retour sur la conférence d’hier et conférence le 25 mars de Frédéric Gondron sur la ligne Chauvineau

La conférence donnée hier à la médiathèque Chanut de Creil (voir notre article précédent) a pu se faire grâce à l’ANACR Oise qui a fait don du dictionnaire sur Dora le 26 février 2021. La pandémie n’a pas permis d’organiser cette conférence en 2021, aussi la directrice de la médiathèque, madame Hannon, l’a programmé dès que possible.

C’est la raison pour laquelle Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR, est intervenue en début de réunion ; elle a rappelé les circonstances de la création de l’ANACR et nos objectifs : tout ce qui explique donc le soutien de l’ANACR au travail sur le livre Les 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, les raisons de ce don et l’importance de faire des réunions comme cette conférence :

Je remercie Madame Hannon ainsi que monsieur Jean-Claude Villemain maire de Creil pour la présentation de ce dictionnaire sur le camp de Dora

Je voudrais simplement rappeler ce qu’est l’ANACR pour ceux qui ne la connaissent pas.

C’est une association créée en MARS 1945 par les Francs-Tireurs et Partisans Français, plus connue sous le sigle FTPF.

En 1952 elle prend le nom de l’ANACR s’élargissant à toutes les familles de pensée de la Résistance Intérieure et de la France Libre, à toutes les formes de combat de la Résistance, s’inspirant par-là de l’Unité de la Résistance réalisée au CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE (LE CNR) le 27 MAI 1943 à Paris, rue du Four, sous la présidence de Jean MOULIN.

Aujourd’hui il reste très peu de Résistants à l’ANACR, ces deux dernières années 9 d’entre eux nous ont quittés, au niveau de notre association départementale.

L’ANACR s’est donc ouverte aux AMIS DE LA RESISTANCE en 1970 pour approfondir :

– La connaissance de la réalité du nazisme et du régime de Vichy.

– Le combat de la Résistance Intérieure pour libérer la France et restaurer la Démocratie.

– Les Amis luttent contre la tentative de nier ou minimiser les crimes du fascisme et de la collaboration.

– Ils luttent contre la résurgence des idées xénophobes et racistes.

– Ils affirment leur attachement à la PAIX, à la Démocratie, à la Fraternité entre les peuples menacés par la résurgence du fascisme. La bête immonde n’est pas morte et nous nous devons, au nom de nos aînés, la Combattre.

NOUS VOUS RAPPELONS QUE LE 19 JUILLET  2013 UNE LOI A DECRETE LE 27 MAI JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE, loi parue au journal officiel le 20 juillet 2013. Les Résistants ont attendu 68 ans pour obtenir la reconnaissance officielle de leur engagement pour libérer la France du joug allemand.

Nous continuons de transmettre leurs mémoires, nombre d’entre eux sont morts pour que nous soyons libres.

C’est ainsi que nous avons offert le dictionnaire de DORA à la ville de Creil.

Je vous remercie

Hélène Boulanger Fabre, le 22 février 2022

Introduction à la conférence et à la remise du dictionnaire aux familles de Déportés à Dora, à Creil par Laurent Thiery et Jean-François Monnet.

Merci à Frédéric Gondron qui a pensé, lui, à prendre des photos !

Vous pouvez le retrouver , le 25 mars 2022, pour une conférence proposée par le Musée des Bombardements de Saint-Maximin avec le soutien de l’ANACR-Oise et Picardie 1939-1945 :

Après la conférence de Laurent Thiery et la rencontre avec les familles des « 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora de Creil et les environs.

Hier, à la médiathèque Chanut de Creil (espace culturel de la Faïencerie) s’est déroulée une conférence et surtout une cérémonie très émouvante organisée autour du livre mémorial Les 9 000 déportés de France à Mittelbau-Dora, publié en 2020 chez Le cherche midi éditeur : un travail immense dirigé par Laurent Thiery qui était présent hier avec Jean-François Monnet, un de nos adhérents.

Laurent Thiery est docteur en histoire et historien au centre d’histoire et de mémoire La Coupole d’Helfaut-Wizernes dans le Nord-Pas-de-Calais depuis 2013, est spécialiste des questions de répression et de déportation. Il est aujourd’hui membre du comité scientifique de la Fondation de la Résistance et président du comité scientifique pour le projet de rénovation du Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne-Royallieu.

Jean-François Monnet a travaillé sur ce projet pour ce qui concerne les déportés ayant un lien avec l’Oise (naissance, résidence ou arrestation).

