avril-Mai : plusieurs manifestations soutenues par le Comité d’entente des associations issues de la Résistance et de la Déportation

Dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, fixée au dernier dimanche d’avril (cette année le 24 avril), le samedi 23 avril à 15h, à la Médiathèque centrale, Cour des Lettres à Beauvais : lecture publique Les cahiers de Yanina en soutien à l’association SOFIA (Association de Fraternité Internationale par l’Art). Inscriptions au 03 44 15 67 02.

Pour découvrir toutes les activités proposées pour célébrer cette journée par l’association SOFIA : merci de cliquer ICI.

Mercredi 27 avril 16h30 au Cinéma Agnès Varda, 8, avenue de Champagne à Beauvais, projection et échanges : le film Les leçons persanes de Vadim Pérelman.

Renseignements : 03 44 10 30 80.

Mercredi 11 mai à 14h à l’Auditorium des Archives de l’Oise, conférence de Laurent Thiery et Jean – François Monnet autour du Livre des 9000 déportés de France à Dora – Mittelbau : sur invitation ; renseignements : 03 44 10 42 00.

Grande et belle cérémonie à Carlepont et Royallieu, le dimanche 13 mars.

Le dimanche 13 mars a eu lieu à Carlepont et à Compiègne une cérémonie particulièrement importante qui a rendu hommage aux otages fusillés de Compiègne et Carlepont à l’initiative du PCF, de la CGT, de l’ANACR-Oise et du FNDIRP-Oise ; de très nombreuses associations (AMOI, Mémoire vive, ARAC, …) étaient aussi représentées.

Il y a exactement 80 ans, 16 otages ont été fusillés puis inhumés dans six différents cimetières de l’Oise : 2 à La Croix saint Ouen, 2 à Vieux Moulin, 3 à Carlepont, 3 à Cuts, 6 au cimetière Nord de Compiègne. Tous extraits du camp allemand d’internement de Compiègne Royallieu (Front stalag 122). Tous, militants ou sympathisants communistes ou considérés comme tels. Tous ont été fusillés au titre d’otages.

Il y a une seule stèle commémorative à la Butte aux Zouaves à Moulin-sous-Touvent en forêt de Carlepont pour les six fusillés qui ont été ensuite inhumés à Carlepont. La Butte aux Zouaves à Moulin-sous-Touvent a été classée monument historique en 2002 mais il y a actuellement une demande de déclassement de la part de l’entreprise Gurdebeke (traitement de déchets) qui voudrait agrandir son site à proximité de la Butte aux Zouaves. Une procédure est en cours, et le tribunal administratif d’Amiens a décidé provisoirement que ce lieu, hautement symbolique des deux guerres mondiales dans l’Oise, restera classé au titre des monuments historiques.

La première partie de la cérémonie prévue initialement à la Butte aux Zouaves s’est déroulée au cimetière de Carlepont pour rendre hommage à :

  • Léon Durville, 61 ans : marchand forain, militant communiste de l’Aisne, fusillé le 21 février 1942, inhumé à Carlepont
  • Arthur Lefebvre, 45 ans : ouvrier mécanicien, militant communiste, fusillé le 21 février 1942, inhumé à Carlepont
  • Emile Michaud, 41ans : commerçant, militant communiste, fusillé le 21 février 1942, inhumé à Carlepont
  • Corentin Cariou, 43 ans : ajusteur à la Société du gaz de Paris, syndicaliste, membre du comité central du Parti communiste, conseiller municipal de Paris, résistant, fusillé le 7 mars 1942, inhumé à Cuts
  • Jean Baptiste Réchaussière, 41 ans : contrôleur, Société des transports en commun de la région parisienne, militant syndicaliste et communiste, fusillé le 7 mars 1942, inhumé à Cuts
  • Pierre Rigaud, 41 ans : ouvrier et dessinateur industriel dans la construction électrique de France, dirigeant de la Jeunesse communiste à Paris et à Lyon, fusillé le 7 mars 1942, inhumé à Cuts

Après la lecture des noms de ces 6 otages et les allocutions de Patrice Carvalho, Maire de Thourotte, ancien député et conseiller départemental et de Nicolas Bonnet, Président du Groupe des élus communistes de la ville de Paris, des gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence a été observée suivie de la Marseillaise et du Chant des Partisans.

