comme chaque année, l’ANACR a rendu hommage au Soldat Inconnu

Chaque jour, en fin d’après-midi, une cérémonie se déroule sous l’Arc de Triomphe : c’est le ravivage de la flamme du Soldat Inconnu, organisé par l’Association « La Flamme sous l’Arc de Triomphe, Flamme de la Nation » fondée en1925.

La Flamme du Soldat inconnu ne s’est jamais éteinte depuis plus de cent ans et les associations adhérentes à l’association « La Flamme sous l’Arc de Triomphe », les écoles, les villes peuvent y participer.

L’ANACR nationale y participe chaque année, le 23 août ; et cette année, une adhérente de l’ANACR-Oise, Françoise Vincent, était présente avec une vingtaine de personnes. Elle a salué la vice-présidente Anne-Marie Montaudon et le secrétaire général Jacques Varin et a été très impressionnée par cette cérémonie à laquelle elle n’avais encore jamais participé.

C’est le 11 novembre 1921, que le corps d’un soldat non identifié, a été placé sous l’Arc de Triomphe.

Il a été choisi par le soldat Auguste Thin parmi 8 cercueils de soldats morts pour la France tout au long de la ligne de front, tous non identifiés. C’est en 1923, le 11 novembre que pour la première fois la Flamme est allumée par le ministre de la Guerre, André Maginot, bien connu pour avoir été à l’initiative de la ligne de défense des frontières (construite entre 1928 et 1940, elle n’empêchera pas la défaite de juin 40 mais sera occupée par les Allemands pendant les combats de la Libération en 44-45…)

Le dernier train parti de Compiègne, le 17 août 1944

Chaque année un hommage solennel est rendu à ces 1250 déportés partis le 17 août 1944 alors que la Libération était toute proche : Bayeux est libérée depuis le 7 juin et Compiègne le sera le 31 août, 10 jours après leur arrivée à Buchenwald !. Beaucoup d’officiels mais surtout beaucoup de proches des déportés présents font de cette cérémonie du souvenir un moment très particulier avec l’évocation du terrible voyage qui dura quatre jours, les chants et surtout la concentration qui était sur tous les visages.

Le drapeau des déportés rappelle le triangle rouge qu’ils devaient porter

Samedi 13 août, commémoration du massacre des Kroumirs

Ce samedi 13 août, Alain Blanchard, vice-président de l’ANACR-Oise et Lucienne Jean ont participé à la commémoration du massacre perpétré par les Allemands le 14 août 1944 dans la ferme des Kroumirs dans la commune de Trie-Château. Ils ont déposé une fleurs devant la stèle qui rappelle le noms des maquisard et de ceux qui les avaient accueillis.

Le rappel des faits d’après le témoignage de Fernand Duirat

Dans une allocution, le responsable des anciens combattants a évoqué cette tragédie à partir du témoignage du seul survivant parmi les Résistants, Fernand Duirat.

Les Résistants étaient arrivés à Trie Château depuis seulement deux jours et avaient déjà fait des actions de sabotage comme couper en plusieurs endroits des fils téléphoniques utilisés par les Allemands.

On suppose que c’est un coup de feu tiré par les maquisards (ils avaient tué un sanglier) qui aurait alerté les Allemands. Pourtant le fermier, Pierre Bourgeois, qui abritait les maquisards, leur avait assuré que les coups de feu étaient nombreux dans les bois et qu’ils pouvaient chasser sans danger… La fille du fermier qui avait assisté à la mise à mort de son père et avait été interrogée avec sa mère par les Allemands, pensait plus à une dénonciation.

Les Allemands après avoir tué le fermier Pierre Bourgeois, ses deux commis André Vigneron (Alsacien refusant de servir dans l’armée allemande) et Jean Bouvy (son neveu, réfractaire au STO) avaient mis le feu à la ferme. Puis au cours d’un combat engagé entre les maquisards et les Allemands, quatre des six maquisards ont été abattus : Albert Leclère, Georges Rayez, Marcel et Robert Tilloloy. Les Allemands avaient ensuite jeté tous les corps dans le brasier de l’incendie.

