L’hommage du parti communiste de l’Oise à Paulette Jauneau

« Paulette JAUNEAU, figure de la Résistance et du communisme oisien nous a quittés à l’âge de 98 ans

Née en 1922, militante communiste très jeune à Saint-Just en Chaussée, Paulette BIEFNOT – CLEYMEN devient responsable locale de l’Union des Jeunes Filles de France en 1937, puis membre du secrétariat régional de l’UJFF en 1938. C’est à cette époque qu’elle fait la connaissance de Georges JAUNEAU (décédé en 1990), ingénieur chimiste et secrétaire du Comité antifasciste du secteur, qu’elle épousera en août 1940.

Très tôt, Paulette JAUNEAU participa activement à la Résistance où son mari prit aussi une place essentielle sous le pseudonyme de « Capitaine Jacques », chef militaire des FTPF puis FFI sur le Centre-Oise, devenu à la Libération, Conseiller de la République (sénateur) PCF de l’Oise et Directeur du « Patriote de l’Oise », un des principaux journaux issus de la Résistance.

À la Libération, sur la base de cet engagement dans la lutte contre l’occupant nazi, Paulette JAUNEAU se voit elle-aussi confiée d’importantes responsabilités au sein du Parti communiste français où elle est élue membre du comité puis du bureau fédéral, ainsi qu’à l’Union des Femmes Françaises (aujourd’hui Femmes Solidaires), principale organisation féminine dont elle devient la Présidente départementale. Elle anime de nombreuses réunions durant toutes ces années à travers le département.

Restée fidèle toute sa vie à ses idéaux de jeunesse et à la Résistance, elle avait été aussi la Présidente d’honneur de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance dans l’Oise.

Nous nous inclinons devant sa mémoire, celle d’une combattante pour la libération humaine, qui contribua comme son mari, aux plus belles conquêtes sociales et démocratiques de notre pays au 20e siècle.

Un dernier hommage lui sera rendu le lundi 2 novembre 2020, à 15 heures, au cimetière de Saint-Just-en-Chaussée.

Dans l’attente de ses obsèques, Paulette JAUNEAU repose à la maison funéraire de Clermont, 65 bis, rue de Paris.

A son fils, Denis, à ses petites-filles Sonia et Sophie avec qui nous partageons des causes et des valeurs communes, à toute sa famille et ses proches, nous adressons nos salutations les plus amicales. »

Thierry AURY

Alain Blanchard représentera l’ANACR-Oise aux obsèques de Paulette Jauneau.

L’adieu à Paulette Jauneau

Il y a trois jours, nous vous faisions part avec beaucoup de tristesse du décès de Madeleine Lefèvre.

Et aujourd’hui c’est aussi avec une grande tristesse que nous vous informons du décès de Paulette Jauneau. Résistante, veuve de Georges Jauneau, Paulette a été présidente d’honneur de l’ANACR Oise.

Cette année est lourde de tristesse, nous perdons et avons perdu des héroïques acteurs et actrices de cette page glorieuse de notre histoire.

Ceux qui ont permis que nous soyons libres.

L’ANACR est très affectée par ces disparations mais ô combien respectueuse de
ces disparus, de leurs luttes, de leurs sacrifices.

L’adieu à Madeleine Lefèvre-Lelong.

Madeleine Lefèvre est décédée le 20 octobre 2020 à l’âge de 91 ans, elle était membre de l’ANACR au titre des Amies depuis plusieurs décennies.

Née en juillet 1929 elle n’a que 10 ans à la déclaration de la guerre pourtant elle a vécu des jours difficiles qu’elle n’a jamais oubliés. La famille habitait Liancourt. Georges son père a été arrêté, puis libéré.

Fille de Georges et Georgette Lelong tous les deux infirmiers, tous les deux communistes, ils ont participé activement à la Résistance dans l’Oise. Lui FTP il représente en août 1944 les FTP à l’Etat major départemental des FFI, elle représente l’UFF (Union des Femmes Françaises) au CDL (comité départemental de libération) après la Libération.

Madeleine a été aussi une ardente militante au parti communiste toute sa vie et en tant que membre de l’ANACR a participé à la transmission de la Mémoire de la Résistance.

L’ANACR était présente à son enterrement et a déposé une potée fleurie.

