Le fils de Saul : le débat avec des élèves de Clermont après la projection

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Madame Limonier, professeur d’Histoire au Lycée Cassini et plusieurs de ses collègues ont emmené trois classes d’élèves de Terminales à cette séance où était projeté le Fils de Saül (Grand prix du Jury du Festival de Cannes 2015). La séance était soutenue par l’ANACR – OISE et l’AOCNRD  représentées par Madame Boulanger et Monsieur Le Drogo.

Après une rapide présentation du film, de son thème et du personnage de Saül Auslander (« l’étranger » en Hongrois),  la projection  du film de Laslo Nemes s’est déroulée devant un auditoire attentif et silencieux.

Par contre, dès la fin du film, une rumeur a parcouru la salle entière, les jeunes échangeant, dans un bourdonnement continu, leurs vives réactions sur le film.

Madame Limonier a ensuite lancé le débat en s’assurant de la compréhension des élèves. De nombreux jeunes ont participé au premier thème du débat sur le sens du  personnage de Saül, un des lycéens analysant son obsession irrépressible d’inhumer « dignement »  un fils  comme un « désir de se racheter »  pour avoir contribué malgré lui au crime de masse. L’inventaire par l’auditoire de toutes les autres formes de « défense de l’humanité » et de résistance  montrées ou évoquées dans le film a permis d’évoquer les circonstances de la révolte du 7 novembre 1944, et d’expliquer la difficulté d’un soulèvement des déportés pris individuellement dans ce système de terreur  – véritable laboratoire des théories  raciales hitlériennes.  Le débat sur le choix du réalisateur de traiter son sujet au moyen d’une fiction a conduit les jeunes à citer pratiquement tous les films traitant de la déportation et du génocide des juifs d’Europe, et à les situer dans leur époque. L’usage d’une fiction rend – elle moins crédibles les événements passés qu’un documentaire fondé sur des témoignages ?  Voici les principales appréciations  exprimées : « Le Fils de Saül »  est très réaliste », « il nous plonge dans le fonctionnement intérieur d’Auschwitz », on suit le personnage en quête d’un rabbin à travers le camp, «  cela permet d’en reconstituer tout le fonctionnement ». Le rappel historique du plan T4 hitlérien d’ « euthanasie » massive (dès 1939 et la déclaration de guerre) et de l’utilisation de ses agents dans la mise en place des camps d’extermination et des chambres à gaz ont fourni, pour conclure, les arguments propres à réfuter les thèses négationnistes.

Amenés à réfléchir sur la sanction des crimes de masse, les élèves ont évoqué le rôle de l’ONU ; l’un d’eux notant l’importance de la « guerre froide » pour expliquer les quarante ans écoulés entre la création de la Cour Pénale internationale et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Les cent trois jeunes et les sept adultes réunis au cours de ce ciné-débat – permis grâce aux conditions exceptionnelles consenties par le Cinéma du Clermontois –  se sont ensuite séparés après avoir partagé leurs réflexions sur les crimes d’un passé tragique et avoir  renforcé leur vigilance  contre tout oubli ou toute banalisation.

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