Jacqueline Leroy nous a quittés le 13 décembre

Nous avons appris avec beaucoup d’émotion le décès de Jacqueline Leroy le 13 décembre. Elle avait 97 ans et les obsèques auront lieu le mardi 21 décembre 2021 à 10h en la cathédrale de Senlis. L’ANACR-Oise y sera présente pour s’associer à l’hommage qui lui sera rendu.

Jacqueline Leroy, Résistante de Senlis, était adhérente de l’ANACR et jusqu’à très peu de temps, participait au travail de mémoire en témoignant auprès des jeunes. La profanation du Mont-Valérien commise presqu’au moment de sa mort l’aurait profondément bouleversée comme elle nous bouleverse et nous indigne ! Vous pouvez lire le communiqué de l’ANACR nationale en cliquant ICI . Jacqueline Leroy aurait certainement voulu que nous fassions connaître très vite cette prise de position.

Voici la biographie tirée de notre revue Pages de la Résistance N° 28-29 Des femmes résistantes dans l’Oise :

Jacqueline Cabre épouse Leroy est née le 28 février 1924 à Paris V. Elle est entrée dans la Résistance le 1er février 1943 au Front National de la Libération, sous-secteur de Senlis, sous le matricule 4313 et le pseudonyme de Cabrette. (Carte CVR n°197301). Son chef de secteur était André Decatoire et Fossiez chef de sous-secteur, René Charpentier était son chef de groupe. Elle a participé à la fabrication de plusieurs centaines de fausses cartes d’identité. Elle a également distribué des tracts et des journaux clandestins comme « Le Patriote de l’Oise » après le couvre-feu, prenant le prétexte de promener une petite chienne. (Ce qui lui a servi lors de son arrestation par une patrouille et son interrogatoire pendant plus d’une heure dans une annexe de la Kommandantur avant d’être relâchée.) Le 5 ou 6 mai 1944, avec son chef de groupe, elle a transporté deux mitraillettes Sten récupérées par Mme Herlin de Chantilly. En tant qu’agent de liaison, elle a participé au convoyage de sept aviateurs américains le 10 mars 1944, effectué une mission de repérage sur le terrain d’aviation de Chamant. Avec sa mère et sa grand-mère Rolande et Jeanne Pennequin, elle a hébergé deux soldats anglais du 25 juillet au 31 août 1944. Ces faits lui ont valu, ainsi qu’à sa mère plusieurs reconnaissances : un diplôme du Président américain Eisenhower, un diplôme anglais du Chef Marschall Commandeur de l’Expeditionary Force en 1945, un diplôme Air Force Escape Evasion en 1985 de la part du président américain Reagan, un diplôme TRN Pierre Pasquini et un diplôme du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants. En juillet 1944, prévenue qu’un convoi de détenus était enfermé dans un car en panne près de Senlis, elle est partie avec 2 employés du Secours National à vélo pour leur apporter du secours. Arrêtées par les Allemands, elles ont été interrogées durant 4 heures. Deux soldats américains étaient cachés dans les locaux du Secours National. (Livre d’Or de la Centurie collection « mémoires de France »).

25 mai 2016 : autour de la Journée de la Résistance, au collège des Bourgognes, Jacqueline Leroy à la rencontre une classe de Mathilde Marguerit
28 août 2019 : Jacqueline Leroy et Christian Lucas à la commémoration de la Libération de Senlis

L’adieu à Paul Cesbron

C’était samedi dernier, le 23 octobre qu’ont eu lieu les obsèques de Paul Cesbron.