Le 23 octobre 2020

LUTTER CONTRE LE TERRORISME : message de l’ANACR Nationale et images des manifestations à Beauvais

Le terrorisme – c’est-à-dire la volonté de terroriser pour imposer, par une violence extrême allant jusqu’au meurtre, à des personnes, à une société, à une nation ou (et) au monde un projet politique, une idéologie, laïque ou religieuse, ce dont l’Histoire ancienne ou récente offre hélas de multiples exemples – a frappé à nouveau dans notre pays ; à deux reprises ces derniers jours, en s’attaquant à des journalistes devant l’ancien siège parisien de Charlie Hebdo, en assassinant de manière particulièrement barbare un enseignant d’histoire-géographie d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine.

La condamnation de tels actes ne peut qu’être totale, et l’ANACR, porteuse des valeurs démocratiques et humanistes de la Résistance, s’y associe pleinement, en exprimant ses sentiments de profond respect à la mémoire de Samuel Paty, et sa compassion solidaire envers son épouse, son fils, sa famille, ses collègues enseignants.

La lutte contre le terrorisme – en l’occurrence à référence islamique – doit être menée avec constance, sans faiblesse, en prenant à cette fin les mesures s’avérant nécessaires, mais au nom et dans le respect de valeurs morales humanistes et démocratiques les encadrant ; valeurs humanistes et démocratiques par là-même supérieures à celles des criminels terroristes qui en sont la négation, lesquelles doivent être combattues sans concessions, sur le plan des idées et de leur traduction politique et organisationnelle.

La nécessaire recherche – en premier lieu pour prévenir leur récidive – des circonstances ayant conduit un jeune de 18 ans à devenir un assassin ne peut fournir la moindre excuse à son acte, ou à une tentative de le relativiser.

Elle ne saurait aussi conduire à généraliser son comportement atroce à toute une appartenance religieuse, à toute une appartenance ou origine nationale, aux communautés immigrées et réfugiées fuyant le racisme, la guerre et les dictatures répressives ; immigrés et réfugiés que la France s’honore d’accueillir au grand dam des racistes, des xénophobes, des intégristes, terroristes ou non, et des dictateurs.

Paris le 17 octobre 2020

L’ANACR

Samedi 17 octobre l aFSU appelait à un rassemblement à Beauvais :

Le 26 septembre se déroulait au Mémorial de Royallieu une cérémonie d’hommage autour du livre des 9000 déportés à Dora

Journée de Cérémonie de Royallieu pour le Livre des 9000 déportés à Dora

Compiègne le samedi 26 septembre 2020 (9h30 – 17h)

Après un hommage émouvant aux 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, en présence des responsables municipaux, des familles et associations issues de la Résistance et de la Déportation, devant le monument aux morts du Mémorial de l’Internement et de la Déportation, Laurent Thierry, historien et directeur des recherches historiques à La Coupole présente le projet d’écrire l’histoire des déportés à Mittelbau-Dora, le « camp – usine » des fusées A4-V2, voués au bombardement du Royaume-Uni en 1943, à partir du site où La Coupole a été inaugurée en 1997. En 1998, un premier projet est initié par André Sellier, historien et Déporté à Dora, et l’amicale des Déportés de Dora-Ellrich.

D’abord conçu comme un dictionnaire, cet hommage aux Déportés (à la fois en tenant compte des 8 convois partis de France, mais aussi des incessants transferts de déportés d’un camp à l’autre en fonction des besoins définis par la sinistre SS. Toutes les formes de déportations y sont représentées : droits communs, juifs, tsiganes, homosexuels, résistants et « NN » (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard), étrangers arrêtés et déportés à partir de France, ainsi que les Français arrêtés sur le territoire du IIIe Reich.

Les notices individuelles (près de 9000, 8971 exactement) sont accompagnées de notes et de liens (déportés du même département d’origine, du même convoi, du même Kommando, ayant établi avec d’autres des liens de camaraderie, de solidarité) bref, tout ce qui permet, à partir d’un cas individuel, d’avoir une vision plus large, plus historique (de la petite à la grande histoire).

Jean-François Monnet, Président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Oise, présente la partie consacrée aux Déportés nés, habitant ou arrêtés dans l’Oise, dont il a été le rédacteur bénévole. Il rappelle qu’en ce qui concerne les déportés de l’Oise, 80% sont partis de Compiègne et 15% de Paris. Environ 70% d’entre eux sont morts à Dora et ses Kommandos, dont 5% de disparus, ou lors des marches de la mort (5%).