Ce travail colossal a mobilisé près de 70 auteurs répartis dans chaque région de France. L’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti signe la préface : son grand-père et deux de ses grands-oncles, antifascistes italiens des mines de Lorraine, ont été déportés à Dora. Jean-François Monnet nous expliquera qu’un de ses oncles a lui aussi été déporté à Dora et que en faisant des recherches sur le parcours de cet oncle qu’il n’a pas connu, il s’est impliqué très fort dans l’histoire de la déportation et devenu, entre autres responsabilités, président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Oise.

L’ouvrage impressionne d’abord par ses dimensions : 2600 pages, 4,2 kg, 3000 photos, 9000 notices biographiques ! Il comporte aussi des articles sur les différents aspects de ce camps de Dora, surnommé par les premiers déportés qui y arriveront « L’enfer de Dora ».

Avec la conférence de Laurent Thiery, c’est tout le fonctionnement de ce camp qui nous ai expliqué et on comprend que ce projet nécessaire et très émouvant en tant que travail de mémoire va beaucoup plus loin et analyse l’ensemble du système nazi.

Cette conférence a été aussi l’occasion de remettre aux familles de déportés à Dora de la région de Creil un exemplaire numéroté du livre : un geste qui associe les familles (petits-enfants ou petits-neveux) à cet immense travail ! Et qui a été un moment d’émotion et d’hommage partagé par toutes les personnes présentes. A l’appel de chaque nom de déporté, la directrice de la médiathèque et Jean-François Monnet ont lu, à tour de rôle, un résumé de la notice le concernant ; et parfois, la petite-fille, le petit-neveu corrigeait un nom, une date…

Cette conférence a été aussi présentée à une classe du Lycée Jules Uhry de Creil : ce travail avec les jeunes et les professeurs fait partie intégrante du projet.

Et ce livre pour imposant qu’il soit n’en est qu’une étape ! Une exposition et un site sont aussi prévus.

Ces conférences sont faites d’abord pour remettre le livre aux familles des déportés de Dora. Nous vous encourageons à y assister si vous avez la chance d’en découvrir une près de chez vous !

Nous n’avons pas eu l’idée de faire des photos ! Si la médiathèque nous en envoie (la demande vient de partir) nous les mettrons sur ce blog.

En février et mars : autour de la préparation du Concours national de la Résistance et de la Déportation – Et des nouvelles d’un musée ardéchois

Le thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2021-2022 est  » La fin de la guerre. Les opérations, les répressions, les déportations et la fin du IIIe Reich (1944-1945) « .

Ce concours est ouvert aux collégiens de 3ème et aux lycéens en France et à l’étranger, depuis 1961.

Dans l’Oise, l’AOCNRD (Association pour l’Organisation du Concours National de la Résistance et de la Déportation) regroupe plusieurs associations dont l’ANACR-Oise avec l’objectif d’aider les élèves et les professeurs dans la préparation du concours. Elle a un blog que vous pouvez consulter en cliquant ICI.

En novembre 2021, puis le 19 janvier, des activités ont été proposées

Et en février et mars, vous pouvez participer à :

Voici des nouvelles du musée de la Résistance et de la Déportation en Ardèche, créé en 1992 par d’anciens résistants ardéchois. Et son adresse : 15 rue du travail 07400 LE TEIL ; peut-être une étape sur la route des vacances ?

LE TEIL (que nous ne sommes sans doute pas très nombreux à situer) est dans le sud de l’Ardèche, au bord du Rhône.

Aujourd’hui, dans la cathédrale de Senlis, un très bel hommage à Jacqueline Leroy

Six porte-drapeaux dont un britannique et un américain et beaucoup de fleurs, pour le dernier adieu à Jacqueline Leroy dont le cercueil était recouvert du drapeau français.

Deux intervenants ont évoqué le rôle si important que Jacqueline Leroy (Cabre de son nom de jeune-fille, LA CABRETTE pour la Résistance) a assumé à 18 ans !

Alain Blanchard, vice-président de l’ANACR-Oise, s’est exprimé au nom de notre association :

Mesdames et Messieurs,

Le décès de Jacqueline Leroy, le 13 décembre a suscité une forte émotion, parmi les membres de sa famille et au-delà parmi celles et ceux nombreux, qui la connaissaient, mais aussi au coeur de cette ville de Senlis et dans notre association, de l’ANACR Oise

Jacqueline Leroy, Résistante de Senlis, était adhérente de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance, au nom de la quelle je m’exprime devant vous ce jour, en ce lieu remarquable de la cathédrale Notre Dame, tant lié, comme l’était Mme Leroy, à l’histoire de cette ville de Senlis.

