Le Grand René, souvenir d’enfance, images de la Résistance

Dans notre dernier article nous avons fait un compte-rendu des manifestations organisées par la médiathèque de Méru du 19 au 30 septembre. Nous y avons évoqué brièvement le moment très fort, au cours du vernissage le 30 septembre, quand un habitant de Méru a dit un poème écrit par lui : un long poème en alexandrins qui nous parlait du « grand René » et à travers lui de la période de l’Occupation, de la Résistance, de la répression contre les Résistants et pour finir de la mémoire toujours vivante de leur sacrifice.

Nous avons repris contact avec Edmond Juery, c’est le poète, qui a bien voulu nous confier son texte en nous autorisant à le publier. Il nous en a aussi expliqué la genèse :

 » Seule la première page est un souvenir personnel d’une visite pendant la guerre chez mes cousins de Montargis dans le Loiret. Nous connaissions le grand René qui était un ami de nos cousins et nous n’avions pas bien compris que nos cousins fassent semblant de ne pas le connaître mais nous n’avons rien dit.

Le grand René était caché chez mes cousins et j’ai toujours ignoré le pourquoi des choses, mais il se cachait des Allemands et d’une certaine police française.

Était-il simplement réfractaire au STO ou Résistant? je sais qu’après la guerre c’était un personnage qui nous semblait important dans la sous-préfecture. Je ne me souviens pas de son nom de famille, mais à partir de l’épisode du jardin j’ai personnalisé mon texte en lui prêtant une participation à la Résistance et une mort en martyr.

Deux faits sont également exacts, la mort de mon grand-père et de mon oncle.« 

Inutile donc de chercher le « Grand René » à Méru ! Ses Résistants se nomment Robert Robillard, Camille Monel, Julien Lévêque, Charles Dupuich et certainement beaucoup d’autres ! Nous avons trouvé leurs noms dans le CDROM sur la Résistance dans l’Oise de Jean-Pierre Besse : à lire en CLIQUANT ICI

Mais revenons au poème ! Le voici en entier :

Retour sur 10 jours consacrés à l’histoire de la Résistance à Méru

La médiathèque de Méru administrée par monsieur Florian Lejeune a accepté d’organiser en partenariat avec l’ANACR OISE deux semaines de commémoration rendant hommage à la Résistance et à la création du Conseil National de la Résistance du 19 au 30 septembre.

L’ANACR a prêté son exposition sur le CNR qui a été installée dans le hall de l’entrée et la bibliothèque a exposé tous les ouvrages sur la seconde guerre mondiale.

Le 19 septembre une lecture théâtralisée des « Paroles de Résistantes » a été interprété par quatre comédiens (es) « Les Amis de Pierre Soullard » devant une quarantaine de personnes, dont 22 élèves de troisième du collège Le Thelle de Méru accompagnés de leur professeur d’histoire et la documentaliste du collège. Les élèves ont été à l’écoute de cette lecture et un débat leur permis de poser de nombreuses questions.

Le 29 septembre une cinquantaine de personnes étaient présentent à18 heures, Monsieur Florian Lejeune nous accueille, il donne la parole à un conseiller municipal, puis à un habitant de Méru, poète qui nous retrace la vie d’un Résistant nommé René, suivra une chorale accompagnée d’une pianiste et nous entamons tous le Chant des Partisans. C’était une entrée de soirée.

Puis à 19h nous sommes conviés à la conférence.

Monsieur Florian Lejeune donne la parole à Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR qui précise la création du CNR, son programme, qui est l’ANACR et quels sont les objectifs de transmission de la Mémoire de la Résistance.

Puis la parole est donnée à Monsieur Jean-Pierre Thullier, philosophe

Monsieur Jean-Pierre Thullier sur le thème « Résister, qu’est-ce que Résister », commence sa conférence avec une assistance d’une cinquante personnes qui a été très à l’écoute et suivie d’un débat fructueux.

Un pot de l’amitié a clôturé ces deux semaines de transmission de la Mémoire de la Résistance, des Résistantes et des Résistants

Ce dimanche 24 septembre, l’ANACR-Oise était au Carnaval des Possibles !

Cette manifestation organisée sur la base de loisirs de Saint-Leu d’Esserent, accueille de nombreuses associations : bio, éthique, solidarité, bien-être sont les « mots clés » de cette manifestation qui en est à sa 6ème édition.

Comme chaque année, l’ANACR-Oise y participe avec un stand, une exposition, ses publications (33 plaquettes « Pages de la Résistance »).

