Le recueillement et la colère après la profanation de tombes juives au cimetière militaire allemand de Moulin-sous-Touvent

En 14-18, Moulin-sous-Touvent est sur la ligne de front dès 1914. Les carrières de Moulin-sous-Touvent, exploitées depuis le Moyen Âge, sont occupées en 1914 par les combattants allemands, qui aménagent des dortoirs, des postes de commandement ou de secours, agrandissant le réseau souterrain en creusant sur plusieurs centaines de mètres de nouvelles galeries. La bataille de Quennevières se déroule du 6 au 16 juin 1915 sur le territoire de la commune, sous le commandement du général Nivelle : avec plus de 10 000 victimes en dix jours c’est l’une des plus meurtrières dans l’Oise en 14-18. Le village est considéré comme détruit à la fin de la guerre et a été décoré de la Croix de guerre 14-18.

Et c’est dans le cimetière militaire allemand de cette petite commune (Moulin-sous-Touvent a 200 habitants) qu’a été perpétrée, entre le 11 et le 15 novembre, la profanation de 10 tombes de soldats allemands de confession juive. Un acte odieux qui a soulevé une immense indignation. Anne Brocvielle, maire de Moulin-sous-Touvent a organisé une cérémonie de protestation et d’hommage le dimanche 19 novembre en présence du sous-préfet Christian Guyard, d’élus, des autorités civiles, militaires et religieuses et d’associations dont l’ANACR-Oise, représentée par sa présidente, Hélène Boulanger et de nombreux adhérents.

Un représentant des autorités militaires allemandes était présent : il a pris la parole et a déposé des fleurs.

Le souvenir Français s’est élevé avec force contre cet acte antisémite odieux et a déposé plainte pour profanation.

Cette profanation si elle est particulièrement symbolique et choquante, n’est pas un cas isolé : selon le ministre de l’Intérieur, 1.518 actes et propos antisémites ont été recensés en France depuis le début de la guerre Israël-Hamas, et près de 600 personnes ont été interpellées.

Dans la même commune se trouve la Butte aux Zouaves, lieux de souvenir des zouaves enterrés vivants à cet endroit par l’explosion d’une mine en 1915 ; au même endroit, en 1942, 6 otages furent fusillés par les nazis.

J’ai choisi : un projet à soutenir !

Dans notre article précédent nous vous avons signalé le projet de Mathilde Marguerit, professeur au collège des Bourgognes à Chantilly : une pièce de théâtre reprenant le témoignage de Lucienne Fabre-Sébart, une Résistante de la première heure : elle s’est engagée dans la Résistance en octobre 1940 à Nogent-sur-Oise où elle habitait. Au fil des quatre ans de l’occupation, elle a été PAULETTE dans l’Oise (octobre 40-mai 42), PAULE dans le Calvados (juillet 42-décembre 42), MICHELE en Eure-et-Loir (fin 42 – août 43), LAURETTE dans la Somme (octobre 43 – février 44),JEANINE à Paris (mars 44- août 44) .. Et elle a continué en participant au Comité de Libération de Nogent-sur-Oise et à l’accueil des déportés de retour des camps… Pour ensuite participer activement au travail de mémoire.

La pièce écrite par Mathilde Marguerit s’inspire du témoignage rédigé par Lucienne Fabre-Sébart, un témoignage très fort et au titre qui ressemble tant à son auteur : « 1940, j’ai choisi ». Et ce sont les élève sdu collège des Bourgognes qui vont la jouer…

Une cagnotte ULULE a été lancée pour réunir les fonds nécessaires pour mener à bien ce projet. Vous pouvez y participer avec le montant que vous souhaitez en cliquant ICI : il manque encore 250€ sur les 1000€ espérés ; et il reste 25 jours pour y arriver.

Une des classes de Mathilde Marguerit qui avait terminé lauréate départementale de l’Oise pour le Concours national de la Résistance et de la Déportation, vient de recevoir une mention spéciale au concours national pour son film sur l’école durant les années 1939-1945.