Paul Cesbron n’était pas adhérent de l’ANACR-Oise mais il soutenait nos objectifs : nous l’avions vu sur notre stand au Carnaval des Possibles le 26 septembre dernier, à Saint-Leu d’Esserent …

La foule était très nombreuse au cimetière du Plessis-Pommeraye de Creil pour dire un dernier adieu à Paul Cesbron. La famille bien sûr, mais aussi, jeunes et moins jeunes, ses camarades, ses collègues, sans doute beaucoup de ceux pour lesquels il a lutté, migrants sans papiers, femmes dans leur rôle de mère, femmes dans leur droit à refuser d’être mère,…
Dans son discours, le maire socialiste de Creil a évoqué l’ami et l’adversaire que Paul Cesbron a été : dans les campagnes électorales, au conseil municipal dans la lutte pour la défense de la maternité de Creil… Un ami ou un adversaire, estimé et admiré pour son engagement et pour sa bienveillance. Car Paul Cesbron, militant communiste convaincu et enthousiaste, gynécologue reconnu,  défendait ses idées avec énergie et compétence mais était toujours attentif aux idées de ses interlocuteurs, respectueux de leur liberté de pensée… 

L’hommage s’est poursuivi pendant plus de deux heures à la Faïencerie avec de très nombreux intervenants dont les sages-femmes, Karim Bouchaka pour le parti communiste, la coordination nationale pour la défense de l’hôpital public, une historienne pour la « Société de l’histoire de la naissance » créée par Paul Cesbron, une intervenante pour la Défense des droits des Femmes de leurs libertés de choix, des migrants qu’il a soutenu pendant des années.

Ses petits enfants, sa fille Florence et son épouse Yvette sont intervenus.

Yvette Cesbron a clôturé les hommages en très peu de mots et elle a lancé « que la lutte continue ».

La foule à la Faïencerie
Michel Pen rend hommage à l’engagement de Paul Cesbron dans la défense de l’hôpital public
La famille et les amis de Paul Cesbron chantent « La tendresse »

« Paul Cesbron, médecin et humaniste » c’est ainsi que commence l’article que le journal l’Humanité qui annonce son décès : vous pouvez le télécharger en cliquant ICI.

L’ANACR-Oise salue la mémoire de Paul Cesbron et présente ses sincères condoléances à sa famille.

Pour la réouverture du musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère : on a besoin de vous !

Le 9 octobre se tenait, à Moras-en-Valloire, le congrès départemental de l’ANACR- Drôme (26) la lutte contre la disparition du musée de Romans-sur-Isère voulue par la municipalité a été bien sûr à l’ordre du jour. Voici la motion publiée par l’ANACR de la Drôme :

MOTION POUR LE MAINTIEN DU MUSÉE DE LA RÉSISTANCE EN DRÔME ET DE LA DÉPORTATION DE ROMANS-SUR-ISÈRE

D’anciens Résistants et Déportés ont créé, en 1974, un Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation, à Romans, qui a été rénové en 1994. Sa présentation rend bien compte de la montée du nazisme en Europe, de la guerre, de l’armistice de 1940, de la Résistance mais aussi de la vie pendant l’occupation, de la répression et de la Déportation.

Plus de 70 ans après le fin du conflit, les témoins disparaissant inéluctablement, il est nécessaire de perpétuer l’histoire de cette période. C’est l’objectif que s’étaient fixés les 22 fondateurs, membres de l’ANACR, de la FNDIRP et des Pionniers du Vercors..

Or la municipalité de Romans a fermé le Musée ainsi que son site internet. Pour le remplacer, elle propose un nébuleux musée itinérant composé d’expositions temporaires.

De nombreuses protestations se sont exprimées. Une pétition ayant rassemblé 25 000 signatures montre bien la large opposition à cette décision.

Même si ce Musée nécessite une rénovation s’appuyant sur les nouvelles techniques muséographiques, il doit demeurer dans l’Espace Visitation avec le Musée de la Chaussure et recevoir les milliers de visiteurs et les scolaires de la région.

Sa fermeture est un affront aux nombreuses victimes et aux Résistants et Déportés fondateurs du Musée.

Le congrès départemental de l’ANACR-Drôme, réuni le 9 octobre 20121 à Moras-en-Valloire, exige la réouverture du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation et son maintien dans l’Espace Visitation.