La cérémonie s’est ensuite poursuivie à Compiègne, au Mémorial de la Déportation de Royallieu pour rendre hommage à :

  • Roger L’Hévéder, 27 ans : marin communiste, inhumé à la Croix-Saint-Ouen, fusillé le 14 février 1942, inhumé à La-Croix-Saint-Ouen
  • Lucien Levavasseur, 31ans  : ouvrier du textile, militant communiste et syndicaliste, fusillé le 14 février 1942, inhumé à Vieux-Moulin
  • Jacques Samson, 22 ans : ouvrier du textile, syndicaliste CGT et militant communiste, fusillé le 14 février 1942, inhumé à La-Croix-Saint-Ouen
  • Chaïm Porecki, 27 ans : fourreur, juif, sympathisant communiste, fusillé le 14 février 1942, inhumé à Vieux-Moulin
  • Gustave Delarue, 58 ans : ouvrier du textile, puis de la chimie, secrétaire du syndicat CGTU, secrétaire de section communiste, fusillé le 31 mars 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne
  • Maurice Boulet, 41 ans : ouvrier du textile, militant syndicaliste, fusillé le 9 mai 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne
  • Jean Delatre, 21 ans : ouvrier métallurgiste, militant communiste, fusillé le 9 mai 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne
  • André Giraudon, 25 ans : ajusteur, militant communiste du Cher, résistant, fusillé le 9 mai 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne
  • Gustave Lecomte, 36 ans : syndicaliste, résistant, fusillé le 9 mai 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne
  • Ursin Scheid, 43 ans : ouvrier métallurgiste, militant syndicaliste et communiste, fusillé le 9 mai 1942, inhumé au cimetière-nord Compiègne

Après la lecture des noms de ces 10 otages et les allocutions de Loic Pen pour le Parti communiste, fédération de l’Oise, Nayé Sidibe pour l’Union départementale de la CGT-Oise et Hélène Fabre Boulanger pour l’Association Nationale des Anciens Combattants, ami-e-s de la Résistance de l’Oise, comme à Carlepont, des gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence a été observée suivie de la Marseillaise et du Chant des Partisans.

Voici le texte qu’Hélène Fabre Boulanger a prononcé au nom de l’ANACR-Oise :

Mesdames Messieurs, chers Amis chers Camarades,

L’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance est née au lendemain de la seconde guerre mondiale. C’est au nom des 60 millions de morts et des destructions considérables qu’elle a engendrées, que notre association s’est donnée comme objectif de transmettre la Mémoire des Hommes et des Femmes qui ont lutté contre le régime hitlérien, pour la Liberté de notre pays, pour la paix, pour la défense des valeurs patriotiques, démocratiques et humanistes.

Ces valeurs ont été confortées et enrichies -en particulier à propos des fusillés- par les recherches et le travail d’un homme trop vite disparu et à qui je souhaite devant ce monument rendre hommage : notre ami, Jean-Pierre BESSE, professeur et historien.

C’est au titre de ces valeurs que nous commémorons les assassinats commis il y a 80 ans en forêts de Compiègne et de Carlepont. Ces crimes, accomplis contre des hommes de tout âge, des fils, des pères, des frères, des hommes engagés, qui au préalable, ont été emprisonnés ici même dans ce camp allemand de COMPIEGNE.

Ils étaient, internés politiques, syndicalistes, Résistants. Ils étaient des otages, choisis avec la complicité du gouvernement français de Vichy, en représailles à des actes de la Résistance, des sabotages, des attentats.

Nous nous inclinons avec respect devant ces patriotes qui sont tombés pour libérer la France. nous ne les oublierons pas, comme nous ne voulons rien oublier de cette guerre tragique, afin de transmettre en particulier aux jeunes générations, cette mémoire indispensable pour que la Paix l’emporte sur la guerre, sur toutes les guerres.

