire, instituteur de Trie, lui présenta Pierre Bourgeois, cultivateur à la ferme des Kroumirs à Trie-Château. Ce dernier accepta d’héberger les hommes du détachement Patrie dans sa ferme située à environ trois cents mètres de la route, accessible par un petit chemin à travers le bois qui entoure la ferme au trois-quarts en limite de Trie-Château, de Villers-sur-Trie et d’Eragny-sur-Epte.
    Le 12 août, six hommes du détachement Patrie, Marcel Tilloloy et son frère Robert Tilloloy, Roland Laurence, Louis Albert LeclèreGeorges Rayer et Fernand Duirat, rescapés de l’attaque du maquis Ronquerolles jusque-là cachés au château de Lamberval à Neuilly-en-Thelle, parcourèrent les trente kilomètres qui séparent Fresnoy-en-Thelle de Trie-Château.
    Les maquisards passèrent à l’action assez rapidement et sectionnèrent les fils téléphoniques de quinze poteaux assurant les liaisons de la Kommandantur. Le jour, ils travaillaient auprès des fermiers, coupaient du bois et organisèrent même une chasse au sanglier. Logés au château de la Folie, siège de la Kommandantur, les Allemands entendirent le coup de feu.
    Le 14 août 1944, tôt le matin, le fermier fut averti par Fernand Duirat que des camions allemands avançaient sur la route. Aussitôt, une grande quantité de soldats descendit et s’échelonna le long de la route, face à la ferme des Kroumirs.
    Pierre Bourgeois prévint les résistants de la situation, lesquels cachèrent en toute hâte leurs armes dans la paille de la grange et quittèrent la ferme en prenant le chemin qui traverse le bois, pour s’échapper par la route menant à Trie-Château. Mais le bois et la ferme étaient déjà entièrement entourés par les Allemands, à raison d’un soldat tous les dix mètres. Quand les six résistants sortirent du bois, ils se trouvèrent face aux soldats allemands.
    Les six FTP, sans armes, furent faits prisonniers et tenus en respect les bras en l’air. Au bout de quelque temps, ils entendirent une fusillade et des cris qui venaient de la direction de la ferme. Les Allemands avaient trouvé les armes dans la grange et fusillé le fermier devant sa femme et sa fille d’une dizaine d’années, ainsi que les deux commis de la ferme, Jean Bouvy, réfractaire au STO, et André Vigneron qui avait fui l’Alsace pour ne pas servir l’occupant allemand.
    Les FTP tentèrent alors de s’échapper mais les Allemands ouvrirent le feu. Quatre d’entre eux furent tués : Albert LeclèreMarcel TilloloyRobert Tilloloy et Georges Rayez. Robert Laurence, fait prisonnier, fut déporté par la suite. Fernand Duirat réussit à s’échapper après avoir abattu avec son arme deux soldats allemands. Il profita que les soldats allemands étaient occupés à manger des pommes pour sortir du bois. La nuit venue les Allemands repartirent. L’un d’entre-deux tenta de l’arrêter, mais il put fuir, bien que blessé, caché par un troupeau de vaches. Le lendemain, le ​maire, M. Froment, fut arrêté puis libéré en soirée. Mme Bourgeois, sa fille et Mme Vigneron furent conduites à la kommandantur installée au château de la Folie puis emprisonnées durant trois jours à Beauvais.

    Le 29 juin 1980, une stèle fut érigée près de la ferme des Kroumirs sur laquelle sont gravés les noms des victimes de l’attaque allemande. Tous les ans, les 8 mai et 14 août, l’amicale des anciens combattants de Trie-Château, les représentants de la municipalité et les Trie-châtelains se recueillent devant la stèle érigée par la commune.
    Les noms des 7 victimes sont gravés sur le monument aux morts de Trie-Château :
    BOURGEOIS Pierre
    BOUVY Jean
    LECLÈRE Louis
    RAYER Georges
    TILLOLOY Marcel
    TILLOLOY Robert
    VIGNERON André
    Le nom de Georges Darling résistant du réseau Prosper-Buckmaster domicilié à Trie-Château y figure également.
    Une stèle se trouve à l’entrée des Ateliers de Moulin-Neuf de Chambly où figurent deux plaques érigées par la fédération des cheminots, par la FSM et la CGT (« en mémoire des cheminots des Ateliers de Moulin-Neuf de Chambly morts pour la France au cours de la Seconde Guerre Mondiale » : les noms de Leclère Louis et Rayer Georges figurent sur les deux plaques, le nom de Tilloloy Marcel figure sur la plaque FSM, CGT mais pas sur la plaque SNCF.

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