Après leur présentation, Laurent Thierry et Jean-François Monnet préparent la remise du livre aux familles

Un autre moment émouvant pour l’assistance : avant la remise du Livre aux familles, Laurent Thiery et Jean-François Monnet ont remis à la famille du déporté Charles Allain ses objets personnels qui avaient été confisqués par les nazis lors de son arrivée en Allemagne et qui étaient conservés aux archives ITS de Bad Arolsen en Allemagne. L’ITS ne pouvant pas se déplacer a fait parvenir ces objets à La Coupole la semaine précédente.

Puis des exemplaires numérotés édités en sus par les Éditions du Cherche Midi, qui ont assuré l’édition de cet ouvrage monumental, sont remis directement aux familles de déportés présentes. Enfin ce fut la distribution à tous des exemplaires commandés en souscription.

Tables rondes : mises en place l’après-midi

Dora et les familles : un groupe anime la table ronde, constitué des enfants d’ingénieurs déportés chargés à Dora de prévoir des travaux d’aménagement, pleinement solidaires entre eux 24h/24, et restés en contact après–guerre. Ensuite, d’autres participent à ce débat qui se concentre autour de la parole, mais surtout des valeurs de solidarité, de tolérance et de respect transmises par les déportés à leurs enfants et petits–enfants, parfois au-delà des horreurs tues.

Dora et les rédacteurs des notices individuelles : 70 contributeurs au livre, la plupart ayant un lien familial avec des déportés, d’autres, enseignants, désirant un ouvrage permettant de proposer des études de cas (départementales ou locales) à exploiter pédagogiquement en l’absence grandissante de témoins directs. Plusieurs approches ont été décrites par les trois personnes aux profils différents (documentaliste, étudiante, enseignant en collège) animant la table – ronde : liens familiaux, les informations sur les convois, une approche départementale, les recherches en archives avec croisement des sources (toujours immédiatement citées par fiche dans ce livre).Accès aux sources de Bad Arolsen.

DORA et les historiens : débat en présence de Claude Pennetier directeur et porte–parole du « Maitron », de Laurent Thierry, directeur scientifique et maître d’œuvre du Livre des 9000 Déportés à Dora et de Laurent Sellier historien. Laurent Thierry explique que le titre Dictionnaire a fait place au mot LIVRE, un Mémorial de Papier de près de 9000 noms, par ordre alphabétique, sans hiérarchie et sans jugements de valeur. (Le classement par convoi n’apportant aucune cohérence, et surtout occultant le fait des transferts incessants d’un camp à l’autre, en surévaluant les effectifs de chaque camp considéré isolément.)

Laurent Thierry intervenant à la table ronde « Dora et les historiens » avec Claude Pennetier et Laurent Sellier

Laurent Sellier, rédacteur des notices des Déportés de la Shoah, explique ses méthodes de recherche en insistant sur l’incessant croisement des fichiers de déportés (Mémorial de la Shoah, Yad Vashem, et autres fichiers). La dimension individuelle de parcours singulier  permet de faire évoluer un certain nombre de connaissances de base pouvant devenir des généralisations trompeuses. A cela, il faut ajouter le contact avec les familles, voir la collecte d’archives ou d’objets familiaux dont l’exposition enrichira les visites de musées et mémoriaux.

« Où les intervenants situent-ils leurs différents travaux, Maitron, Livre de Dora, dans la Mémoire ou dans l’Histoire ? » demande finalement Jean-Yves Bonnard, le modérateur de cette dernière table ronde. Les intervenants répondent unanimement que l’historien s’en tient aux faits et se garde des jugements de valeur ; les connaissances sont ouvertes, la science étant évolutive.

Pendant les tables rondes, une visite du camp de Royallieu dont plus des 2/3 des déportés à Dora est parti pendant l’occupation nazie a été proposée aux participants qui le souhaitaient.

Texte rédigé par Michel Le Drogo, président du Comité d’Entente des Associations issues de la Résistance et de la Déportation et Jean-François Monnet, président de la Délégation Oise l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et secrétaire Général du Comité d’Entente des Associations issues de la Résistance et de la Déportation

Dimanche 27 septembre : le Carnaval des possibles à Saint-Leu

Le CARNAVAL DES POSSIBLES est un FESTIVAL GRATUIT sur les problèmes d’écologie, de climat, de justice sociale et de démocratie.