Nous n’oublions pas, ce que nous devons au peuple russe, à son engagement et ses sacrifices pour en finir avec Hitler et le nazisme. Mais notre association s’oppose résolument à cette nouvelle guerre en Ukraine, engagée par Vladimir Poutine. Nous exigeons un cesser le feu immédiat et l’ouverture de négociations de Paix, entre l’Ukraine et la Russie sous l’égide de l’ONU.

Je vous remercie.

Commémoration au Monument aux Morts du Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne le 13 mars 2022

Déclaration de l’ANACR-Oise pour une solution négociée dans la guerre de la Russie contre l’Ukraine

L’ANACR Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance est née de la seconde guerre mondiale qui a fait plus de 60 millions de morts et des destructions considérables d’où son attachement indéfectible à la paix et pour la défense des valeurs patriotiques, démocratiques et humanistes.

Une nouvelle fois l’usage des armes et la guerre se substitue à la négociation.

A nouveau le nationalisme et l’autoritarisme s’imposent au détriment du droit des peuples et de la coopération entre les nations.

Le président russe porte la responsabilité militaire au mépris des instances multilatérales et du droit international.

La responsabilité collective revient à tous ceux qui ont nourri le feu de la confrontation aux portes de la Russie en laissant entendre que l’Ukraine pouvait intégrer l’OTAN.

Ce désastre pouvait être évité, et pourrait s’arrêter si toutes les parties le souhaitent ce qui ne paraît pas être le cas dans les dernières déclarations de notre président.de la république.

L’ANACR appelle au cessez le feu immédiat, à la PAIX et à des solutions négociées dans l’intérêt des peuples Russe et Ukrainien.

Nous devons être vigilants car tout conflit peut dégénérer.

L’ANACR Oise est solidaire de toutes les forces de PAIX, en Ukraine et en Russie et dans le monde qui se lèvent contre la guerre

ANACR OISE

Le 26 février 2022

Communiqué de l’ANACR nationale : rechercher le dialogue dans le cadre de l’ONU

REVENIR AUX PRINCIPES FONDATEURS DE L’O.N.U.

Il y a 77 ans s’achevait la Seconde Guerre mondiale, initiée par la politique expansionniste pangermaniste d’Hitler ayant commencé avec l’Anschluss de l’Autriche en 1938 et qu’il poursuivit, en l’absence de réaction internationale conséquente pour le stopper, par l’annexion des Sudètes tchécoslovaques avant de s’en prendre, sous prétexte de protection de minorités allemandes prétendument persécutées, à la Tchécoslovaquie puis à la Pologne en septembre 1939, ce qui entraina la guerre ; un conflit ayant fait près de 60 millions de morts.

Ce tragique bilan conduisit plus de cinquante pays, au premier rang desquels ceux ayant combattu le nazisme et le militaro-fascisme japonais, l’Union Soviétique, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, le Canada, l’Australie, la Belgique, les Pays-Bas…, ainsi que l’Ukraine et la Biélorussie, aux identités nationales spécifiques ainsi reconnues internationalement, réunis à San Francisco le 24 octobre 1945, à créer l’Organisation des Nations-Unies, l’O.N.U., et à adopter à l’unanimité sa Charte, dans le préambule de laquelle on peut lire : «Nous, Peuples des Nations Unies résolus, à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international (…)

L’article 1 de la Charte précisant que «que les buts des Nations Unies sont les suivants : Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ; développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde»…

Et son article 2 que «l’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres (…) [que] les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger, [que] les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies, [que] les Membres de l’Organisation donnent à celle-ci pleine assistance dans toute action entreprise par elle conformément aux dispositions de la présente Charte et s’abstiennent de prêter assistance à un État contre lequel l’Organisation entreprend une action préventive ou coercitive… ».