Un dossier très complet a été joint à cette motion ; vous pouvez le télécharger en cliquant ICI : y sont évoqués la période de l’Occupation et de la Libération autour de Romans-sur-Isère, la création du musée en 1974 dans une salle du musée de la ville, en 1994 le musée de la Résistance s’étend à la Déportation, en 199 il bénéficie de plus de locaux dans la ville et en 2000 une convention est signée avec la municipalité (convention toujours active et non respectée par la décision de la municipalité), en 2004 création de leur site, en 2009 prise en charge du musée par la ville et création d’un Conseil scientifique chargé de contrôler et d’aider la municipalité dans cette prise en charge, et… en janvier 2021 l’annonce du projet de la municipalité, en avril 2021 création d’un « Comité de défense et de développement du Musée de le Résistance en Drôme et de la Déportation », en mai alors que des enfants de Résistants disparus rejoignent le Comité et que les musées de France, y compris le musée de la chaussure de Romans-sur-Isère sortent du confinement, le musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère disparait complètement !

La lutte pour le retour du musée s’organise ; une pétition a recueilli 25000 signatures (internet et papier)

vous pouvez signer la pétition ICI !

Martha Desrumaux à l’honneur dans une exposition à Lille

Lille est peut-être un peu loin pour les habitants de l’Oise mais Martha Desrumaux, syndicaliste, Résistante, déportée à Ravensbrück, militante des droits des femmes, élue à la municipalité de Lille en 1945 puis députée, mérite vraiment d’être connue et honorée. C’est l’association des Ami-e-s de Martha Desrumaux qui milite pour son entrée au Panthéon nous annonce cette exposition et pour notre part nous vous rappelons qu’une pétition est toujours ouverte pour soutenir cette demande ou plutôt cette exigence ! Merci de cliquer ICI pour signer la pétition.

Voici l’invitation à l’exposition et la marche à suivre pour assister au vernissage.

Aux Ami.e.s de Martha Desrumaux,
L’association Les Ami.e.s de Martha Desrumaux a le plaisir de vous annoncer l’exposition :Martha Desrumaux et la lutte des Femmes 
qui se tiendra au Palais Rihour de LillePlace Rihour (à côté de l’Office de tourisme)du 15 au 22 octobre 2021de 13 h30 à 17 h30
Cette exposition rassemble des œuvres de plasticiens connus et inconnus qui ont souhaité mettre en valeur Martha Desrumaux et les combats féministes des femmes du monde entier.Quelques noms des créatrices et créateurs parmi lesquels l’affichiste Ernest Pignon-Ernest, le céramiste Gilles Fromenteil, la peintre Paquita Arrenz-Traoré, la plasticienne Sylvine Dauchet, le sculpteur Pierre Sommé, le peintre suédois Roine Jansson, Sylviane Pied, le peintre Assan Zarrou, le sculpteur Joël Sadaune, la photographe Aither Toussaint, l’artiste Fred Dewaele, Lina Cardon, Pierre Charret, Édouard Courtois, Bénédicte Lefeuvre, Montalpin, Nina Parra d’Évenos, Amaria Sedrini de Comines, Jeanne Smith, Mathias Wattelle, Assan Zarrou…
Le vernissage de cette exposition aura lieu le lundi 18 octobre à 15 h sous la présidence de Martine Aubry, maire de Lille.(la jauge étant limitée, merci de vous inscrire : lesami.e.sdemarthadesrumaux@orange.fr)
Rappelons que le 18 octobre est la date anniversaire de naissance de Martha Desrumaux (1897-1982).

Dimanche 26 septembre, l’ANACR-Oise était au CARNAVAL DES POSSIBLES à Saint-Leu d’Esserent.

Le carnaval des possibles est un moment festif, de partage, d’échanges, de rencontres, de découvertes pour produire et consommer autrement ensemble.
Face à l’urgence climatique et sociale, l’idée est de montrer que d’autres alternatives dites « de transition » sont possibles.

Cette année encore et ce dimanche, le Carnaval des possibles a permis de rassembler près de 2000 personnes à la Base de Loisirs de Saint Leu d’Esserent.