L’ANACR-Oise y aura un stand et nous installerons notre très intéressante exposition sur le Conseil National de la Résistance. Regarder l’exposition, découvrir nos plaquettes et les acheter , discuter, adhérer ? Tout est possible !

De nombreuses associations seront présentes (permaculture, énergie, gestion de l’eau, logiciels libres, zéro déchets, grainothèque, recyclerie, culture et médias, coopératives, bien-être animal, solidarité internationale).

Un espace des producteurs locaux de l’agriculture paysanne. Deux scènes musicales. Du théâtre, des clowns, un espace restauration. Un espace de bien-être. Une vélorution et un défilé au son de la batucada. Des activités parents- enfants.

Venez nombreux !

Pour en savoir plus consulter le programme en cliquant ICI

Oradour-sur-Glane : CONTRE L’ODIEUSE PROFANATION

oradour-vendaliséLe 21 août 2020, un acte de vandalisme négationniste a été commis sur un mur du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, mur monument aux martyrs du 10 juin 1944. Le mot « Martyrs » est barré et remplacé par le mot « Menteurs » et le nom de Reynouard un militant d’extrême droite « séduit par le national-socialisme » et qui accumule les procès et les condamnations sans pour autant renoncer à la diffusions de ses « thèses ».

« Notre première arme contre le négationnisme est l’éducation. » Cette phrase du ministre de l’éducation nationale au lendemain de cet acte odieux résonne juste pour l’ANACR qui agit depuis 1945 pour faire connaître la réalité du nazisme, pour faire connaître le rôle des héros et des martyrs de cette période terrible.

La réalité du nazisme, il faut la chercher auprès des historiens mais aussi, et même surtout, trouver dans les témoignages de ceux qui ont lutté et de ceux qui ont souffert pendant cette dure période qui a commencé bien avant la déclaration de guerre ou l’occupation de la France avec la lutte contre le fascisme, pour la République espagnole, contre les accords de Munich, contre la capitulation et la collaboration  du régime de Vichy…

Le terme « négationnisme » est créé en 1987 par l’historien Henry Rousso pour désigner la contestation de la réalité du génocide mis en œuvre contre les Juifs par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire la négation de la Shoah. Cette contestation ,n’hésitait pas avec Robert Faurisson à la fin des années 70, à nier l’existence des chambres à gaz. Elle a révolté les nombreux Résistants encore parmi nous et les a motivés encore plus à témoigner et expliquer participant ainsi, avec le poids de leur engagement, de leur lucidité et de leur courage, à l’éducation, si nécessaire, en particulier auprès des jeunes. Les enseignants le savent bien, eux qui ont fait si souvent appel à eux !

L’histoire du massacre d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 comme celles des 99 oradour-silencependus de Tulle et des 67 tués d’Argenton-sur-Creuse et les 33 de Combeauvert, tous  le 9 juin, témoigne de la barbarie des troupes nazies. A chaque fois c’est une partie de la division Waffen SS Das Reich, « formée » sur le front de l’Est qui est envoyée délibérément pour massacrer.

Sur le martyr d’Oradour-sur-Glane, voir l’article sur France-Inter et bien sur le site du centre de mémoire d’Oradour-sur-Glane

Et voici la réaction indignée publiée par l’ANACR-Nationale,  une déclaration à la quelle nous souscrivons totalement :

CONTRE L’ODIEUSE PROFANATION

Le négationnisme  des crimes du nazisme, perpétrés dans toute l’Europe occupée, et du génocide monstrueux associé à son nom, qui firent des millions de victimes délibérément assassinées, n’est pas une opinion : c’est un délit.

Un délit puni depuis 1990 par la Loi dans notre pays, comme il l’est explicitement par la législation d’une quinzaine de pays européens.

C’est aussi un crime contre la vérité historique, dramatiquement attestée par la découverte des charniers des massacres perpétrés par les nazis et leurs complices, tant au sein même des populations civiles asservies que dans les camps de concentration, par des centaines de milliers de témoignages directs, et même par les aveux de milliers de tortionnaires y ayant pris part.