Certes, depuis 1945, l’O.N.U. n’a pu empêcher tous les conflits, notamment quand y étaient impliqués les pays (Etats-Unis, URSS/Russie, Grande-Bretagne, France, Chine) bénéficiant au sein du Conseil de sécurité d’un droit de veto, éventuellement paralysant de prises de décision ou d’adoption de résolutions (guerres de Corée, d’Indochine, du Viêtnam, du Proche-Orient…), mais elle a été aussi souvent le cadre de la mise en place de cessez-le-feu, de déploiement de forces d’interposition, de la négociation de règlements permettant de sortir des affrontements…

Depuis 2008, l’Europe orientale est le théâtre de l’exacerbation de conflits opposant la Russie à plusieurs de ses voisins (Ukraine, Géorgie, Moldavie), conflits dans lesquels s’interpénètrent préoccupations stratégiques notamment sécuritaires, contentieux historiques, aspirations nationales, volontés expansionnistes. Conflits ayant pris ce 24 février 2022 une dimension dramatique avec les opérations de guerre menées par la Russie contre l’Ukraine, pays fondateur de l’ONU, la négation de la légitimité de son existence nationale, et les menaces de guerre nucléaire exterminatrice explicitement exprimées à l’encontre des pays qui lui seraient efficacement solidaires.

Cette situation menace la sécurité en Europe, la paix dans le monde et, potentiellement en cas de conflit nucléaire, l’avenir de l’humanité. La seule voie – honorable – pour en sortir est la recherche, par le dialogue dans le cadre de l’ONU, de solutions respectant les principes fondateurs de sa Charte, auxquels ont adhéré en 1945 les différentes parties aujourd’hui en conflit en Ukraine.

Le 24 février 2022

L’ASSOCIATION NATIONALE DES ANCIENS COMBATTANTS ET AMI(E)S DE LA RESISTANCE

Et deux autres photos de la conférence de Laurent Thiery consacrée à la présentation du livre Les 9000 déportés de France à Mittelbau -Dora, le 22 février dernier ; elles nous ont été envoyées par la médiathèque de Creil : comme le rappelle le communiqué ci-dessus, la guerre déclenchée depuis plusieurs jours par la Russie en Ukraine rappelle l’enclenchement de la Seconde Guerre Mondiale avec l’Anschhluss. Les V2 fabriqués à Dora n’ont pas permis à Hitler de gagner la guerre mais les savants qui les avaient imaginés ont donné au monde la bombe atomique et les moyens de l’utiliser. Espérons effectivement que l’ONU , née de la Seconde Guerre mondiale, saura en empêcher une troisième…

Vous pouvez consulter le livre à la médiathèque de Creil.

retour sur la conférence d’hier et conférence le 25 mars de Frédéric Gondron sur la ligne Chauvineau

La conférence donnée hier à la médiathèque Chanut de Creil (voir notre article précédent) a pu se faire grâce à l’ANACR Oise qui a fait don du dictionnaire sur Dora le 26 février 2021. La pandémie n’a pas permis d’organiser cette conférence en 2021, aussi la directrice de la médiathèque, madame Hannon, l’a programmé dès que possible.

C’est la raison pour laquelle Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR, est intervenue en début de réunion ; elle a rappelé les circonstances de la création de l’ANACR et nos objectifs : tout ce qui explique donc le soutien de l’ANACR au travail sur le livre Les 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, les raisons de ce don et l’importance de faire des réunions comme cette conférence :

Je remercie Madame Hannon ainsi que monsieur Jean-Claude Villemain maire de Creil pour la présentation de ce dictionnaire sur le camp de Dora

Je voudrais simplement rappeler ce qu’est l’ANACR pour ceux qui ne la connaissent pas.

C’est une association créée en MARS 1945 par les Francs-Tireurs et Partisans Français, plus connue sous le sigle FTPF.

En 1952 elle prend le nom de l’ANACR s’élargissant à toutes les familles de pensée de la Résistance Intérieure et de la France Libre, à toutes les formes de combat de la Résistance, s’inspirant par-là de l’Unité de la Résistance réalisée au CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE (LE CNR) le 27 MAI 1943 à Paris, rue du Four, sous la présidence de Jean MOULIN.