L’ANACR-Oise y tenait son stand, avec une exposition consacrée au Conseil National de la Résistance et son programme « Les jours heureux ». Les avancées sociales inédites et fortes du programme du CNR prenaient toute leur place dans les objectifs de cette manifestation. Mais aussi la question de la Paix, le refus des guerres et des conflits, si destructrices de notre environnement. Les Résistants et Résistantes, leurs sacrifices et leurs combats n’étaient-ils pas aussi des écologistes ?

Sur le stand étaient présentés également les documents consacrés à la Résistance dans l’Oise que l’association édite régulièrement.

Hélène, Céline avec sa fille et Alain ont animé la vie du stand de l’ANACR-Oise tout au long de cette belle journée et de ses belles rencontres.

Ce dimanche 26 septembre, l’ANACR-Oise sera présente à Saint-Leu d’Esserent pour le Carnaval des Possibles !

Venez profiter du programme très riche qui vous est proposé pour ce dimanche ! Et venez nous rencontrer sur notre stand, dans le « Village Solidarités » ! est

Pour télécharger le programme détaillé, merci de cliquer ICI et pour le programme par tranches horaires, merci de cliquer ICI

Retour sur des cérémonies récentes : Libération de Montataire et de Saint-Leu d’Esserent, souvenir de Maurice Delaigue, hommage à Paul Morel

Voici un peu tardivement un retour sur des évènements auxquels l’ANACR-Oise a participé :

Tout d’abord quelques photos des cérémonies tenues à l’occasion de l’anniversaire de la Libération de Montataire le 29 août et de la Libération de Saint-Leu d’Esserent le 31 août ; Alain Blanchard y a représenté l’ANACR-Oie et a déposé à chaque fois des fleurs devant chaque monument aux morts

à Saint-Leu d’Esserent

Les amis de Maurice Delaigue ont mis sur le blog Coye29.com deux hommages (de Jacqueline Chevallier et Marie-Louise Barnier) et beaucoup de photos ; le dernier livre de Maurice Delaigue La Norine, écrit pendant le confinement est paru et il a pu le tenir en main. On peut l’obtenir sur internet.

Enfin voici le texte lu par Véronique Decayeux, au nom de l’ANACR-Oise, le 4 septembre dernier au cours de la cérémonie d’hommage à Paul Morel qui s’est déroulée à Clermont :

 » Bonjour à toutes et à tous.

Je vais vous dire un petit mot au nom de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance), message qui reprend en bonne partie celui que j’avais écrit en hommage lors du décès de Paul.

Paul Morel avait la carte et la Croix du Combattant volontaire de la Résistance, l’insigne FFI n°1356 et était membre de la Royal Air Force Escaping Society. Il était également Président d’honneur de l’ANACR Oise. Sa modestie aurait souffert de ce que je souligne ici.

Nous n’oublierons pas Paul Morel.

C’est un personnage chaleureux, d’une grande gentillesse, d’une extrême discrétion et combattant de la Mémoire qui nous a quittés le 6 janvier 2021. Il avait dit à Patricia Susset, membre de l’ANACR : « j’irai jusqu’à mes 100 ans » : pari tenu. Il avait beaucoup d’humour : Paul était né le 25 août 1919 à 18h30, l’heure de l’apéro et comme il l’avait écrit dans « Les pages de la Résistance » (n° 8 de décembre 2007), il était « un pur produit de l’Armistice du 11 novembre 1918 ».

Comme beaucoup de familles françaises, la sienne avait été très éprouvée lors de la « Grande guerre ». Ses convictions patriotiques l’amenèrent à s’engager au début de 1940 pour « faire son devoir ».

Paul Morel écrit « dès les premiers jours (après sa démobilisation), j’ai du mal à supporter cette chape de plomb, l’occupation nazie qui nous écrase ; je veux REAGIR, on ne disait pas encore résister ».