Ce délit contre la Loi, commis de manière récidivée par le triste personnage mentionné dans l’inscription ayant ce 21 août 2020 souillé le monument à la mémoire des 642 victimes – femmes, hommes, vieillards et enfants – massacrés le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane par une unité SS de la Division Das Reich, a été sanctionné à plusieurs reprises par la Justice.

Ce crime contre la vérité historique, dont la réalité reste inscrite jusqu’à aujourd’hui dans les ruines du village martyre et dans la mémoire de Robert Hébras, seul survivant du massacre présent parmi nous et auquel nous tenons à réaffirmer notre soutien et dire notre affectueuse estime, est particulièrement odieux par son contenu et par le lieu choisi par son – ou ses – lâche(s) auteur(s) pour le commettre.

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, sa direction, tous ses adhérents, partagent l’émotion et l’indignation de toutes celles et ceux qui condamnent la profanation commise à Oradour-sur-Glane et exigent que tout soit mis en œuvre pour en identifier le – ou les – auteur(s) afin qu’il(s) soi(en)t déféré(s) devant la Justice.

Paris, le 22 août 2020

Le Bureau National de l’ANACR

23 août : l’ANACR ravive la flamme sur la tombe du soldat inconnu

L’ANACR nationale le fait chaque année et souhaite maintenir cette tradition en dépit des conditions sanitaires que nous connaissons.

Ci-dessous le message du président de l’ANACR qui donne rendez-vous au « musoir » des Champs-Elysées. « Musoir » est un terme de marine utilisé aussi pour désigner le point où deux routes avec même sens de circulation se rejoignent en pointe. Ce doit être le cas du « passage du Souvenir » qui permet d’atteindre l’Arc de Triomphe sans avoir à traverser la place de l’Etoile.

L’ANACR-Oise s’associe par la pensée à cette cérémonie.

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Le message de l’ANACR à Nellie Rochex

Chère Nellie,

Suite à l’annonce du décès de ton papa François Rochex, l’ANACR Oise te présente ainsi qu’à toute ta famille ses plus sincères condoléances. Nos pensées vous accompagnent dans ces moments difficiles.

François a eu un parcours particulier. Comme tout être humain, il a dû faire des choix au cours de sa vie et visiblement, il a choisi d’être humain, courageux et fort. Résistant, syndicaliste ces deux mots montrent son engagement dans les luttes face au patronat vorace, face aux criminels nazis et à leur guerre, qui ont mis au grand jour comment les forces du capital pouvaient  « abattre » toutes les idées nouvelles et émancipatrices des hommes. Les luttes ont été difficiles et brutales pour eux, pour François, mais c’est grâce à ces hommes et ces femmes que nous sommes libres aujourd’hui.

Jamais nous ne devons oublier les sacrifices consentis par les Résistantes et les Résistants durant plus de quatre années de guerre atroce et dévastatrice.

L’ANACR a un profond respect pour eux, pour François, et nous continuerons à commémorer leur Mémoire, à transmettre  leurs luttes, leurs valeurs et les objectifs ambitieux et progressistes du Conseil National de la Résistance et de son programme « Les jours heureux ».

Bien fraternellement.

Le bureau de l’ANACR Oise

Hommage à François Rochex et Edmée Huette, disparus en juillet 2020…

Nous apprenons avec tristesse le décès de deux membres de l’ANACR-Oise: François Rochex, adhérent comme ancien Résistant et Edmée Huette, adhérente en tant qu’amie…

 

fr-humaÀ l’occasion de ses 105 ans Oise-Hebdo avait consacré un grand article à François Rochex dans son numéro du 20 juillet 2016 ; car François Rochex est né le &7 juillet 1911 dans la région parisienne a presque toujours vécu dans l’Oise. Son père d’origine italienne était ouvrier ajusteur et s’était installé à Creil ( il travaillait dans la clouterie Pélican qui deviendra bientôt la clouterie Rivierre. Après un passage à Saint-Leu, la famille s’enracine à Nogent-sur-Oise où le père de François Rochex a été conseiller municipal pour le parti communiste. Parti que François Rochex verra naître puisqu’en décembre 1920, il a 9 ans, il « participe » au Congrès de Tour : il en retiendra surtout le voyage en chemin de fer avec son père… Mais sans doute pas que cela car il sera toute sa vie un sympathisant du PC et un fidèle lecteur de l’Humanité, un militant de la paix avec le mouvement pour la Paix en Europe Amsterdam-Pleyel créé par Barbusse et Romain Rolland dans les années 30… Homme d’action, il affronte physiquement les Croix de Feu et autres ligues d’extrême droite, il est syndiqué à la CGT.