Aujourd’hui il reste très peu de Résistants à l’ANACR, ces deux dernières années 9 d’entre eux nous ont quittés, au niveau de notre association départementale.

L’ANACR s’est donc ouverte aux AMIS DE LA RESISTANCE en 1970 pour approfondir :

– La connaissance de la réalité du nazisme et du régime de Vichy.

– Le combat de la Résistance Intérieure pour libérer la France et restaurer la Démocratie.

– Les Amis luttent contre la tentative de nier ou minimiser les crimes du fascisme et de la collaboration.

– Ils luttent contre la résurgence des idées xénophobes et racistes.

– Ils affirment leur attachement à la PAIX, à la Démocratie, à la Fraternité entre les peuples menacés par la résurgence du fascisme. La bête immonde n’est pas morte et nous nous devons, au nom de nos aînés, la Combattre.

NOUS VOUS RAPPELONS QUE LE 19 JUILLET  2013 UNE LOI A DECRETE LE 27 MAI JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE, loi parue au journal officiel le 20 juillet 2013. Les Résistants ont attendu 68 ans pour obtenir la reconnaissance officielle de leur engagement pour libérer la France du joug allemand.

Nous continuons de transmettre leurs mémoires, nombre d’entre eux sont morts pour que nous soyons libres.

C’est ainsi que nous avons offert le dictionnaire de DORA à la ville de Creil.

Je vous remercie

Hélène Boulanger Fabre, le 22 février 2022

Introduction à la conférence et à la remise du dictionnaire aux familles de Déportés à Dora, à Creil par Laurent Thiery et Jean-François Monnet.

Merci à Frédéric Gondron qui a pensé, lui, à prendre des photos !

Vous pouvez le retrouver , le 25 mars 2022, pour une conférence proposée par le Musée des Bombardements de Saint-Maximin avec le soutien de l’ANACR-Oise et Picardie 1939-1945 :

Après la conférence de Laurent Thiery et la rencontre avec les familles des « 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora de Creil et les environs.

Hier, à la médiathèque Chanut de Creil (espace culturel de la Faïencerie) s’est déroulée une conférence et surtout une cérémonie très émouvante organisée autour du livre mémorial Les 9 000 déportés de France à Mittelbau-Dora, publié en 2020 chez Le cherche midi éditeur : un travail immense dirigé par Laurent Thiery qui était présent hier avec Jean-François Monnet, un de nos adhérents.

Laurent Thiery est docteur en histoire et historien au centre d’histoire et de mémoire La Coupole d’Helfaut-Wizernes dans le Nord-Pas-de-Calais depuis 2013, est spécialiste des questions de répression et de déportation. Il est aujourd’hui membre du comité scientifique de la Fondation de la Résistance et président du comité scientifique pour le projet de rénovation du Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne-Royallieu.

Jean-François Monnet a travaillé sur ce projet pour ce qui concerne les déportés ayant un lien avec l’Oise (naissance, résidence ou arrestation).

Ce travail colossal a mobilisé près de 70 auteurs répartis dans chaque région de France. L’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti signe la préface : son grand-père et deux de ses grands-oncles, antifascistes italiens des mines de Lorraine, ont été déportés à Dora. Jean-François Monnet nous expliquera qu’un de ses oncles a lui aussi été déporté à Dora et que en faisant des recherches sur le parcours de cet oncle qu’il n’a pas connu, il s’est impliqué très fort dans l’histoire de la déportation et devenu, entre autres responsabilités, président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Oise.

L’ouvrage impressionne d’abord par ses dimensions : 2600 pages, 4,2 kg, 3000 photos, 9000 notices biographiques ! Il comporte aussi des articles sur les différents aspects de ce camps de Dora, surnommé par les premiers déportés qui y arriveront « L’enfer de Dora ».

Avec la conférence de Laurent Thiery, c’est tout le fonctionnement de ce camp qui nous ai expliqué et on comprend que ce projet nécessaire et très émouvant en tant que travail de mémoire va beaucoup plus loin et analyse l’ensemble du système nazi.