Les parents de Paul tenaient un café-épicerie dans le hameau de Giencourt, commune de Breuil-Le-Vert : ils étaient Résistants, d’ailleurs une des dernières sorties de Paul fut lors de l’inauguration d’une rue au nom d’Alice Florençon épouse Morel, sa mère. Celle-ci, engagée dans la Résistance, cachait des aviateurs alliés tombés dans le secteur. Une des tantes de Paul, Madame Florençon, sa cousine Renée (agent de liaison) résistaient également.

Je ne vais pas paraphraser son témoignage paru dans la plaquette citée plus haut. Je vais simplement, en utilisant quelques passages de ses écrits, reprendre l’attestation que Georges Jauneau a établie pour Paul lorsque celui-ci a demandé une Carte de Combattant Volontaire de la Résistance bien méritée et obtenue.

Georges Jauneau était un des dirigeants du Front National, Chef du détachement FTP Jacques Bonhomme et il dit :

« Fin de l’année 1941, Monsieur Morel est l’artisan d’une audacieuse récupération d’armes sur un soldat allemand, puis d’un transport d’armes effectué par lui et un de ses camarades, Monsieur Couanon et dont le bénéficiaire fut Monsieur Oudin, responsable du Mouvement Front National- FTPF pour le secteur de Clermont. Paul Morel est incorporé dans le groupe Oudin. Il se voit confier des missions de liaisons, de renseignements et de distributions de matériel de propagande anti-allemand. En 1942-1943 il procède au sabotage du transformateur haute-tension de l’entreprise Leclerc et Bessières de Clermont (où il travaille), réquisitionnée par les allemands et dont la production de baraques en bois est complètement interrompue pour plusieurs jours…

Requis pour le STO pour l’organisation TODT à Soissons, il s’évade et rentre reprendre ses activités. Il confectionne un très grand nombre de faux certificats de travail et de fausses cartes de travailleurs de force destinés aux réfractaires du secteur et remis à Monsieur Oudin.

Vers la fin de l’année 1943, deux parachutistes américains lui sont confiés par Mme Florençon de Rémerangles (sa tante). Il les héberge jusqu’à leur récupération par le réseau chargé de leur rapatriement. Paul les prend en charge et les héberge, notamment le lieutenant Stevens abattu à Pronleroy et le sergent Robinson abattu à Laversines.

Cependant, le chef du secteur, Monsieur Oudin ayant été arrêté par la Gestapo et le groupe momentanément dispersé, Monsieur Morel poursuit ses opérations de sabotages dans l’entreprise Leclerc et Bessières »…

Paul Morel selon ses souvenirs, est remis en contact avec la Résistance par l’intermédiaire d’un certain Meuric. Il intègre en fait (il le saura plus tard) l’OCM (chef G. Fleury) et fut répertorié au groupe Fémur dont le chef était Jean Farnault.

Dans le même temps, avec le concours de Mme Florençon, il récupère et héberge plusieurs parachutistes alliés. Là intervient un épisode qu’il m’a raconté et dont il s’est souvenu toute sa vie. Alors qu’il « ramenait » 2 aviateurs, un américain et un australien chez ses parents pour les cacher, le groupe voit au bout de la rue un barrage d’uniformes armés jusqu’aux dents. Impossible de faire demi- tour, le trio passe tranquillement entre 2 sentinelles qui les ignorent totalement. Les allemands devaient arrêter une voiture donc 3 cyclistes ne les intéressaient pas… Paul arrive trempé de la tête aux pieds, vidé de toute énergie…

Il eut la joie de revoir certains aviateurs et fut médaillé pour sa bravoure.

Paul participe à la libération de Clermont. Puis 2 jours plus tard il gagne Paris et se rengage dans l’armée de l’air et cela se termine le 8 mai 1945, sur la base de Saint-Dizier.

Voici pour son parcours de Résistant. Un beau palmarès.

Ce garçon courageux et tenace reprit des cours du soir et fit une belle carrière d’ingénieur. Il avait épousé Gisèle Le Meur en 1941 et eut trois enfants.