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Ses activités militantes d’avant-guerre lui valurent d’être arrêté par la police française le 16 juillet 1941 pour être ensuite remis aux Allemands : il sera interné à Compiègne dans le Frontstalag122 jusqu’en novembre 1941 : les déportations à partir du camp de Royallieu commenceront en 1942…

C’est après cette libération qu’il s’engage dans la Résistance avec son père dans l’OCM (source : le CDROM sur la Résistance dans l’Oise de Jean-Pierre Besse) Il recueillait et transmettait des renseignements sur des entreprises gérées par les Allemands et sur la base aérienne de Creil et participait aussi à la récupération des armes parachutées, à des actions de sabotage ou au sauvetage d’aviateurs.

Voici ce qu’en dit un article consacré à Paul Crauet dans le site Mémoire Vive :

François Rochex est arrêté à Creil avec d’autres camarades en 1934 pour avoir collé des affiches illégalement alors qu’il milite au sein du comité “Amsterdam-Pleyel” contre la montée en puissance des idées fascistes. Le maire de Creil, Jean Biondi, paye leur amende et ils sont libérés, mais leurs noms sont inscrits dans les fichiers de la police de Creil. Après son arrestation en compagnie de Paul Crauet et Marcel Bataillard, François Rochex est interné au Stalag 122 (matricule 1311) de juillet à octobre 1941, probablement libéré parce que son fichier de police français paraît insuffisant aux “sélectionneurs” de l’armée d’occupation. À partir de 1942, François Rochex s’engage dans l’OCM – où il est ensuite rejoint par André Bataillard (frère de Marcel Bataillard), alias commandant Martin – et jusqu’en septembre 1944, il participe à la récupération et transport d’armes parachutées, à quelques sabotages et aussi à l’hébergement et au transfert de pilotes d’avions américains ou anglais qui avaient du sauter en parachute au-dessus du territoire. En 1946, il témoigne à charge au procès d’assises du commissaire de Creil.

Son père, Antoine Rochex, inscrit comme communiste en 12e position sur la liste du 18 juillet 1941, n’est pourtant pas inquiété. Sous l’occupation, il héberge des membres du PC clandestin. En 1947, il se présente sur une liste communiste aux élections municipales de Nogent-sur-Oise et est élu 3e adjoint jusqu’en 1953. Il milite au PCF jusqu’à son décès en 1974, à 89 ans. Il est également porte-drapeau de l’ARAC. Antoine Rochex n’a jamais parlé à ses proches de son activité pendant la guerre.

Il a commencé comme dessinateur après des études au lycée Charles Somasco (qui deviendra ensuite Lycée technique Gournay aujourd’hui remplacé par le lycée marie Curie) ; Suivant des cours du soir, il obtient ensuite un diplôme d’ingénieur des Arts et Métiers.

Sa dernière manif, il l’a faite en 2002 avant le 2ème tour (Chirac / Le Pen) des élections présidentielles. Et si on écoute son dernier entretien enregistré par L’Humanité en 2018, il a gardé jusqu’au bout ses convictions et son regard malicieux sur le monde.

À lire aussi l’article paru dans l’Humanité le 5 août.

Un dernier hommage lui a été rendu le 10 août dernier au crématorium de Méru.

Edmée Huette était adhérente de l’ANACR-Oise en tant qu’ « amie » de la Résistance depuis de nombreuses années. Elle est née en 1924 et habitait Beauvais où elle a travaillé à la mairie pendant la guerre ; elle a été candidate pour le PS aux élections municipales de 2001 à Beauvais avec Walter Amsallem. Hélène Boulanger-Fabre, présidente de l’ANACR-Oise, l’a rencontrée plusieurs fois : Edmée Huette aimait parler de ses souvenirs d’adolescente pendant la seconde guerre mondiale et lui a souvent prêté des documents. Ses obsèques ont été célébrées le 24 juillet à Beauvais.

L’ANACR-Oise rend hommage à ces deux adhérents et présente à leur familles ses sincères condoléances.