Cette conférence a été aussi l’occasion de remettre aux familles de déportés à Dora de la région de Creil un exemplaire numéroté du livre : un geste qui associe les familles (petits-enfants ou petits-neveux) à cet immense travail ! Et qui a été un moment d’émotion et d’hommage partagé par toutes les personnes présentes. A l’appel de chaque nom de déporté, la directrice de la médiathèque et Jean-François Monnet ont lu, à tour de rôle, un résumé de la notice le concernant ; et parfois, la petite-fille, le petit-neveu corrigeait un nom, une date…

Cette conférence a été aussi présentée à une classe du Lycée Jules Uhry de Creil : ce travail avec les jeunes et les professeurs fait partie intégrante du projet.

Et ce livre pour imposant qu’il soit n’en est qu’une étape ! Une exposition et un site sont aussi prévus.

Ces conférences sont faites d’abord pour remettre le livre aux familles des déportés de Dora. Nous vous encourageons à y assister si vous avez la chance d’en découvrir une près de chez vous !

Nous n’avons pas eu l’idée de faire des photos ! Si la médiathèque nous en envoie (la demande vient de partir) nous les mettrons sur ce blog.

En février et mars : autour de la préparation du Concours national de la Résistance et de la Déportation – Et des nouvelles d’un musée ardéchois

Le thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2021-2022 est  » La fin de la guerre. Les opérations, les répressions, les déportations et la fin du IIIe Reich (1944-1945) « .

Ce concours est ouvert aux collégiens de 3ème et aux lycéens en France et à l’étranger, depuis 1961.

Dans l’Oise, l’AOCNRD (Association pour l’Organisation du Concours National de la Résistance et de la Déportation) regroupe plusieurs associations dont l’ANACR-Oise avec l’objectif d’aider les élèves et les professeurs dans la préparation du concours. Elle a un blog que vous pouvez consulter en cliquant ICI.

En novembre 2021, puis le 19 janvier, des activités ont été proposées

Et en février et mars, vous pouvez participer à :

Voici des nouvelles du musée de la Résistance et de la Déportation en Ardèche, créé en 1992 par d’anciens résistants ardéchois. Et son adresse : 15 rue du travail 07400 LE TEIL ; peut-être une étape sur la route des vacances ?

LE TEIL (que nous ne sommes sans doute pas très nombreux à situer) est dans le sud de l’Ardèche, au bord du Rhône.

Aujourd’hui, dans la cathédrale de Senlis, un très bel hommage à Jacqueline Leroy

Six porte-drapeaux dont un britannique et un américain et beaucoup de fleurs, pour le dernier adieu à Jacqueline Leroy dont le cercueil était recouvert du drapeau français.

Deux intervenants ont évoqué le rôle si important que Jacqueline Leroy (Cabre de son nom de jeune-fille, LA CABRETTE pour la Résistance) a assumé à 18 ans !

Alain Blanchard, vice-président de l’ANACR-Oise, s’est exprimé au nom de notre association :

Mesdames et Messieurs,

Le décès de Jacqueline Leroy, le 13 décembre a suscité une forte émotion, parmi les membres de sa famille et au-delà parmi celles et ceux nombreux, qui la connaissaient, mais aussi au coeur de cette ville de Senlis et dans notre association, de l’ANACR Oise

Jacqueline Leroy, Résistante de Senlis, était adhérente de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance, au nom de la quelle je m’exprime devant vous ce jour, en ce lieu remarquable de la cathédrale Notre Dame, tant lié, comme l’était Mme Leroy, à l’histoire de cette ville de Senlis.

Jusqu’à très peu de temps, elle participait au travail de transmission de la mémoire de la Résistance, en témoignant auprès des jeunes.