Vous pouvez regarder ce film de 13 minutes en cliquant ICI

Voici le texte officiel annonçant les « mentions spéciales » :

Le thème de la session 2022-2023 du concours était « L’École et la Résistance. Des jours sombres aux lendemains de la Libération (1940-1945)». Pendant cette année scolaire, près de 30 000 élèves issus de plus de 1 300 établissements répartis sur l’ensemble du territoire national ainsi que des établissements français à l’étranger ont participé au concours. Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà reçu des prix attribués par les jurys académiques. A l’issue de la sélection prévue par le règlement du concours, les meilleurs copies et travaux ont été transmis au jury national par les rectorats et vice-rectorats. Après avoir examiné pendant l’été les 203 copies individuelles et des 200 travaux collectifs qui lui ont été remis, conformément aux dispositions de l’arrêté du 23 juin 2016, publié au Journal Officiel de la République française n°149 du 28 juin 2016, et à celles du règlement annuel du concours, mis en ligne sur le site « Éduscol » à la page eduscol.education.fr/cnrd, le Collège national des correcteurs du Concours national de la Résistance et de la Déportation, présidé par Monsieur Vincent Duclert, inspecteur général de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, s’est réuni à Paris le 20 septembre 2023 et a arrêté le palmarès ci-après. 

L’assemblée générale de l’ANACR-Oise

Le 30 septembre dernier, l’ANACR-Oise a tenu son assemblée générale ordinaire : l’occasion de revenir sur l’exercice 2022 mais aussi sur tout ce qui a été réalisé en 2023 et tout ce qui le sera en 2924 ! Car si 2023 a été l’année du 80ème anniversaire du Conseil National de la Résistance (CNR), 2024 sera l’année de l’adoption du programme du CNR Les Jours Heureux, du débarquement allié en Normandie puis en Provence et de l’entrée de Missak Manouchian avec sa femme Mélinée au Panthéon ! Pour lire le compte-rendu de l’assemblée générale : Merci de cliquer ICI. Au cours de la réunion, Denise Decamps-Dubos âgée de 92 ans et accompagnée par sa fille Marianne a expliqué comment elle témoigne dans de nombreux collèges et lycées sur la Résistance de son père Marcel Dubos. Ce qu’elle fait pour apporter cette mémoire vivante aux plus jeunes et la façon dont elle en a parlé ont ému toute l’assistance ! Elle a été très applaudie par tous les présents.

L’AG a voté une subvention pour soutenir le projet de Mathilde Marguerit, membre de l’ANACR-Oise et professeur d’histoire au collège des Bourgognes : elle va monter une pièce de théâtre qu’elle a écrite en s’inspirant du témoignage de Lucienne Fabre-Sébart 1940, J’ai choisi : un extrait de ce texte écrit pour sa famille Ma Résistance dans la Somme a été le premier numéro de nos plaquettes Pages de la Résistance ! Et le N°30-31 rend hommage à cette grande Résistance ; son engagement l’a menée de l’Oise au Calvados, puis dans l’Eure-et-Loir, la Somme et Paris jusqu’en 1945 avec l’accueil des déportés et des prisonniers de retour en France.

Vous pouvez participer à ce projet : une cagnotte est en cours car le théâtre suppose des décors et des costumes ! Pour accéder à la cagnotte en ligne et avoir tous les détails sur ce projet Merci de cliquer ICI!

Après l’AG, un déjeuner a réuni les participants pour un moment très convivial.

Le Grand René, souvenir d’enfance, images de la Résistance

Dans notre dernier article nous avons fait un compte-rendu des manifestations organisées par la médiathèque de Méru du 19 au 30 septembre. Nous y avons évoqué brièvement le moment très fort, au cours du vernissage le 30 septembre, quand un habitant de Méru a dit un poème écrit par lui : un long poème en alexandrins qui nous parlait du « grand René » et à travers lui de la période de l’Occupation, de la Résistance, de la répression contre les Résistants et pour finir de la mémoire toujours vivante de leur sacrifice.

Nous avons repris contact avec Edmond Juery, c’est le poète, qui a bien voulu nous confier son texte en nous autorisant à le publier. Il nous en a aussi expliqué la genèse :

 » Seule la première page est un souvenir personnel d’une visite pendant la guerre chez mes cousins de Montargis dans le Loiret. Nous connaissions le grand René qui était un ami de nos cousins et nous n’avions pas bien compris que nos cousins fassent semblant de ne pas le connaître mais nous n’avons rien dit.

Le grand René était caché chez mes cousins et j’ai toujours ignoré le pourquoi des choses, mais il se cachait des Allemands et d’une certaine police française.

Était-il simplement réfractaire au STO ou Résistant? je sais qu’après la guerre c’était un personnage qui nous semblait important dans la sous-préfecture. Je ne me souviens pas de son nom de famille, mais à partir de l’épisode du jardin j’ai personnalisé mon texte en lui prêtant une participation à la Résistance et une mort en martyr.