Ses mandats de conseiller municipal et maire d’Airion durèrent plus de 40 ans. Ça c’est de l’implication au service d’une population ! D’ailleurs, il a été fait chevalier de la légion d’Honneur en 2005 pour toutes ses actions menées au service de la vie locale, de l’association des donneurs de sang, de délégué départemental de l’Education nationale, porte drapeau, etc. Un véritable exemple et tout cela avec une grande humilité.

J’ai, pour ma part, connu Paul il y a plus de 25 ans par le biais du Concours National de la Résistance et de la Déportation, mais il était là dès le début de l’organisation de ce concours dans l’Oise. Il a pendant de très nombreuses années honoré et défendu ses camarades dans les associations comme l’ANACR et l’Association Oise pour le Concours de la Résistance et de la Déportation. Toujours présent dans ces deux structures jusqu’à ce que ses forces déclinantes l’en empêchent. Inlassable conteur de ses combats et de ceux de ses camarades, témoignant auprès des élèves de collèges et lycées préparant le concours, participant à la correction de leurs travaux. Que de bons moments passés ensemble. Quel exemple !

Non Paul, nous ne t’oublierons pas.

Véronique Decayeux. »

L’hommage à Paul Morel de la maire d’Airion le 4 septembre à Clermont

Voici le texte de l’intervention de Madame Sandrine BOULAZ-DRETZ, maire d’Airion, où vivait Paul Morel et où il fut longtemps conseiller municipal, puis maire et toujours porteur de la mémoire de la Résistance :

M. Paul MOREL est né le 25 août 1919 à Fitz-James, à deux pas d’Airion.

Il a grandi pendant l’après-Première Guerre, la crise de 1929 puis l’entrée de la France dans le conflit. Très vite, tout comme sa maman, il a pris les armes pour faire face à la barbarie et est entré en résistance.

Bien d’autres ici en parleront mieux que moi mais on ne peut pas comprendre Paul MOREL sans savoir qu’il avait 20 ans en 1939 et que cette époque a ensuite marqué sa vie d’homme, de père, d’élu.

Déjà imprégné de valeurs fortes comme la solidarité, la liberté, l’égalité, le patriotisme puisque sa mère elle-même a été résistante, puis élue – conseillère municipale de 1945 à 1959 à Breuil-le-Vert.

Paul MOREL est d’abord connu par les habitants d’aujourd’hui car il a effectué plus de 40 ans de mandat

  • – élection du 26 avril 1953,
  • – élection du 21 mars 1959,
  • – élection du 27 mars 1965,
  • – élection du 27 mars 1971,
  • – élection du 25 mars 1977,
  • – élection du 19 mars 1983 à la suite de laquelle il effectue son unique mandat de Maire,
  • – élection du 24 mars 1989 puis Maire Honoraire d’Airion depuis cette date.

Il est également membre du CCAS jusqu’en 2014 (95 ans).

Il s’investit particulièrement dans le devoir de mémoire – travail sur les Morts pour la France du village et mise en valeur des tombes, plantation d’un sapin aujourd’hui devenu grand dans le cimetière, l’écriture d’un livre mais aussi un recueil de toutes les délibérations du conseil municipal pendant ses années de mandat, recueil qu’il m’a remis en 1993 quand j’ai commencé à découvrir les charmes d’Airion puis à m’y établir en 1997.

Il ne se passait pas un jour sans que je ne croise Paul MOREL en vélo, puis à pied avec toujours le sourire, un mot gentil. Discret mais toujours présent, connaissant tout le monde sans jamais faire de l’ingérence chez chacun, une personne, que dis-je une famille bienveillante, dévouée aux autres puisque sa femme Gisèle, « infirmière », était tout aussi investie que lui pour faire le bien autour d’elle (soins, vaccin, etc.).

Quand on sait que le vélo lui a sauvé la vie, ainsi qu’à deux aviateurs, un américain et un australien, puisque les Allemands cherchaient une voiture avec trois personnes, je ne regrette pas le maigre cadeau qu’il a reçu pour son centième anniversaire, un vélo en métal que lui a remis Eric PRIEM, fils de Jacques PRIEM qui a œuvré au conseil municipal avec la même ardeur que Paul MOREL.

Il nous reste aujourd’hui de nombreuses traces des actions de Paul MOREL : l’arbre de la paix planté sous la pluie avec les élèves et l’ATSEM, les multiples documents remis par ses enfants et qui permettent de retracer l’histoire récente du village, la plaque apposée en mémoire du SCH Paul Courroy, la liste des tombes des jeunes Morts pour la France, sa maison de briques rouges à l’entrée du village avec ses volets blancs et la fenêtre du RDC toujours ouverte pour échanger un mot, les valeurs qu’il a laissées au fil des conseils municipaux et qui s’expriment toujours aujourd’hui puisque j’ai fait le choix, en accord bien sûr avec les membres du conseil municipal, d’exposer dans la mairie les pièces de l’avion abattu à Airion en septembre 1943 et le petit ouvrage écrit par M. LEQUIEN, les photos anciennes d’Airion et de préparer une balade intergénérationnelle le 2 avril 2022 dans un esprit de transmission entre les anciens et la relève.

J’ai fait un test l’année dernière et j’ai demandé aux enfants de dessiner ce qui les marquaient le plus à Airion. 80 % des enfants m’ont dessiné un âne pendu au clocher de l’église Sainte Anne, illustration et légende rappelée dans le recueil des délibérations dont j’ai parlé tout à l’heure et écrit par Paul MOREL.

D’autres comme lui travaillent à ce devoir de mémoire comme Bernard Boullier qui immortalise les moments de vie importants de la collectivité et que je remercie pour les photos mais aussi M. Gras ou M. Mesquita qui font de nombreuses recherches sur le village. M. GRAS a d’ailleurs travaillé de nombreuses heures avec Paul MOREL à ce travail d’écriture.

En conclusion, Paul MOREL, comme il l’était dans la vie, a laissé des traces discrètes mais nombreuses et durables dans le village. Il nous appartient aujourd’hui de poursuivre ce devoir de mémoire dans un monde où les témoins d’une époque barbare se font de plus en plus rares mais qu’il ne faut pas oublier.

Je remercie ses enfants de m’avoir sollicitée pour cette cérémonie et reste à leur disposition pour quoi que ce soit.

Toutefois, deux requêtes de la part des Airionnais :

  • est-il possible de se remémorer ensemble Paul MOREL à Airion ?
  • est-il possible de faire reproduire son ouvrage « J’avais 20 ans en 1939 » afin de l’offrir aux élèves qui quittent le primaire pour se diriger vers le collège ?

Tous ensemble, soutenons le Musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère !

Nous publions ci-dessous le message reçu fin août qui appelle à la défense du Musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère et nous vous appelons à signer et à faire signer la pétition lancée par les responsable du musée.

Le lien est en fin de cet appel, que voici :

 » Lors de sa réunion du 18 août dernier, le comité local de l’ANACR Meillard-Le Montet (Allier) a décidé de proposer à l’ensemble de ses adhérents de manifester leur soutien au Comité de défense du Musée de la Résistance et de la Déportation de Romans sur Isère en signant la pétition demandant sa réouverture.

C’était un musée.

A l’origine des faits, la municipalité de la ville de Romans sur Isère a décidé de fermer le Musée de la Résistance et de la Déportation (le site Internet du Musée a aussi été fermé) et de transférer son contenu aux archives municipales. Il est aussi évoqué la « numérisation » du fonds et la constitution d’exposition itinérante…

Ce musée avait été créé en 1972 par trois associations (l’Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance ANACR, la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes FNDIRP et les Pionniers du Vercors) avec une convention signée par la municipalité d’alors qui stipulait que « les fonds du musée sont la propriété intellectuelle des résistants, des déportés et de leurs descendants, et ne peuvent subir de modification sans accord préalable du conseil scientifique. ».

C’était un musée, DE LA RESISTANCE & DE LA DEPORTATION.

C’était un musée que la municipalité de Romans sur Isère a décidé de fermer en renvoyant son fonds aux archives municipales…

D’un passé, faisons table rase… Archives et musée se nourrissent du passé dans leurs racines communes ; les unes aux fins de sa conservation et l’autre avec l’ambition du partage, de l’enseignement des nouvelles génération… Dans le cas de figure, ce n’est pas le musée qu’on déménage, mais la mémoire de la Résistance qu’on écarte de la place publique.

« Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »

C’est la définition donnée par Le Conseil international des musées (ICOM), une organisation fondée en 1946 en lien avec l’ONU et l’UNESCO.

Cette définition ne suffirait-elle pas à mettre le patrimoine mémoriel de la Résistance à l’abri des volontés d’élus autrement que dans une démarche de promotion et de soutien à son développement.

L’argumentaire de la municipalité laisse pantois :

« La Seconde Guerre mondiale est terminée depuis plus de soixante-quinze ans. Les acteurs de ce douloureux conflit ont aujourd’hui disparu ou sont très âgés […]. Grâce à l’évolution extraordinaire de la techno­logie depuis vingt ans […], les élèves de 2021 ont maintenant à leur disposition des milliers de documents audiovisuels qu’ils peuvent exploiter en cours, avec leurs enseignants, seuls ou en groupe. »

L’argument aussi fallacieux que contestable d’un « renouvellement de l’approche de cette période historique » avancé par la municipalité laisse à penser que la mémoire de la Résistance pourrait supporter d’être réécrite ou même effacée par qui a la prétention d’en instrumentaliser l’usage. Celui de la modernisation d’un accès à l’information sur les canaux numériques interroge également. « Tous est désormais accessible sur Internet » … C’est aussi dans cet espace que l’accès à la connaissance est le plus problématique avec la propagation de contenus peu fiables et des démarches de recherche sans méthode assurée.

« On nous parle de numériser des fonds documentaires. La maire pense-t-elle vraiment qu’on peut numériser les fusils, la porte du wagon d’un train de marchandises dans lequel on entassait les résistants et les Juifs pour les envoyer dans les camps ? » s’indigne Gérard Monier, l’un des membres du conseil scientifique du musée de la Résistance. Il est par ailleurs fils du résistant Robert ­Monier, déporté au camp de concentration de Bergen-Belsen, qui fut l’un des fondateurs du musée…

La pétition lancée sur le site change.org par le Comité de défense et de développement du Musée de la Résistance en Drôme et de la Déportation a d’ores et déjà recueilli plus de 21000 signatures [ au 29 août – 21558 au moment de publier cet article].

La mémoire de la Résistance à l’occupation nazie et à la collaboration pétainiste de l’Etat Français au cours de la Seconde Guerre Mondiale n’est pas une simple carte postale de notre histoire expédiée d’un passé révolu. Elle est indissociable de la reconquête de la démocratie républicaine avec la Libération à laquelle elle a contribué aux côtés des forces alliées et de la France Libre, inscrite dans la lutte depuis les premiers jours de la guerre. Et, à ce titre, elle requiert des institutions républicaines et de toutes leurs instances un respect sans faille.

Tout ce qui peut porter préjudice à la mémoire de la Résistance porte atteinte aux valeurs qu’elle a défendu, la démocratie, les libertés politiques, les droits de l’homme. En effacer les traces ou en amoindrir la portée, prêter le flanc à l’insinuation révisionniste, toute complaisance opportuniste ne peut qu’encourager les vieux démons d’une bête immonde qui ressurgit aujourd’hui aussi bien en France qu’en Europe et trop d’autres endroits du monde.

La vigilance est de mise. Mais il ne suffit plus d’être spectateur d’une nouvelle descente aux enfers qu’on s’imaginerait toujours pour demain ; il est temps de s’engager pour la Paix, la Liberté, l’égalité et la justice dans une société plus fraternelle et coopérante de laquelle on aura expurgé les violences de l’individualisme et de la concurrence, de tous les ostracismes.

Pour signer la pétition MERCI de CLIQUER ICI«