Jacqueline Cabre épouse Leroy est née le 28 février 1924 à Paris Cinquième. Mais l’essentiel de sa vie et de ses engagements étaient ici même sur le territoire de Senlis. Elle est entrée dans la Résistance le 1er février 1943 à l’âge de 18 ans, elle était de cette jeunesse ; oh combien courageuse, à qui nous devons tant aujourd’hui encore. Elle était de ces jeunes femmes téméraires et volontaires, qui ont forgé l’histoire de la Résistance.

Elle est entrée au Front National de la Libération, sous-secteur de Senlis, sous le matricule 4313 et le pseudonyme de Cabrette.

Son chef de secteur était André Decatoire, Jules Fossiez son chef de sous-secteur, René Charpentier son chef de groupe, tous les trois Résistants Senlisiens.

Elle a participé à la fabrication de plusieurs centaines de fausses cartes d’identité. Elle a également distribué des tracts et des journaux clandestins comme « Le Patriote de l’Oise » après le couvre-feu, prenant le prétexte de promener sa petite chienne.

Le 5 ou 6 mai 1944, avec son chef de groupe, elle a transporté deux mitraillettes Sten récupérées par Mme Herlin de Chantilly.

En tant qu’agent de liaison, elle a participé au convoyage de sept aviateurs américains le 10 mars 1944, effectué une mission de repérage sur le terrain d’aviation de Chamant.

Avec sa mère et sa grand-mère Rolande et Jeanne Pennequin, elle a hébergé deux soldats anglais du 25 juillet au 31 août 1944.

En juillet 1944, prévenue qu’un convoi de détenus était enfermé dans un car en panne près de Senlis, elle est partie avec 2 employés du Secours National à vélo pour leur apporter du secours. Arrêtées par les Allemands, elles ont été interrogées durant 4 heures.

Deux soldats américains étaient alors cachés dans les locaux du Secours National.

Ces faits lui ont valu, ainsi qu’à sa mère plusieurs reconnaissances : un diplôme du Président américain Eisenhower, un diplôme anglais du Chef Marschall Commandeur de l’Expeditionary Force en 1945, un diplôme Air Force Escape Evasion en 1985 de la part du président américain Reagan, un diplôme signé du Ministre des anciens combattants et victimes de guerres Pierre Pasquini, portant le Titre de Reconnaissance de la Nation.

Elle est titulaire de la carte de combattante volontaire de la Résistance

Reconnaissance suprême de notre République, le samedi 23 mars 2019, Jacqueline Leroy recevait les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, des mains du général de brigade aérienne Patrick Jelensperger dans le grand salon de l’hôtel de ville de Senlis en présence de sa famille et de ses amis, de Mme le maire de Senlis, des personnalités locales et territoriales.

Mais également de représentants des pays alliés États-Unis, Angleterre et Russie venus avec également leurs porte-drapeaux rappeler les services très importants que Jacqueline Leroy, alors toute jeune fille, a rendu aux alliés.

Une belle personne par ses valeurs, ses engagements, le sens de sa vie, ses sacrifices, nous quitte. Nous adressons, à ses enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants, arrière-arrière-petits-enfants, à toute sa famille, à ses proches, à son ami Christian Lucas, dernier compagnon de la Résistance senlisienne, nos sincères sentiments attristés et notre compassion. Je vous remercie.

Alain Blanchard

Vice-président de l’ANACR Oise

C’est ensuite Madame Anne-Marie Soudet qui a lu en anglais un message au nom des aviateurs qui furent sauvés par Jacqueline Leroy :

