Les nombreuses commémorations de la fin août : la liesse de la Libération et l’horreur des derniers massacres

Le mois d’août est riche en commémorations : celles de la Libération en quelques jours du 28 août au 2 septembre de toute l’Oise et celles des derniers massacres perpétrés par les Allemands.

Mais dans l’ordre chronologique, c’est d’abord la cérémonie de ravivage de la flamme du Soldat Inconnu à l’Arc de triomphe à Paris par l’ANACR nationale le 23 août : étaient présents pour l’ANACR-Oise, Hélène Boulanger, Delphine Labeau et son fils Léo âgé de 14 ans. Une belle et émouvante cérémonie !

Le 27 août l’ANACR-Oise était présente à Andeville pour commémorer le terrible massacre du 27 août 1944 (voir article précédent sur ce blog), à Montataire et à Senlis qui commémoraient la Libération .

A Andeville, Alain Blanchard, vice-président, représentait l’ANACR-Oise et a déposé une gerbe.

Montataire a été libérée le 31 août 1944. La commémoration a eu lieu le 27 août : Jacky Avril qui représentait l’ANACR-Oise, a déposé une gerbe.

Senlis a été libérée le 30 août 1944. La commémoration a eu lieu ce 27 août : étaient présents Christian Lucas, Résistant, Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, Marie-Christine Rouquier et Sylvie Venier, deux des filles de Jacqueline Leroy Cabre, Résistante, Alain Claux fils de Paul et de Denise  Claux, Résistants. Ils ont déposé ensemble un coussin de fleurs. Dans Pages de Résistance N°2, René Charpentier, Résistant, donne un récit précis de la période de la Seconde Guerre mondiale, de l’action de la Résistance et de la Libération à Senlis : vous pouvez la commander ici.

A Cauvigny, dans le hameau de Château-Rouge, également le 27 août, on a commémoré un autre massacre : le 27 août 1944, les Allemands tuent 20 Résistants devant tout le village ! Jean-Yves Bonnard, président de Résistance60, était présent et nous a envoyé ces photos:

A Saint-Leu-d’Esserent, Alain Blanchard a représenté l’ANACR-Oise à la commémoration de la Libération le 31 août.

A voir sur le site du Maitron la terrible histoire de ce massacre.

A voir sur ce blog un article sur la Libération de l’Oise publié en 2019

Et voir aussi une interview de Guillaume Roubaud-Quashie, historien et dirigeant du PCF et Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine et petit fils d’Albert Ouzoulias (1915-1995) qui fut un des dirigeants de la résistance à Paris et colonel des FTPF (colonel André) : ils y expliquent comment la décision de « panthéoniser » Missak Manouchian a été prise collectivement : dans le comité qui a préparé ce dossier il y a la petite fille de Mélinée Manouchian. Cette décision va faire entrer, 80 ans après la Libération, le premier Résistant communiste au Panthéon.

Toujours émouvante, commémoration à la ferme des Kroumirs, mardi 15 aout et hommage aux déportés du « dernier train » parti de Compiègne ce dimanche 20 août

Le 15 août, l’ANACR était représentée à la cérémonie en hommage aux martyrs de la ferme des Kroumirs à Trie-Château par son vice-président, Alain Blanchard , et par Lucienne Jean qui ont déposé des fleurs devant la stèle commémorant cet épisode tragique et malheureusement loin d’être unique de l’été 1944. Alors que la Libération était si proche, de nombreux Résistants et patriotes ont été tués par des nazis acculés mais encore puissants. La prochaine commémoration du massacre d’Andeville ce 27 août nous le rappellera encore.

Ce dimanche 20 août en forêt de Compiègne, une autre cérémonie du souvenir sur le point de départ du « dernier train » parti de Compiègne le 17 août 1944 et emportant 1256 hommes vers le camp de Buchenwald : 656 en reviendront. Voici les renseignements pour s’y rendre :

Ce train ne fut pas le dernier train de déportés parti de France : le 3octobre un train partait de Belfort : 60 hommes seront déportés à Buchenwald ; 35 en reviendront ; Belfort sera libérée le 25 novembre…

15, 23 et 27 août : l’ANACR-Oise sera présente aux commémorations à Trie-Château, Paris et Andeville

Plusieurs cérémonies en cette moitié de mois d’août auxquelles l’ANACR-Oise va participer et vous invite à participer : à Trie-Château le 15, à Paris le 23, à Andeville le 27.

Mardi 15 août : les Kroumirs

L’amicale des anciens combattants de Trie-Château commémore les événements du 14 août 1944 communément appelés « la fusillade des Kroumirs » où des fermiers de Trie-Château et des résistants et patriotes du maquis de Ronquerolles furent fusillés par les SS. Voir l’article de Jean-Yves Bonnard dans Le Maitron et plusieurs article ssur ce blog.

Le rendez-vous est fixé pour 10H30, le mardi 15 août 2023 à la ferme des Kroumirs, route de Villers-sur-Trie à
Trie-Château, où la cérémonie commencera à 10h45.

Mercredi 23 août : La Flamme du Soldat inconnu

Chaque année, le 23 août, l’ANACR Nationale ravive la Flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe à Paris.
Le rassemblement aura lieu à partir de 17 h 45 à I’entrée du souterrain du Souvenir , avenue des Champs-Élysées. La cérémonie ayant lieu à 18 h 30. (Drapeaux, décorations),

Dimanche 27 août : à Andeville

La cérémonie a lieu le 27 août 2023 à 10 heures 45 devant la mairie d’Andeville pour rendre hommage aux martyrs résistants tombés à la libération lors de la dernière guerre mondiale.Jean-Pierre Besse parle du « massacre d’Andeville« .

En lisant la fiche ci-dessous qu’il a rédigée sur les évènements du 23 août 1944 à Andeville, on ne peut que partager ce terme ; et s’associer à l’hommage rendu à ces 16 victimes de la barbarie nazie :

« Le mercredi 23 août 1944, un soldat allemand entre chez Léon Joguet, le coiffeur du village, en uniforme et explique qu’il en a marre de cette guerre et qu’il veut déserter. Lui faisant confiance, le coiffeur avertit les résistants locaux qui le placent dans la maison de l’un d’entre eux, Marceau Oranger.

Le soldat, habillé en civil, est transféré à La Boissière-en-Thelle le samedi 26 août, mais il profite du voyage pour s’évader après avoir prétexté un besoin urgent. On ne le retrouve pas.

Le dimanche 27 août, vers 11 h, des dizaines de soldats allemands et des véhicules envahissent Andeville. Un homme, Marcel Laflandre, qui n’a pas ses papiers et tente de s’enfuir est abattu.
Un détachement se rend chez le maire, Georges Petit, et l’oblige à les conduire là où le soldat allemand a été hébergé le premier jour.
Il s’agit de la maison de Maurice Oranger. Arrivés chez ce dernier, ils le fusillent ainsi que deux aviateurs noirs sud africains qu’il cache (David Abrahams et Bostander Noble). Ils tuent ensuite le maire et trois autres personnes (Octave Beaucheron, Alexandre Viville, Maurice Chéron).

Puis ils réunissent une quarantaine d’hommes contre le mur de l’église. Le « déserteur » indique ceux qu’il croit reconnaître. Neuf hommes sont ainsi abattus : Jean Gapaillard, Lucien Voisy, Miguel Sotero, Jean Pinguier, Jean Letaille, Georges Dedreux, André Crigny et Jean Daelmans.

C’est donc seize hommes du village qui sont tués. S’il existe une stèle et une rue des 17 martyrs c’est qu’on y a associé un résistant, Maurice Camin, tué dans la Somme le 28 août. L’abbé Guerville qui faisait partie des otages est chargé par les Allemands de faire disparaître les corps qui sont inhumés, dans un premier temps, dans une fosse commune creusée dans le cimetière.

Le 1er juillet à Bulles, hommage à sept Résistants pris dans la rafle du 3 juillet 1944

A Bulles, Samedi 1er juillet, en présence de la première adjointe Madame Christelle Vermeulen, une cérémonie a rendu hommage aux Résistants, certains réfractaires au STO, victimes de la rafle du 3 juillet 1944.

L’ANACR a été invitée à la demande de Jackie Louvet qui a pris la parole après l’intervention de Madame Vermeulen : il a expliqué les circonstance de cette rafle. Hélène et Gil Boulanger ainsi que Claude Leleu étaient présents ; Gil a rempli le rôle de porte-drapeau, Était également présente une petite fille de Georges Jauneau alias Capitaine Jacques responsable du détachement Jacques Bonhomme dans le secteur de Saint-Just-en-Chaussée.
La cérémonie a été clôturée par le pot de l’amitié et monsieur Laurent Tabary a dédicacé son livre « 3 juillet 1944 » consacré à cette rafle.

ESPALIEU Jean Louis Maurice : Résistant FTP – Déporté 81322 – fiche établie par Jean-Yves Bonnard pour Resistance60.fr – Né le 30 janvier 1920 à Fleurines (Oise), de nationalité française, chauffeur-livreur domicilié à Bulles. Parti du 18 mars au 25 décembre 1943 au STO, il devient réfractaire puis résistant FTPF. Il participe au sein du Front National au sabotage de dépôts d’essence et de lignes téléphoniques, distribue des journaux clandestins. Arrêté le 3 juillet 1944, déporté à Buchenwald puis à Dachau, libéré le 29 avril 1945, revenu en France. Ouvrier spécialisé, il décède le 19 mars 1975 à Bulles.

LEFEVRE Michel : déporté 81545 – né à Paris le 17 mai 1945, parti le 17 août 1944 de Compiègne, déporté à Buchenwald, revenu de déportation – site bddm.org

LEPRINCE Florent : déporté 81368 – né à Calais le 13 janvier 1919, parti le 17 août 1944 de Compiègne, déporté à Buchenwald, revenu de déportation le 11 avril 1945, dit Royer Laurent – site bddm.org

Nous n’avons pas trouvé MORTAGNE Roger mais MORTAGNE Auguste est lui aussi parti le 17 août 1944 de Compiègne : déporté à Buchenwald, Matricule 81328, revenu de déportation – site bddm.org

Nous n’avons pas trouvé sur resistance60.fr et sur bddm.org les noms de Charles DAVY, Paul Le PELLEY et Edouard WYRZYKIEWICZ

Les Ami-e-s de Martha Desrumaux se réjouissent de la décision de faire entrer Missak Manouchian au Panthéon et rappellent que Martha Desrumaux devrait aussi y avoir sa place

L’association Les ami-e-s de Martha Desrumaux milite a été créée en 2015 et porte la demande de faire entrer Martha Desrumaux au Panthéon depuis 2014. En 2009, la parution du livre de Pierre Outteryck, Martha Desrumaux, une femme du Nord, ouvrière, syndicaliste, déportée, féministe, avait remis en mémoire le rôle de Martha Desrumaux comme syndicaliste, Résistante, déportée…

Un très intéressant article de Pierre Outteryck, Martha Desrumaux, une nécessité : transmettre l’histoire, paru dans les Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, en 2021 (150 | 2021, 143-163) présente toutes les facettes de la vie et de l’engagement de Martha Desrumaux : à lire ICI .

A lire sur ce blog, un premier article consacré à Martha Desrumaux en juin 2020.

A lire aussi l’article consacré sur ce blog à la décision de faire entrer Missak Manouchian au Panthéon à laquelle l’ANACR apporte son soutien total.

A la mémoire de Jean Pitkevitch

L’ANACR Oise tient à rendre hommage à la mémoire de Jean Pitkevitch l’un des adhérents de l’association. Avec, l’ANACR et bien au-delà c’est un homme engagé et de valeur, qui nous quitte et nous manquera. Elle présente aux siens ses amitiés, sa solidarité et sa compassion.

Voici une courte biographie, rédigée d’après l’article du Maitron (https://maitron.fr/spip.php?article163761, notice PITKEVICHT Jean par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 8 septembre 2014, dernière modification le 24 septembre 2014.) :

Jean Pitkevitch est né le 10 juin 1929 à Creil dans une famille modeste (son père était maçon et sa mère femme de ménage). 
Il obtient son CAP de modeleur-mécanicien sur bois en 1947 et travaille par la suite comme modeleur dans diverses entreprises du bassin creillois (Fayola, Montupet et Usinor où il reste jusqu’en 1962).
Jean Pitkevitch, à la réunion organisée le 12 avril 2013, par les Vétérans de l’Oise du PCF et l’UD CGT Oise : une conférence-débat avec Christian Langeois, auteur de la première biographie d’Henri Krasucki, ancien secrétaire général de la CGT et figure du mouvement ouvrier du XXe siècle. Cette biographie est parue en septembre 2012 aux éditions Le Cherche Midi.







Il adhère à la CGT en 1947 et est élu membre de la CA départementale et du bureau à l’issue du 29ème congrès (7-8 février 1959). Lors du congrès suivant (10-11 décembre 1960) il entre au secrétariat et devient secrétaire général de l'UD -CGT de l'Oise en janvier 1982 lorsque Jacqueline Léonard fut nommée à la direction nationale. Il conservera ce poste jusqu’en décembre 1988. A cette date, il quitte aussi le bureau mais reste membre de la CA jusqu’en 1995.






Jean Pitkevitch a milité aussi à la FCPE et surtout au PC dont il était membre depuis 1957. Il a été candidat aux élections municipales à Creil sur les listes de ce parti en 1959, 1965, et 1971 avant d’être élu sur la liste d’Union de la gauche en 1977, réélu en 1983, puis à nouveau en 1989 : il est alors adjoint jusqu'en  1995 ;date à laquelle il renonce à se représenter.
Jean Pitkevitch en 2010 à l’anniversaire des 10 ans de l’AMOI





Il est membre créateur de l’Association pour la mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois (AMOI) avec Jean-Pierre Besse. Il en devient le président en 2014.

A lire aussi le témoignage de Jean et de son épouse Claudine sur le site des vétérans de l’Oise du PCF:

Témoignage de Jean (7/112/2021)

Témoignage de Claudine ( 24/11/2021)

Rencontres à Paris ou à Saint-Maximin ; le Concours National de la Résistance et de la Déportation dans l’Oise : bilan, voyage de mémoire et remise des prix

Les 11 et 12 mai, les lauréats du Concours National de la Résistance et de la Déportation ont participé à un voyage de mémoire ; ci-dessus un diaporama réalisé par Alain Blanchard, vice-président de l’ANACR-Oise quifaisait partie des accompagnateurs. Vous y trouverez le bilan du concours 2023, un reportage sur le voyage de mémoire : Oradour-sur-Glane (centre de mémoire et village martyr) et Limoges (musée de la Résistance et musée des Beaux-Arts). Et le 3 juin, c’était la remise des prix au Conseil départemental.

Une conférence de Raymond Zerline, à Paris, le 16 juin

Raymond Zerline, président d’honneur de l’ANACR-Oise dont il fut le président de 2012 à 2016, a été un très jeune Résistant. Il témoigne sans relâche en faisant des conférences comme celle-ci, en écrivant des livres , en participant, dans le cadre du Concours national de la Résistance, à des rencontres avec les jeunes dans les lycées et les collèges.

La journée nationale de la Résistance à Montataire (compte-rendu) et à Pont-Sainte-Maxence (rappel) et retour sur la Fête de la Paix,le 28 mai à Montataire

D’abord un rappel : à Pont-Sainte-Maxence, vendredi 2 et samedi 3 juin on célèbre aussi la création du Conseil National de la Résistance ! Et l’exposition Les femmes aussi est déjà visible à la bibliothèque Reine-Philiberte.

Samedi 27 mai à Montataire, la compagnie théâtrale Les Grandes Personnes a invité le public, une cinquantaine de personnes, à une réunion secrète !

A l’ordre du jour, créer un conseil national de la Résistance. Les meubles et les personnages sont en carton. La discussion est vive parfois brutale ou drôle . Les décisions sont prises à l’unanimité dans l’urgence.

Le lendemain, toujours à Montataire, l’ANACR-Oise a tenu un stand à la Fête de la Paix :

Au cours de cette fête de nombreuses associations avaient installé un stand, dont l’ANACR-Oise avec son exposition sur le Conseil National de la Résistance (CNR) qui a été bien fréquentée. Rappelons que le 27 mai 2023, donc la veille de la Fête de la Paix, était le 80ème anniversaire de la création du CNR adopté à l’unanimité ainsi que son programme édité le 15 mars 1944, lui aussi adopté à l’unanimité.

Un débat a eu lieu sur la PAIX, animé par Monsieur Alain ROUY, secrétaire général national du Mouvement de la Paix, membre du bureau international de la Paix et qui travaille à l’ONU. Ce débat était bien venu car de nombreux peuples souffrent de la guerre sur notre planète. Nous pensions que la seconde guerre mondiale serait la dernière, mais il n’en est rien et il faut lutter pour que la Paix revienne le plus tôt possible.

L’ANACR transmet la Mémoire de la Résistance, des Résistantes et des Résistants qui ont, pour beaucoup, donné leur vie pour que nous soyons libres.

Alors restons vigilants et militons pour la PAIX, exigeons des grandes puissantes qu’elles cessent de fabriquer des armes, exigeons des médias, journaux télévisés ou presse écrite nous donnent des informations équilibrées et qu’ils n’oublient pas de relater tous les conflits.

Un second débat a eu lieu sur la situation économique, sociale et bien sûr, sur la réforme des retraites. Des sujet sur lesquels le programme Les Jours Heureux, du Conseil National de la Résistance signé en mars 1943 avait proposé, en des temps bien plus difficiles, des solutions  qui seront mises en œuvre par le Gouvernement Provisoire de la République Française dès juin 1944 à Alger.

Cette fête a été le reflet de l’amitié, de la solidarité, de l’humanité, avec de la musique, des chants, des tambours, du folklore, des jeux pour les grands et les petits…et le soleil a été de la partie toute la journée. Donc du bonheur et de la joie de vivre, des moments de convivialité après trois années extrêmement difficiles à vivre pour nous tous.