Deux faits sont également exacts, la mort de mon grand-père et de mon oncle.« 

Inutile donc de chercher le « Grand René » à Méru ! Ses Résistants se nomment Robert Robillard, Camille Monel, Julien Lévêque, Charles Dupuich et certainement beaucoup d’autres ! Nous avons trouvé leurs noms dans le CDROM sur la Résistance dans l’Oise de Jean-Pierre Besse : à lire en CLIQUANT ICI

Mais revenons au poème ! Le voici en entier :

Retour sur 10 jours consacrés à l’histoire de la Résistance à Méru

La médiathèque de Méru administrée par monsieur Florian Lejeune a accepté d’organiser en partenariat avec l’ANACR OISE deux semaines de commémoration rendant hommage à la Résistance et à la création du Conseil National de la Résistance du 19 au 30 septembre.

L’ANACR a prêté son exposition sur le CNR qui a été installée dans le hall de l’entrée et la bibliothèque a exposé tous les ouvrages sur la seconde guerre mondiale.

Le 19 septembre une lecture théâtralisée des « Paroles de Résistantes » a été interprété par quatre comédiens (es) « Les Amis de Pierre Soullard » devant une quarantaine de personnes, dont 22 élèves de troisième du collège Le Thelle de Méru accompagnés de leur professeur d’histoire et la documentaliste du collège. Les élèves ont été à l’écoute de cette lecture et un débat leur permis de poser de nombreuses questions.

Le 29 septembre une cinquantaine de personnes étaient présentent à18 heures, Monsieur Florian Lejeune nous accueille, il donne la parole à un conseiller municipal, puis à un habitant de Méru, poète qui nous retrace la vie d’un Résistant nommé René, suivra une chorale accompagnée d’une pianiste et nous entamons tous le Chant des Partisans. C’était une entrée de soirée.

Puis à 19h nous sommes conviés à la conférence.

Monsieur Florian Lejeune donne la parole à Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR qui précise la création du CNR, son programme, qui est l’ANACR et quels sont les objectifs de transmission de la Mémoire de la Résistance.

Puis la parole est donnée à Monsieur Jean-Pierre Thullier, philosophe

Monsieur Jean-Pierre Thullier sur le thème « Résister, qu’est-ce que Résister », commence sa conférence avec une assistance d’une cinquante personnes qui a été très à l’écoute et suivie d’un débat fructueux.

Un pot de l’amitié a clôturé ces deux semaines de transmission de la Mémoire de la Résistance, des Résistantes et des Résistants

Ce dimanche 24 septembre, l’ANACR-Oise était au Carnaval des Possibles !

Cette manifestation organisée sur la base de loisirs de Saint-Leu d’Esserent, accueille de nombreuses associations : bio, éthique, solidarité, bien-être sont les « mots clés » de cette manifestation qui en est à sa 6ème édition.

Comme chaque année, l’ANACR-Oise y participe avec un stand, une exposition, ses publications (33 plaquettes « Pages de la Résistance »).

Cette année nous avons mis l’accent sur le programme du Conseil National de la Résistance dont nous allons célébrer en 2024 le 80ème anniversaire après avoir célébrer en 2023, le 80ème anniversaire de la création du CNR, Conseil National de la Résistance. Et nous avons eu beaucoup de visiteurs qui ont découvert avec intérêt l’exposition !

Exposition des archives départementales prêtée à l’ANACR-Oise pour le Carnaval des Possibles

19 septembre à Méru, 23 septembre à Lamorlaye, 29 septembre à Méru !

Aujourd’hui mardi 19 septembre à 14h à Méru : lecture théâtralisée « Paroles de Résistantes » en association avec l’ANACR-Oise :

Samedi 23 septembre à Lamorlaye à 15h : conférence sur la spoliation des « biens juifs » à Lamorlaye en présentiel et en distanciel proposée par l’ALMA et Les Cahiers de Chantilly.

Vendredi 29 septembre à 18h à Méru : vernissage de l’exposition « Résistance » et soirée mêlant poésie, histoire et conférence philosophique, en association avec l’ANACR-Oise

Méru, Lamorlaye Beauvais : des manifestations pour la période 39-45, de la Résistance à la Déportation en passant par la spoliation

L’ANACR-Oise est associée aux manifestations de Méru à qui elle prête l’exposition sur le CNR ; le Comité d’entente pour le Concours National de la Résistance et de la Déportation dont l’ANACR-Oise fait partie est associé à la conférence organisée à Beauvais dans le cadre de la préparation du concours. La conférence à Lamorlaye en étudiant la politique d’aryanisation économique de Vichy montre que la spoliation des « biens juifs » non seulement obéit à la même logique nazie mais prépare l’extermination : ce sont les mêmes fichiers qui sont utilisés, ceux créés à partir de l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 sur le recensement de toutes les entreprises « juives ».