2021 12 21 eulogy
Jacqueline, vous faites partie des « femmes de la Résistance » répertoriées par Marguerite Rossiter
venue en France pour rédiger et publier sa thèse en 1986 « Women in the resistance ». En 1944 vous
travailliez au 31 de la rue du Châtel, vous et ma mère comme secrétaires du « Secours National », et
aviez pu convaincre sa directrice Marguerite Grognier à loger, nourrir, cacher donc de jeunes pilotes
américains abattus par la Flak allemande. Ils devaient attendre de longs jours désespérants, ne
devaient faire aucun bruit de crainte d’être entendus, jusqu’à ce qu’il fût possible de les conduire en
lieu sûr par un réseau fiable : Jonathan Pearson EE 1063, Thomas Yankus, Edward Peterson, Heyward
Claude Spinks EE 963, Thomas H Ruark EE 995, Claude Kelly ,Fred Gleason des Etats Unis, Chalise
Podeladzi, Yvan Sabouroft, Wassili Kopeikin de Russie, Allie Gassen et Cecil Johannis d’Afrique du Sud.
Malgré la gravité de la situation vous avez su rester gaie, enjouée, audacieuse, optimiste en dépit des
risques encourus.
Certains de ces soldats ont pu revenir vous témoigner leur reconnaissance et vous les avez reçus : en
64, 76, 85, 99, 2004, 2014,2016…..aujourd’hui d’une une petite ville de Floride Thomas Yankus, bientôt
âgé de 99 ans se joint à notre prière pour vous redire merci.
Anne-Marie Soudet- Declercq

Pour télécharger le texte en anglais merci de cliquer ICI

La mère d’Anne-Marie Soudet était secrétaire avec Jacqueline au Secours national : dans le témoignage de  René Charpentier publié par l’ANACR, il parle de  « Mademoiselle Thomas devenue épouse Declercq » qui a  reçu un diplôme au nom du président des Etats-Unis, signé Eisenhower ; le même diplôme a aussi été attribué à Mlle Gronier, à Jacqueline Leroy, sa mère Rolande et sa grand-mère Jeanne Pennequin, à M et Mme Creteur, à Jules Fossiez et à René Charpentier. C’est avec Melle Thomas que Jacqueline a demandé à Mlle Gronier qui dirigeait le Secours national de Senlis de cacher dans les locaux du Secours national les deux premiers aviateurs que le groupe de Senlis allait sauver ! Jonathan Pearson et Thomas Yankus (encore en vie) étaient cachés chez M. et Mme Creteur mais dans des conditions difficiles et dangereuses puisque le gendre de M. et Mme Creteur qui était juif se cachait aussi chez eux… C’est M. Creteur qui était allé les récupérer à Villeneuve-sous-Verberie (il pouvait circuler avec une camionnette des Ponts et Chaussées où il était sans doute employé). Et rappelons que le Secours national avait été créé en 1914, réactivé en octobre 1939, et mis sous l’autorité directe de Pétain par un décret du 4 octobre 1940 pour porter aide aux sinistrés ; une structure qui semble avoir été un point de ralliement des Résistants de Senlis !

Ces deux premiers aviateurs (et peut-être les autres) ont été pris en charge par le réseau Comète : vous pouvez lire leur parcours complet en cliquant ICI.

La maire de Senlis était présente ainsi que de nombreux membres de l’ANACR-Oise dont Christian Lucas dont l’amitié avec Jacqueline Leroy date de la Résistance : il n’avait que 14 ans et, avec son camarade Jean-Pierre Wable du même âge, fin juillet et début août 1944, ils récupéraient des armes directement dans les camions allemands stationnés près de la gare avant de rejoindre le front de Normandie. ILs se promenaient avec chacun un étui à violon qu’ils remplissaient peu à peu de pistolets, grenades et même de mitraillettes !

Ces informations sont extraites du N°2 de notre revue Pages de la Résistance : Souvenirs de jeunesse, la guerre 1939-1945, la Résistance par René Charpentier (publié en 2004)

La protestation de l’ANACR-Oise contre la fermeture du musée de la Résistance de Romans-sur-Isère

Le musée de la Résistance de Romans-sur-Isère, installé dans des locaux de la ville a été fermé par la maire de Romans. Nous avions publié sur ce blog le 13 octobre la motion de l’ANACR nationale s’indignant comme nous de cette décision : pour retrouver cet article et le lien pour signer la pétition Merci de cliquer ICI.

Le 14 décembre la présidente de l’ANACR-Oise a écrit au maire de Romans-sur-Isère pour lui dire notre indignation. Voici ce texte que vous pouvez aussi télécharger en CLIQUANT sur le lien qui est plus bas: