C’était le 24 janvier 1943 : il y a quatre-vingt ans…

De tous les convois de la déportation partis de France, un seul emmena des femmes Résistantes vers Auschwitz :c’est le « convoi des 31 » : car pour les matricules des femmes de ce convoi (dont seules les femmes sont envoyées à Auschwitz) commencent par 31.

Parmi les prisonnières Charlotte Delbo (matricule 31661), Marie Paule Vaillant-Couturier (matricule 31685), Danielle Casanova (matricule 31655), Hélène Solomon-Langevin (matricule 31684) … et Charlotte Decocq (matricule 31756), la seule domiciliée dans l’Oise. Dans ce convoi « Nuit et Brouillard », 1446 hommes, 230 femmes, tous et toutes Résistants ; 230 femmes, dont 119 étaient communistes ou proches du PCF ; 230 femmes dont 49 sont rentrées.

« Le matin du 24 janvier 1943, il faisait un froid humide d'île de France, avec un ciel bas et des traînées de brume qui s'effilochaient aux arbres. C'était dimanche et il était tôt. En entrant dans la ville, nous avons vu quelques passants. Les uns promenaient leur chien, les autres se hâtaient. Peut-être allaient ils à la première messe. Ils regardaient à peine les camions dans lesquels nous étions debout. Nous chantions et nous criions pour les faire au moins tressaillir : "Nous sommes des Françaises. Des prisonnières politiques. Nous sommes déportées en Allemagne". »

Ainsi débute le livre de Charlotte Delbo Le convoi du 24 janvier paru en 1965 aux Éditions de Minuit.

Ce 24 janvier 1943, il y a 80 ans, Charlotte Dauriat, épouse Decocq est de celles qui chantent et crient dans un camion. Elle a 32 ans ; elle a 2 enfants ; elle est ouvrière chez Brissonneau à Montataire depuis ses 13 ans ; elle est mariée à un camarade de travail Georges, un des premiers responsables des groupes armés constitué par le PCF, d’où sortiront les FTP ; elle est arrêtée en octobre 1942, d’abord transférée au fort de Romainville puis la veille du départ à Royallieu.

Enregistrée sous le matricule 31756 à Birkenau, elle est connue pour sa bonne humeur et son entrain. Elle est transférée à Ravensbrück le 15 août 1944, de là à Mauthausen le 2 mars 1945. Elle a été tuée par un bombardement à Amstetten, à la gare de triage où les déportées étaient employées à déblayer les voies et combler les trous d’obus : le 21 mars 1945, à un mois de la Libération du camp ; en même temps qu’une autre déportée du même convoi, native de Pont-Sainte-Maxence : Olga Méru épouse Melun.
Dans ce convoi dit des 31000, une autre native de l’Oise, Hélène Vervin, épouse Castera, née à Chiry-Ourscamp où une allée porte son nom.

Se souvenir d’elles et de leurs camarades de Résistance c’est rendre hommage à leur courage. C’est aussi saluer toutes les femmes qui se lèvent encore aujourd’hui pour combattre l’arbitraire qui tente de les faire taire.

Le 27 janvier, journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, une cérémonie se déroulera au Mémorial de Royallieu à Compiègne : l’ANACR-Oise a été invitée et sera représentée par Françoise Vincent.

Entre 1942 et 1944, 42 000 personnes ont été déportées depuis le camp de Royallieu. Le parcours qu’ils empruntaient à pied, jusqu’à la gare de Compiègne, est désormais symbolisé par 150 clous en bronze implantés dans le sol. L’ANACR-Oise était invitée à cette inauguration et Hélène Boulanger était présente. Avec les autres participants, elle a refait ce chemin, près de trois kilomètres, avec beaucoup d’émotion.

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