Cette année nous avons mis l’accent sur le programme du Conseil National de la Résistance dont nous allons célébrer en 2024 le 80ème anniversaire après avoir célébrer en 2023, le 80ème anniversaire de la création du CNR, Conseil National de la Résistance. Et nous avons eu beaucoup de visiteurs qui ont découvert avec intérêt l’exposition !

Exposition des archives départementales prêtée à l’ANACR-Oise pour le Carnaval des Possibles

19 septembre à Méru, 23 septembre à Lamorlaye, 29 septembre à Méru !

Aujourd’hui mardi 19 septembre à 14h à Méru : lecture théâtralisée « Paroles de Résistantes » en association avec l’ANACR-Oise :

Samedi 23 septembre à Lamorlaye à 15h : conférence sur la spoliation des « biens juifs » à Lamorlaye en présentiel et en distanciel proposée par l’ALMA et Les Cahiers de Chantilly.

Vendredi 29 septembre à 18h à Méru : vernissage de l’exposition « Résistance » et soirée mêlant poésie, histoire et conférence philosophique, en association avec l’ANACR-Oise

Méru, Lamorlaye Beauvais : des manifestations pour la période 39-45, de la Résistance à la Déportation en passant par la spoliation

L’ANACR-Oise est associée aux manifestations de Méru à qui elle prête l’exposition sur le CNR ; le Comité d’entente pour le Concours National de la Résistance et de la Déportation dont l’ANACR-Oise fait partie est associé à la conférence organisée à Beauvais dans le cadre de la préparation du concours. La conférence à Lamorlaye en étudiant la politique d’aryanisation économique de Vichy montre que la spoliation des « biens juifs » non seulement obéit à la même logique nazie mais prépare l’extermination : ce sont les mêmes fichiers qui sont utilisés, ceux créés à partir de l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 sur le recensement de toutes les entreprises « juives ».

Les nombreuses commémorations de la fin août : la liesse de la Libération et l’horreur des derniers massacres

Le mois d’août est riche en commémorations : celles de la Libération en quelques jours du 28 août au 2 septembre de toute l’Oise et celles des derniers massacres perpétrés par les Allemands.

Mais dans l’ordre chronologique, c’est d’abord la cérémonie de ravivage de la flamme du Soldat Inconnu à l’Arc de triomphe à Paris par l’ANACR nationale le 23 août : étaient présents pour l’ANACR-Oise, Hélène Boulanger, Delphine Labeau et son fils Léo âgé de 14 ans. Une belle et émouvante cérémonie !

Le 27 août l’ANACR-Oise était présente à Andeville pour commémorer le terrible massacre du 27 août 1944 (voir article précédent sur ce blog), à Montataire et à Senlis qui commémoraient la Libération .

A Andeville, Alain Blanchard, vice-président, représentait l’ANACR-Oise et a déposé une gerbe.

Montataire a été libérée le 31 août 1944. La commémoration a eu lieu le 27 août : Jacky Avril qui représentait l’ANACR-Oise, a déposé une gerbe.

Senlis a été libérée le 30 août 1944. La commémoration a eu lieu ce 27 août : étaient présents Christian Lucas, Résistant, Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise, Marie-Christine Rouquier et Sylvie Venier, deux des filles de Jacqueline Leroy Cabre, Résistante, Alain Claux fils de Paul et de Denise  Claux, Résistants. Ils ont déposé ensemble un coussin de fleurs. Dans Pages de Résistance N°2, René Charpentier, Résistant, donne un récit précis de la période de la Seconde Guerre mondiale, de l’action de la Résistance et de la Libération à Senlis : vous pouvez la commander ici.

A Cauvigny, dans le hameau de Château-Rouge, également le 27 août, on a commémoré un autre massacre : le 27 août 1944, les Allemands tuent 20 Résistants devant tout le village ! Jean-Yves Bonnard, président de Résistance60, était présent et nous a envoyé ces photos:

A Saint-Leu-d’Esserent, Alain Blanchard a représenté l’ANACR-Oise à la commémoration de la Libération le 31 août.

A voir sur le site du Maitron la terrible histoire de ce massacre.

A voir sur ce blog un article sur la Libération de l’Oise publié en 2019

Et voir aussi une interview de Guillaume Roubaud-Quashie, historien et dirigeant du PCF et Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine et petit fils d’Albert Ouzoulias (1915-1995) qui fut un des dirigeants de la résistance à Paris et colonel des FTPF (colonel André) : ils y expliquent comment la décision de « panthéoniser » Missak Manouchian a été prise collectivement : dans le comité qui a préparé ce dossier il y a la petite fille de Mélinée Manouchian. Cette décision va faire entrer, 80 ans après la Libération, le premier Résistant communiste au Panthéon.

Toujours émouvante, commémoration à la ferme des Kroumirs, mardi 15 aout et hommage aux déportés du « dernier train » parti de Compiègne ce dimanche 20 août

Le 15 août, l’ANACR était représentée à la cérémonie en hommage aux martyrs de la ferme des Kroumirs à Trie-Château par son vice-président, Alain Blanchard , et par Lucienne Jean qui ont déposé des fleurs devant la stèle commémorant cet épisode tragique et malheureusement loin d’être unique de l’été 1944. Alors que la Libération était si proche, de nombreux Résistants et patriotes ont été tués par des nazis acculés mais encore puissants. La prochaine commémoration du massacre d’Andeville ce 27 août nous le rappellera encore.

Ce dimanche 20 août en forêt de Compiègne, une autre cérémonie du souvenir sur le point de départ du « dernier train » parti de Compiègne le 17 août 1944 et emportant 1256 hommes vers le camp de Buchenwald : 656 en reviendront. Voici les renseignements pour s’y rendre :

Ce train ne fut pas le dernier train de déportés parti de France : le 3octobre un train partait de Belfort : 60 hommes seront déportés à Buchenwald ; 35 en reviendront ; Belfort sera libérée le 25 novembre…

15, 23 et 27 août : l’ANACR-Oise sera présente aux commémorations à Trie-Château, Paris et Andeville

Plusieurs cérémonies en cette moitié de mois d’août auxquelles l’ANACR-Oise va participer et vous invite à participer : à Trie-Château le 15, à Paris le 23, à Andeville le 27.

Mardi 15 août : les Kroumirs

L’amicale des anciens combattants de Trie-Château commémore les événements du 14 août 1944 communément appelés « la fusillade des Kroumirs » où des fermiers de Trie-Château et des résistants et patriotes du maquis de Ronquerolles furent fusillés par les SS. Voir l’article de Jean-Yves Bonnard dans Le Maitron et plusieurs article ssur ce blog.

Le rendez-vous est fixé pour 10H30, le mardi 15 août 2023 à la ferme des Kroumirs, route de Villers-sur-Trie à
Trie-Château, où la cérémonie commencera à 10h45.

Mercredi 23 août : La Flamme du Soldat inconnu

Chaque année, le 23 août, l’ANACR Nationale ravive la Flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe à Paris.
Le rassemblement aura lieu à partir de 17 h 45 à I’entrée du souterrain du Souvenir , avenue des Champs-Élysées. La cérémonie ayant lieu à 18 h 30. (Drapeaux, décorations),

Dimanche 27 août : à Andeville

La cérémonie a lieu le 27 août 2023 à 10 heures 45 devant la mairie d’Andeville pour rendre hommage aux martyrs résistants tombés à la libération lors de la dernière guerre mondiale.Jean-Pierre Besse parle du « massacre d’Andeville« .

En lisant la fiche ci-dessous qu’il a rédigée sur les évènements du 23 août 1944 à Andeville, on ne peut que partager ce terme ; et s’associer à l’hommage rendu à ces 16 victimes de la barbarie nazie :

« Le mercredi 23 août 1944, un soldat allemand entre chez Léon Joguet, le coiffeur du village, en uniforme et explique qu’il en a marre de cette guerre et qu’il veut déserter. Lui faisant confiance, le coiffeur avertit les résistants locaux qui le placent dans la maison de l’un d’entre eux, Marceau Oranger.

Le soldat, habillé en civil, est transféré à La Boissière-en-Thelle le samedi 26 août, mais il profite du voyage pour s’évader après avoir prétexté un besoin urgent. On ne le retrouve pas.

Le dimanche 27 août, vers 11 h, des dizaines de soldats allemands et des véhicules envahissent Andeville. Un homme, Marcel Laflandre, qui n’a pas ses papiers et tente de s’enfuir est abattu.
Un détachement se rend chez le maire, Georges Petit, et l’oblige à les conduire là où le soldat allemand a été hébergé le premier jour.
Il s’agit de la maison de Maurice Oranger. Arrivés chez ce dernier, ils le fusillent ainsi que deux aviateurs noirs sud africains qu’il cache (David Abrahams et Bostander Noble). Ils tuent ensuite le maire et trois autres personnes (Octave Beaucheron, Alexandre Viville, Maurice Chéron).

Puis ils réunissent une quarantaine d’hommes contre le mur de l’église. Le « déserteur » indique ceux qu’il croit reconnaître. Neuf hommes sont ainsi abattus : Jean Gapaillard, Lucien Voisy, Miguel Sotero, Jean Pinguier, Jean Letaille, Georges Dedreux, André Crigny et Jean Daelmans.

C’est donc seize hommes du village qui sont tués. S’il existe une stèle et une rue des 17 martyrs c’est qu’on y a associé un résistant, Maurice Camin, tué dans la Somme le 28 août. L’abbé Guerville qui faisait partie des otages est chargé par les Allemands de faire disparaître les corps qui sont inhumés, dans un premier temps, dans une fosse commune creusée dans le cimetière.

Le 1er juillet à Bulles, hommage à sept Résistants pris dans la rafle du 3 juillet 1944

A Bulles, Samedi 1er juillet, en présence de la première adjointe Madame Christelle Vermeulen, une cérémonie a rendu hommage aux Résistants, certains réfractaires au STO, victimes de la rafle du 3 juillet 1944.

L’ANACR a été invitée à la demande de Jackie Louvet qui a pris la parole après l’intervention de Madame Vermeulen : il a expliqué les circonstance de cette rafle. Hélène et Gil Boulanger ainsi que Claude Leleu étaient présents ; Gil a rempli le rôle de porte-drapeau, Était également présente une petite fille de Georges Jauneau alias Capitaine Jacques responsable du détachement Jacques Bonhomme dans le secteur de Saint-Just-en-Chaussée.
La cérémonie a été clôturée par le pot de l’amitié et monsieur Laurent Tabary a dédicacé son livre « 3 juillet 1944 » consacré à cette rafle.

ESPALIEU Jean Louis Maurice : Résistant FTP – Déporté 81322 – fiche établie par Jean-Yves Bonnard pour Resistance60.fr – Né le 30 janvier 1920 à Fleurines (Oise), de nationalité française, chauffeur-livreur domicilié à Bulles. Parti du 18 mars au 25 décembre 1943 au STO, il devient réfractaire puis résistant FTPF. Il participe au sein du Front National au sabotage de dépôts d’essence et de lignes téléphoniques, distribue des journaux clandestins. Arrêté le 3 juillet 1944, déporté à Buchenwald puis à Dachau, libéré le 29 avril 1945, revenu en France. Ouvrier spécialisé, il décède le 19 mars 1975 à Bulles.

LEFEVRE Michel : déporté 81545 – né à Paris le 17 mai 1945, parti le 17 août 1944 de Compiègne, déporté à Buchenwald, revenu de déportation – site bddm.org

LEPRINCE Florent : déporté 81368 – né à Calais le 13 janvier 1919, parti le 17 août 1944 de Compiègne, déporté à Buchenwald, revenu de déportation le 11 avril 1945, dit Royer Laurent – site bddm.org

Nous n’avons pas trouvé MORTAGNE Roger mais MORTAGNE Auguste est lui aussi parti le 17 août 1944 de Compiègne : déporté à Buchenwald, Matricule 81328, revenu de déportation – site bddm.org

Nous n’avons pas trouvé sur resistance60.fr et sur bddm.org les noms de Charles DAVY, Paul Le PELLEY et Edouard WYRZYKIEWICZ

Les Ami-e-s de Martha Desrumaux se réjouissent de la décision de faire entrer Missak Manouchian au Panthéon et rappellent que Martha Desrumaux devrait aussi y avoir sa place

L’association Les ami-e-s de Martha Desrumaux milite a été créée en 2015 et porte la demande de faire entrer Martha Desrumaux au Panthéon depuis 2014. En 2009, la parution du livre de Pierre Outteryck, Martha Desrumaux, une femme du Nord, ouvrière, syndicaliste, déportée, féministe, avait remis en mémoire le rôle de Martha Desrumaux comme syndicaliste, Résistante, déportée…

Un très intéressant article de Pierre Outteryck, Martha Desrumaux, une nécessité : transmettre l’histoire, paru dans les Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, en 2021 (150 | 2021, 143-163) présente toutes les facettes de la vie et de l’engagement de Martha Desrumaux : à lire ICI .

A lire sur ce blog, un premier article consacré à Martha Desrumaux en juin 2020.

A lire aussi l’article consacré sur ce blog à la décision de faire entrer Missak Manouchian au Panthéon à laquelle l’ANACR apporte son soutien total.