Les nombreuses commémorations de la fin août : la liesse de la Libération et l’horreur des derniers massacres

Le mois d’août est riche en commémorations : celles de la Libération en quelques jours du 28 août au 2 septembre de toute l’Oise et celles des derniers massacres perpétrés par les Allemands.

Mais dans l’ordre chronologique, c’est d’abord la cérémonie de ravivage de la flamme du Soldat Inconnu à l’Arc de triomphe à Paris par l’ANACR nationale le 23 août : étaient présents pour l’ANACR-Oise, Hélène Boulanger, Delphine Labeau et son fils Léo âgé de 14 ans. Une belle et émouvante cérémonie !

Le 27 août l’ANACR-Oise était présente à Andeville pour commémorer le terrible massacre du 27 août 1944 (voir article précédent sur ce blog), à Montataire et à Senlis qui commémoraient la Libération .

A Andeville, Alain Blanchard, vice-président, représentait l’ANACR-Oise et a déposé une gerbe.

Montataire a été libérée le 31 août 1944. La commémoration a eu lieu le 27 août : Jacky Avril qui représentait l’ANACR-Oise, a déposé une gerbe.

Senlis a été libérée le 30 août 1944. La commémoration a eu lieu ce 27 août : étaient présents Christian Lucas, Résistant, Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, Marie-Christine Rouquier et Sylvie Venier, deux des filles de Jacqueline Leroy Cabre, Résistante, Alain Claux fils de Paul et de Denise  Claux, Résistants. Ils ont déposé ensemble un coussin de fleurs. Dans Pages de Résistance N°2, René Charpentier, Résistant, donne un récit précis de la période de la Seconde Guerre mondiale, de l’action de la Résistance et de la Libération à Senlis : vous pouvez la commander ici.

A Cauvigny, dans le hameau de Château-Rouge, également le 27 août, on a commémoré un autre massacre : le 27 août 1944, les Allemands tuent 20 Résistants devant tout le village ! Jean-Yves Bonnard, président de Résistance60, était présent et nous a envoyé ces photos:

A Saint-Leu-d’Esserent, Alain Blanchard a représenté l’ANACR-Oise à la commémoration de la Libération le 31 août.

A voir sur le site du Maitron la terrible histoire de ce massacre.

A voir sur ce blog un article sur la Libération de l’Oise publié en 2019

Et voir aussi une interview de Guillaume Roubaud-Quashie, historien et dirigeant du PCF et Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine et petit fils d’Albert Ouzoulias (1915-1995) qui fut un des dirigeants de la résistance à Paris et colonel des FTPF (colonel André) : ils y expliquent comment la décision de « panthéoniser » Missak Manouchian a été prise collectivement : dans le comité qui a préparé ce dossier il y a la petite fille de Mélinée Manouchian. Cette décision va faire entrer, 80 ans après la Libération, le premier Résistant communiste au Panthéon.

Toujours émouvante, commémoration à la ferme des Kroumirs, mardi 15 aout et hommage aux déportés du « dernier train » parti de Compiègne ce dimanche 20 août

Le 15 août, l’ANACR était représentée à la cérémonie en hommage aux martyrs de la ferme des Kroumirs à Trie-Château par son vice-président, Alain Blanchard , et par Lucienne Jean qui ont déposé des fleurs devant la stèle commémorant cet épisode tragique et malheureusement loin d’être unique de l’été 1944. Alors que la Libération était si proche, de nombreux Résistants et patriotes ont été tués par des nazis acculés mais encore puissants. La prochaine commémoration du massacre d’Andeville ce 27 août nous le rappellera encore.

Ce dimanche 20 août en forêt de Compiègne, une autre cérémonie du souvenir sur le point de départ du « dernier train » parti de Compiègne le 17 août 1944 et emportant 1256 hommes vers le camp de Buchenwald : 656 en reviendront. Voici les renseignements pour s’y rendre :

Ce train ne fut pas le dernier train de déportés parti de France : le 3octobre un train partait de Belfort : 60 hommes seront déportés à Buchenwald ; 35 en reviendront ; Belfort sera libérée le 25 novembre…