Jusqu’à très peu de temps, elle participait au travail de transmission de la mémoire de la Résistance, en témoignant auprès des jeunes.

Jacqueline Cabre épouse Leroy est née le 28 février 1924 à Paris Cinquième. Mais l’essentiel de sa vie et de ses engagements étaient ici même sur le territoire de Senlis. Elle est entrée dans la Résistance le 1er février 1943 à l’âge de 18 ans, elle était de cette jeunesse ; oh combien courageuse, à qui nous devons tant aujourd’hui encore. Elle était de ces jeunes femmes téméraires et volontaires, qui ont forgé l’histoire de la Résistance.

Elle est entrée au Front National de la Libération, sous-secteur de Senlis, sous le matricule 4313 et le pseudonyme de Cabrette.

Son chef de secteur était André Decatoire, Jules Fossiez son chef de sous-secteur, René Charpentier son chef de groupe, tous les trois Résistants Senlisiens.

Elle a participé à la fabrication de plusieurs centaines de fausses cartes d’identité. Elle a également distribué des tracts et des journaux clandestins comme « Le Patriote de l’Oise » après le couvre-feu, prenant le prétexte de promener sa petite chienne.

Le 5 ou 6 mai 1944, avec son chef de groupe, elle a transporté deux mitraillettes Sten récupérées par Mme Herlin de Chantilly.

En tant qu’agent de liaison, elle a participé au convoyage de sept aviateurs américains le 10 mars 1944, effectué une mission de repérage sur le terrain d’aviation de Chamant.

Avec sa mère et sa grand-mère Rolande et Jeanne Pennequin, elle a hébergé deux soldats anglais du 25 juillet au 31 août 1944.

En juillet 1944, prévenue qu’un convoi de détenus était enfermé dans un car en panne près de Senlis, elle est partie avec 2 employés du Secours National à vélo pour leur apporter du secours. Arrêtées par les Allemands, elles ont été interrogées durant 4 heures.

Deux soldats américains étaient alors cachés dans les locaux du Secours National.

Ces faits lui ont valu, ainsi qu’à sa mère plusieurs reconnaissances : un diplôme du Président américain Eisenhower, un diplôme anglais du Chef Marschall Commandeur de l’Expeditionary Force en 1945, un diplôme Air Force Escape Evasion en 1985 de la part du président américain Reagan, un diplôme signé du Ministre des anciens combattants et victimes de guerres Pierre Pasquini, portant le Titre de Reconnaissance de la Nation.

Elle est titulaire de la carte de combattante volontaire de la Résistance

Reconnaissance suprême de notre République, le samedi 23 mars 2019, Jacqueline Leroy recevait les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, des mains du général de brigade aérienne Patrick Jelensperger dans le grand salon de l’hôtel de ville de Senlis en présence de sa famille et de ses amis, de Mme le maire de Senlis, des personnalités locales et territoriales.

Mais également de représentants des pays alliés États-Unis, Angleterre et Russie venus avec également leurs porte-drapeaux rappeler les services très importants que Jacqueline Leroy, alors toute jeune fille, a rendu aux alliés.

Une belle personne par ses valeurs, ses engagements, le sens de sa vie, ses sacrifices, nous quitte. Nous adressons, à ses enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants, arrière-arrière-petits-enfants, à toute sa famille, à ses proches, à son ami Christian Lucas, dernier compagnon de la Résistance senlisienne, nos sincères sentiments attristés et notre compassion. Je vous remercie.

Alain Blanchard

Vice-président de l’ANACR Oise

C’est ensuite Madame Anne-Marie Soudet qui a lu en anglais un message au nom des aviateurs qui furent sauvés par Jacqueline Leroy :

2021 12 21 eulogy
Jacqueline, vous faites partie des « femmes de la Résistance » répertoriées par Marguerite Rossiter
venue en France pour rédiger et publier sa thèse en 1986 « Women in the resistance ». En 1944 vous
travailliez au 31 de la rue du Châtel, vous et ma mère comme secrétaires du « Secours National », et
aviez pu convaincre sa directrice Marguerite Grognier à loger, nourrir, cacher donc de jeunes pilotes
américains abattus par la Flak allemande. Ils devaient attendre de longs jours désespérants, ne
devaient faire aucun bruit de crainte d’être entendus, jusqu’à ce qu’il fût possible de les conduire en
lieu sûr par un réseau fiable : Jonathan Pearson EE 1063, Thomas Yankus, Edward Peterson, Heyward
Claude Spinks EE 963, Thomas H Ruark EE 995, Claude Kelly ,Fred Gleason des Etats Unis, Chalise
Podeladzi, Yvan Sabouroft, Wassili Kopeikin de Russie, Allie Gassen et Cecil Johannis d’Afrique du Sud.
Malgré la gravité de la situation vous avez su rester gaie, enjouée, audacieuse, optimiste en dépit des
risques encourus.
Certains de ces soldats ont pu revenir vous témoigner leur reconnaissance et vous les avez reçus : en
64, 76, 85, 99, 2004, 2014,2016…..aujourd’hui d’une une petite ville de Floride Thomas Yankus, bientôt
âgé de 99 ans se joint à notre prière pour vous redire merci.
Anne-Marie Soudet- Declercq

Pour télécharger le texte en anglais merci de cliquer ICI

La mère d’Anne-Marie Soudet était secrétaire avec Jacqueline au Secours national : dans le témoignage de  René Charpentier publié par l’ANACR, il parle de  « Mademoiselle Thomas devenue épouse Declercq » qui a  reçu un diplôme au nom du président des Etats-Unis, signé Eisenhower ; le même diplôme a aussi été attribué à Mlle Gronier, à Jacqueline Leroy, sa mère Rolande et sa grand-mère Jeanne Pennequin, à M et Mme Creteur, à Jules Fossiez et à René Charpentier. C’est avec Melle Thomas que Jacqueline a demandé à Mlle Gronier qui dirigeait le Secours national de Senlis de cacher dans les locaux du Secours national les deux premiers aviateurs que le groupe de Senlis allait sauver ! Jonathan Pearson et Thomas Yankus (encore en vie) étaient cachés chez M. et Mme Creteur mais dans des conditions difficiles et dangereuses puisque le gendre de M. et Mme Creteur qui était juif se cachait aussi chez eux… C’est M. Creteur qui était allé les récupérer à Villeneuve-sous-Verberie (il pouvait circuler avec une camionnette des Ponts et Chaussées où il était sans doute employé). Et rappelons que le Secours national avait été créé en 1914, réactivé en octobre 1939, et mis sous l’autorité directe de Pétain par un décret du 4 octobre 1940 pour porter aide aux sinistrés ; une structure qui semble avoir été un point de ralliement des Résistants de Senlis !

Ces deux premiers aviateurs (et peut-être les autres) ont été pris en charge par le réseau Comète : vous pouvez lire leur parcours complet en cliquant ICI.

La maire de Senlis était présente ainsi que de nombreux membres de l’ANACR-Oise dont Christian Lucas dont l’amitié avec Jacqueline Leroy date de la Résistance : il n’avait que 14 ans et, avec son camarade Jean-Pierre Wable du même âge, fin juillet et début août 1944, ils récupéraient des armes directement dans les camions allemands stationnés près de la gare avant de rejoindre le front de Normandie. ILs se promenaient avec chacun un étui à violon qu’ils remplissaient peu à peu de pistolets, grenades et même de mitraillettes !

Ces informations sont extraites du N°2 de notre revue Pages de la Résistance : Souvenirs de jeunesse, la guerre 1939-1945, la Résistance par René Charpentier (publié en 2004)

La protestation de l’ANACR-Oise contre la fermeture du musée de la Résistance de Romans-sur-Isère

Le musée de la Résistance de Romans-sur-Isère, installé dans des locaux de la ville a été fermé par la maire de Romans. Nous avions publié sur ce blog le 13 octobre la motion de l’ANACR nationale s’indignant comme nous de cette décision : pour retrouver cet article et le lien pour signer la pétition Merci de cliquer ICI.

Le 14 décembre la présidente de l’ANACR-Oise a écrit au maire de Romans-sur-Isère pour lui dire notre indignation. Voici ce texte que vous pouvez aussi télécharger en CLIQUANT sur le lien qui est plus bas:

Jacqueline Leroy nous a quittés le 13 décembre

Nous avons appris avec beaucoup d’émotion le décès de Jacqueline Leroy le 13 décembre. Elle avait 97 ans et les obsèques auront lieu le mardi 21 décembre 2021 à 10h en la cathédrale de Senlis. L’ANACR-Oise y sera présente pour s’associer à l’hommage qui lui sera rendu.

Jacqueline Leroy, Résistante de Senlis, était adhérente de l’ANACR et jusqu’à très peu de temps, participait au travail de mémoire en témoignant auprès des jeunes. La profanation du Mont-Valérien commise presqu’au moment de sa mort l’aurait profondément bouleversée comme elle nous bouleverse et nous indigne ! Vous pouvez lire le communiqué de l’ANACR nationale en cliquant ICI . Jacqueline Leroy aurait certainement voulu que nous fassions connaître très vite cette prise de position.

Voici la biographie tirée de notre revue Pages de la Résistance N° 28-29 Des femmes résistantes dans l’Oise :

Jacqueline Cabre épouse Leroy est née le 28 février 1924 à Paris V. Elle est entrée dans la Résistance le 1er février 1943 au Front National de la Libération, sous-secteur de Senlis, sous le matricule 4313 et le pseudonyme de Cabrette. (Carte CVR n°197301). Son chef de secteur était André Decatoire et Fossiez chef de sous-secteur, René Charpentier était son chef de groupe. Elle a participé à la fabrication de plusieurs centaines de fausses cartes d’identité. Elle a également distribué des tracts et des journaux clandestins comme « Le Patriote de l’Oise » après le couvre-feu, prenant le prétexte de promener une petite chienne. (Ce qui lui a servi lors de son arrestation par une patrouille et son interrogatoire pendant plus d’une heure dans une annexe de la Kommandantur avant d’être relâchée.) Le 5 ou 6 mai 1944, avec son chef de groupe, elle a transporté deux mitraillettes Sten récupérées par Mme Herlin de Chantilly. En tant qu’agent de liaison, elle a participé au convoyage de sept aviateurs américains le 10 mars 1944, effectué une mission de repérage sur le terrain d’aviation de Chamant. Avec sa mère et sa grand-mère Rolande et Jeanne Pennequin, elle a hébergé deux soldats anglais du 25 juillet au 31 août 1944. Ces faits lui ont valu, ainsi qu’à sa mère plusieurs reconnaissances : un diplôme du Président américain Eisenhower, un diplôme anglais du Chef Marschall Commandeur de l’Expeditionary Force en 1945, un diplôme Air Force Escape Evasion en 1985 de la part du président américain Reagan, un diplôme TRN Pierre Pasquini et un diplôme du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants. En juillet 1944, prévenue qu’un convoi de détenus était enfermé dans un car en panne près de Senlis, elle est partie avec 2 employés du Secours National à vélo pour leur apporter du secours. Arrêtées par les Allemands, elles ont été interrogées durant 4 heures. Deux soldats américains étaient cachés dans les locaux du Secours National. (Livre d’Or de la Centurie collection « mémoires de France »).

25 mai 2016 : autour de la Journée de la Résistance, au collège des Bourgognes, Jacqueline Leroy à la rencontre une classe de Mathilde Marguerit
28 août 2019 : Jacqueline Leroy et Christian Lucas à la commémoration de la Libération de Senlis

L’adieu à Paul Cesbron

C’était samedi dernier, le 23 octobre qu’ont eu lieu les obsèques de Paul Cesbron.

Paul Cesbron n’était pas adhérent de l’ANACR-Oise mais il soutenait nos objectifs : nous l’avions vu sur notre stand au Carnaval des Possibles le 26 septembre dernier, à Saint-Leu d’Esserent …

La foule était très nombreuse au cimetière du Plessis-Pommeraye de Creil pour dire un dernier adieu à Paul Cesbron. La famille bien sûr, mais aussi, jeunes et moins jeunes, ses camarades, ses collègues, sans doute beaucoup de ceux pour lesquels il a lutté, migrants sans papiers, femmes dans leur rôle de mère, femmes dans leur droit à refuser d’être mère,…
Dans son discours, le maire socialiste de Creil a évoqué l’ami et l’adversaire que Paul Cesbron a été : dans les campagnes électorales, au conseil municipal dans la lutte pour la défense de la maternité de Creil… Un ami ou un adversaire, estimé et admiré pour son engagement et pour sa bienveillance. Car Paul Cesbron, militant communiste convaincu et enthousiaste, gynécologue reconnu,  défendait ses idées avec énergie et compétence mais était toujours attentif aux idées de ses interlocuteurs, respectueux de leur liberté de pensée… 

L’hommage s’est poursuivi pendant plus de deux heures à la Faïencerie avec de très nombreux intervenants dont les sages-femmes, Karim Bouchaka pour le parti communiste, la coordination nationale pour la défense de l’hôpital public, une historienne pour la « Société de l’histoire de la naissance » créée par Paul Cesbron, une intervenante pour la Défense des droits des Femmes de leurs libertés de choix, des migrants qu’il a soutenu pendant des années.

Ses petits enfants, sa fille Florence et son épouse Yvette sont intervenus.

Yvette Cesbron a clôturé les hommages en très peu de mots et elle a lancé « que la lutte continue ».

La foule à la Faïencerie
Michel Pen rend hommage à l’engagement de Paul Cesbron dans la défense de l’hôpital public
La famille et les amis de Paul Cesbron chantent « La tendresse »

« Paul Cesbron, médecin et humaniste » c’est ainsi que commence l’article que le journal l’Humanité qui annonce son décès : vous pouvez le télécharger en cliquant ICI.

L’ANACR-Oise salue la mémoire de Paul Cesbron et présente ses sincères condoléances à sa famille.

Pour la réouverture du musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère : on a besoin de vous !

Le 9 octobre se tenait, à Moras-en-Valloire, le congrès départemental de l’ANACR- Drôme (26) la lutte contre la disparition du musée de Romans-sur-Isère voulue par la municipalité a été bien sûr à l’ordre du jour. Voici la motion publiée par l’ANACR de la Drôme :

MOTION POUR LE MAINTIEN DU MUSÉE DE LA RÉSISTANCE EN DRÔME ET DE LA DÉPORTATION DE ROMANS-SUR-ISÈRE

D’anciens Résistants et Déportés ont créé, en 1974, un Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation, à Romans, qui a été rénové en 1994. Sa présentation rend bien compte de la montée du nazisme en Europe, de la guerre, de l’armistice de 1940, de la Résistance mais aussi de la vie pendant l’occupation, de la répression et de la Déportation.

Plus de 70 ans après le fin du conflit, les témoins disparaissant inéluctablement, il est nécessaire de perpétuer l’histoire de cette période. C’est l’objectif que s’étaient fixés les 22 fondateurs, membres de l’ANACR, de la FNDIRP et des Pionniers du Vercors..

Or la municipalité de Romans a fermé le Musée ainsi que son site internet. Pour le remplacer, elle propose un nébuleux musée itinérant composé d’expositions temporaires.

De nombreuses protestations se sont exprimées. Une pétition ayant rassemblé 25 000 signatures montre bien la large opposition à cette décision.

Même si ce Musée nécessite une rénovation s’appuyant sur les nouvelles techniques muséographiques, il doit demeurer dans l’Espace Visitation avec le Musée de la Chaussure et recevoir les milliers de visiteurs et les scolaires de la région.

Sa fermeture est un affront aux nombreuses victimes et aux Résistants et Déportés fondateurs du Musée.

Le congrès départemental de l’ANACR-Drôme, réuni le 9 octobre 20121 à Moras-en-Valloire, exige la réouverture du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation et son maintien dans l’Espace Visitation.

Un dossier très complet a été joint à cette motion ; vous pouvez le télécharger en cliquant ICI : y sont évoqués la période de l’Occupation et de la Libération autour de Romans-sur-Isère, la création du musée en 1974 dans une salle du musée de la ville, en 1994 le musée de la Résistance s’étend à la Déportation, en 199 il bénéficie de plus de locaux dans la ville et en 2000 une convention est signée avec la municipalité (convention toujours active et non respectée par la décision de la municipalité), en 2004 création de leur site, en 2009 prise en charge du musée par la ville et création d’un Conseil scientifique chargé de contrôler et d’aider la municipalité dans cette prise en charge, et… en janvier 2021 l’annonce du projet de la municipalité, en avril 2021 création d’un « Comité de défense et de développement du Musée de le Résistance en Drôme et de la Déportation », en mai alors que des enfants de Résistants disparus rejoignent le Comité et que les musées de France, y compris le musée de la chaussure de Romans-sur-Isère sortent du confinement, le musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère disparait complètement !

La lutte pour le retour du musée s’organise ; une pétition a recueilli 25000 signatures (internet et papier)

vous pouvez signer la pétition ICI !