Un autre Résistant, Roland Laurence, fait prisonnier, fut déporté par la suite à Buchenwald (départ de Compiègne du 17 août 1944 : c’est le dernier convoi, ). D’après la base de donnée de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, il en serait revenu sans qu’on connaisse la date de son retour des camps. Il aurait donc été , avec Fernand Duirat, un second survivant du massacre des Kroumirs.

« Morts pour la France : Pierre Bourgeois 1903, André Vigneron 1913 Jean Bouvy 1923, fusillés par les Allemands le 14 août 1944 »

Un responsable de la cérémonie nous a expliqué que, dans l’après-midi, les fleurs déposées devant la stèle des Kroumirs seraient apportées au cimetière à l’emplacement où les cendres de ces martyrs avaient été déposées. Nous avons voulu nous recueillir au cimetière : nous y avons trouvé la tombe de Pierre Bourgeois et ses deux commis mais pas la stèle en hommage aux maquisards tués aux Kroumirs.

A Boran-sur-Oise, une rue porte le nom de Jean Bouvy. A Chambly les noms de Louis Albert Leclère (1910-1944), Georges Rayez (1921-1944), Marcel Tilloloy (1923-1944) et Robert Tilloloy (1921-1944) sont sur le monument aux morts.

C’est aussi à Trie-Château qu’un groupe du réseau Prosper est créé en octobre 1942 par Georges Darling, éleveur de chevaux dans la commune. Le 25 juin 1943, Georges Darling meurt après un accrochage avec les Allemands au cours duquel il est blessé. Le réseau sera démantelé par les arrestations qui suivirent (plus de 30 dans l’Oise et l’Eure).

La cérémonie en souvenir du dernier convoi parti de Compiègne, devant la « Stèle du Dernier Train », se déroulera le Dimanche 21 Aout 2022, à 11h, route tournante à proximité du passage à niveau de la R.N.31 (Direction Soissons).

6 août 1944 – 6 août 2022 : l’hommage à Jean Corroyer à Clermont-sur-Oise

Le 6 août dernier, Hélène Boulanger, présidente de l’ANACR-Oise et Gil Boulanger, membre de l’ANACR-Oise, ont participé à la cérémonie d’hommage à Jean Corroyer organisée par la ville de Clermont-sur-Oise.

La Résistance a été très active à Clermont avec, dès 1941, un groupe de l’OCM (Organisation Civile et Militaire) organisé d’abord par Roland Delnef et Marcel Sailly ; après leur arrestation (en novembre 1943 pour Marcel Sailly et janvier 1944 pour Roland Delnef) le groupe est dirigé par Georges Fleury qui devient rapidement responsable départemental. Depuis les début, Jean Corroyer était leur opérateur radio, probablement un des premiers dans l’Oise.

Au cours de la cérémonie, c’est Patrick Fleury, petit-fils de Georges Fleury, qui a évoqué cette période et rendu hommage à Jean Corroyer.

6 août 2022 – stèle de Jean Corroyer

Le 6 août 1944, vers 5 heures du matin, des véhicules allemands et une voiture remplie de miliciens s’arrêtent devant son magasin, au 78 rue de la République. Pour échapper à l’arrestation, Jean Corroyer tente de s’enfuir mais il est tué.

Sa femme, Léonie, née le 7 novembre 1898 à Albert, et son fils Guy, né à Amiens le 17 avril 1923, sont arrêtés puis déportés. Ils meurent tous les deux en déportation, Léonie à Ravensbrück le 15 mars 1945, Guy à Artens le 5 mars 1945.

Jean Corroyer est né à Amiens en 1898. Ancien officier de marine, il était artisan électricien et avait été nommé conseiller municipal en février 1941. Il est décoré de la Légion d’honneur à titre posthume.

Le 13 août : commémoration du massacre de la ferme des Kroumirs

L’amicale des anciens combattants de Trie-Château commémore les événements du 14 août 1944 communément appelés « la fusillade des Kroumirs » où M. Bourgeois, fermier à Trie-Château, et ses deux commis, Jean Bouvy et André Vigneron, furent fusillés par les SS. Quatre Résistants, Albert Leclère, Marcel Tilloloy, Robert Tilloloy et Georges Rayez furent tués par le sAllemands ; Robert Laurence, fait prisonnier, fut déporté par la suite ; seul Fernand Duirat réussit à s’échapper après avoir abattu avec son arme deux soldats allemands.

Ces maquisards, échappés du maquis de Ronquerolles après l’attaque allemande du 19 juin 1944 qui avait fait 4 morts parmi le détachement FTP Patrie.

Voici un lien vers un article de jean-Yves Bonnard dans le Maitron consacré à l’histoire de ce massacre : il ne fut pas le seul dans cet été 1944 où, après le débarquement de Normandie, les Allemands ont été confrontés à l’action intense de la Résistance partout sur le territoire national pour empêcher l’avancée de leurs troupes vers le front de l’ouest.

Le monument aux morts de Trie-Château – photo J-Y Bonnard
extraite de l’article du Maitron

Chaque année, pour que demeure le souvenir de leur sacrifice, une cérémonie très émouvante a lieu à la ferme des Kroumirs.

Cette année se sera le samedi 13 août.

Le rendez-vous est fixé pour 10h30, à la ferme des Kroumirs, route de Villers-sur-Trie à Trie-Château, où la cérémonie commencera à 10h45.

Dernier adieu fraternel à Lucienne Louvet

Samedi 23 juillet, au petit cimetière de Nourard-le-Franc, la foule des parents, amis, camarades était nombreuse pour accompagner Lucienne Louvet en sa dernière demeure.

Six porte-drapeau étaient présents autour du cercueil représentant des organisations de la Résistance et le parti communiste : symboles de l’engagement de toute la vie de Lucienne Louvet.

Jacky Louvet, un des fils de Lucienne, a pris la parole, pour remercier d’abord les nombreuses organisations présentes et ensuite pour évoquer, très ému, la vie de sa maman.

Sur le cercueil, deux photos évoquent la vie de Lucienne Louvet : sa mère, morte alors que Lucienne avait 3 ans et son arrière-petite-fille… La jeunesse de Lucienne Louvet a été difficile : très jeune, la disparition de sa mère et la pauvreté, puis, elle avait 15 ans en 1940, l’engagement aux côtés de son père Joseph Lemaître : elle était son agent de liaison. Elle a 19 ans quand sont père est arrêté le 3 juillet 1944 au cours des rafles massives du 1er (Salency, près de Noyon, et à Mouy), du 2 (Beauvais et Montreuil-sur-Brêche), du 3 juillet 1944 ( Saint-Just-en-Chaussée, Wavignie, Catillon, Magnelay et Bulles). Quand nous avons rencontré Lucienne Louvet en 2016 (pour le N°25 de Pages de la Résistance consacré au canton de Saint-Just-en-Chaussée), elle se souvenait avec émotion mais aussi avec beaucoup de précision de cette journée, complétant la liste des raflés de ce jour là et insistant sur la dénonciation qui a été à l’origine des rafles autour de Saint-Just-en-Chaussée par un jeune FTP que Joseph Lemaître, avait caché chez lui.

« Le Chiffon rouge » chanté pendant que les amis se recueillaient devant la tombe

Une dernière chanson, « Le chiffon rouge«  a terminé la cérémonie toute de respect et de fraternité.

Le Chiffon rouge a été créé par Michel Fugain en 1977 pour « Juin dans la rue » une manifestation créée dans les années 1970 par la municipalité de gauche du Havre. Un texte est remis au parolier Maurice Vidalin qui crée « Le Chiffon Rouge » : la première interprétation publique aura lieu dans un gymnase où tous les participants se retrouvent pour l’ultime répétition. Le spectacle sera donné sur une scène gigantesque devant 40 000 spectateurs. Michel Fugain dira dans son livre en 2008 Des rires et une larme, éditions Succès « Le Chiffon Rouge est ma Légion d’Honneur à moi. ». (source : cgtvilledelyon.fr)

Lucienne LOUVET nous a quittés

Nous venons d’apprendre le décès de Madame Lucienne LOUVET, fille de Monsieur et Madame LEMAITRE, née le 19 septembre 1925 à Léglantiers, et mère de Jackie LOUVET, tous deux membres de l’ANACR-Oise.

Elle a participé pendant la seconde guerre mondiale à la Résistance auprès de son père, d'Yves Hervé et du détachement Jacques Bonhomme.
Son père a été arrêté le 2 juillet 1944, déporté le 21 août 1944 à Buchenwald et assassiné dans les "marches de la mort" le 2 avril 1945. 

Lors de la publication de la Revue « PAGES DE LA RESISTANCE » n° 25 publiée en novembre 2016 sur « La Résistance dans le canton de Saint-Just-en-Chaussée« , Madame Lucienne LOUVET avait fait part de ses souvenirs et de son vécu de cette période tragique.

Lors de la publication de la Revue « PAGES DE LA RESISTANCE » n° 25 publiée en novembre 2016 sur « La Résistance dans le canton de Saint-Just-en-Chaussée« , Madame Lucienne LOUVET avait fait part de ses souvenirs et de son vécu de cette période tragique.

L’enterrement aura lieu le samedi 23 juillet 2022 à 10 heures au cimetière de Nourard-Le-Franc.

L’ANACR-Oise présente ses plus sincères condoléances et ses meilleures pensées à sa famille.

Concours national de la Résistance et de la Déportation: la remise des prix a eu lieu le 2 juillet !

La cérémonie s’est déroulée dans les locaux du conseil départemental de l’Oise. Cette année, sur le thème « La fin de la guerre – Les opérations, les répressions, les déportations et la fin du IIIème Reich (1944-1945) », 718 élèves de l’Oise de 14 collèges et 12 lycées, ont participé avec l’aide de leurs professeurs à ce concours. Un jury départemental a primé les meilleurs devoirs et les élèves lauréats accompagnés de leurs familles, ont été récompensés à Beauvais.

C’est l’Association Oise concours national de la Résistance et de la déportation (AOCNRD) présidée par Christian Laude et le Comité d’entente des associations issues de la Résistance présidé par Michel Le Drogo, qui organisent cette remise de prix, placée sous l’égide de Mme la Préfète de l’Oise, de Mme l’Inspectrice d’académie, de Mme la Présidente du conseil départemental, de M. le Directeur de l’Office des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG).

Hélène Fabre Boulanger, Présidente de l’Association Nationale des Anciens Combattants et amis de la Résistance (ANACR-Oise) assistait à cette belle manifestation et représentait notre association, aux côtés de plusieurs de ses membres : Christian Lucas, ancien Résistant de notre département, Véronique Decayeux, Jean-François Monnet, Patricia Susset, Françoise Vincent , … Raymond Zerline, Président d’honneur de l’ANACR-Oise, était également présent.

Patricia Susset et Véronique Decayeux, aidées par Françoise Vincent ont préparé les cadeaux pour les lauréats. Et une jolie histoire de transmission pour Françoise Vincent qui a remis à une classe de Pont-Sainte-Maxence leur prix (travail collectif) : leur professeur d’histoire a été son élève ! Et c’est la première fois que ce collège participait au concours.

Petit retour en arrière : les 19 et 20 mai 2022 à Dunkerque avec 79 lycéens et collégiens de l’Oise, tous participants au concours, au cours d’un voyage de mémoire, organisé dans le cadre du concours.

Et pour la prochaine année scolaire (2022-2023) le thème du concours sera « L’école et la résistance : Des jours sombres au lendemain de la libération (1940-1945) »

Le Congrès de Troyes : travaux et prise de position, moments solennels, moments d’émotion.

Les travaux du Congrès ont défini des axes de travail et de réflexion pour l’ANACR nationale et pour toutes les ANACR départementales. Nous avons mis en ligne dans l’article précédent, la résolution finale, la motion contre la fermeture du musée de la Résistance de Romans-sur-Isère et les conclusions de la commission « Mémoire » qui affirme la nécessité :

Au cours des trois jours de travaux, les congressistes ont pu aussi découvrir « le chemin des martyrs » qui commémore les 21 otages qui ont été fusillés entre 1941 et 1942 à Clairvaux ; l’abbaye de Clairvaux qui a été transformée en prison par Napoléon a aussi été utilisée par les Allemands.

Les délégués de l’Oise ont pu rencontrer Jean Lafaurie qui a évoqué avec Hélène Boulanger-Fabre la prison d’Heysses où Vichy emprisonnera tous les prisonniers politiques

Cérémonie devant le Monument de la Résistance et de la Déportation de Troyes.
L’homme couché symbolise la Déportation ; l’homme debout, sans tête et poings serrés, évoque la Résistance multiple et décidée…

Monsieur Jean LAFAURIE a participé aux différentes protestations et manifestations organisées à la centrale d’Eysses, notamment celles concernant les Internés Administratifs « Les trois Glorieuses et l’évasion des 54 » en décembre 1943. (Livre « Centrale d’Eysses Douze fusillés pour la République » Récits historiques et témoignages, de Corinne Jaladieu et Michel Lautissier).

Dans cette prison bien gardée, 200 internés jugés particulièrement dangereux, dénommés « irréductibles 1 et 2 », sont destinés à être envoyés à Voves dans l’Eure-et-Loir, pour servir d’otages aux Allemands. Ils se rebelleront et refuseront de partir pour Voves. Ils seront finalement scindés en deux groupes l’un sera envoyé à la Citadelle de Sisteron et l’autre à Nexon. Dans le convoi pour la Citadelle de Sisteron se trouvait Monsieur Raymond Fabre, le futur mari de Lucienne Fabre Sébart. Hélène, fille de Raymond et de Lucienne Fabre, a été émue de rencontrer monsieur Lafaurie au congrès à Troyes : il a été aux côtés des internés administratifs au cours des luttes en décembre 1943. Ils ont pu échanger sur cette prison réservée à ces Internés et aux Résistants arrivés de toute la France.

Le Centre de détention d’Eysses est installé dans un des plus vieux quartiers de Villeneuve-sur-Lot : l’ancienne abbaye bénédictine, qu’il occupe en partie est en effet elle-même construite sur les ruines d’une ville gallo-romaine : EXCISUM (érigée probablement en 58 avant J.C). Cette abbaye vendue comme bien national à la Révolution, devint en 1803 l’une des premières maisons de réclusion ouverte en France. Elle accueillit les condamnés à de longues peines jusqu’en 1895.  Le 2 juin 1895 elle fut transformée en colonie correctionnelle destinée aux mineurs délinquants. Le décret du 31 décembre 1927, par volonté de gommer le plus possible le caractère pénal de cet établissement, transforma le nom en celui de maison d’éducation surveillée. Eysses continua d’accueillir des pupilles jusqu’en septembre 1940, date à laquelle l’établissement reçut des détenus politiques, avant de devenir en 1943 un lieu de répression stratégique : la plus vaste concentration de prisonniers politiques (résistants) de toute la France. Après avoir accueilli des collaborateurs en 1945 dans le cadre de l’épuration et connu les révoltes carcérales de 1974, elle reste aujourd’hui un centre de détention. Une circulaire du 26 octobre 1943 signée René Bousquet (secrétaire général de la police), décide le transfert à la maison centrale d’Eysses, réputée bien gardée dans un environnement rural réputé tranquille, de toutes les personnes condamnées par les  sections spéciales de zone sud (les tribunaux d’exception du régime de Pétain) et par le tribunal d’Etat de Lyon, pour menées communistes, terroristes, anarchistes ou subversives. En décembre 1943, plusieurs convois arrivent de Paris et du nord, parmi lesquels cent prisonniers transférés de la Santé le 12 février 1944. 1400 résistants sont emprisonnés à la centrale d’Eysses au début 1944. (sur http://www.eysses.fr)

Le 33ème congrès de l’ANACR s’est tenu à Troyes

Trois adhérents de l’ANACR-Oise, Hélène Boulanger (présidente), Alain Blanchard (vice-président) et Gil Boulanger ont participé au 33ème congres qui s’est tenu à Troyes du 24 au 26 juin. Des journées riches en rencontres et en réflexions.

Nous reviendrons certainement sur le travail du Congrès ; voici pour l’instant trois textes qui ont retenu l’attention de nos délégués :

Et une rencontre qui les a impressionnés et émus : celle d’un Résistant, presque centenaire (il est né en 1923 !), qui participait aussi au congrès : dès 1940, Jean Lafaurie s’est engagé dans la Résistance dans le Lot, son département natal. Son surnom : « De Blazy ». En 1943, à 19 ans, il rejoint le « maquis Guy-Mocquet » en Corrèze.

«Je suis entré en résistance dès l’appel du Général de Gaulle, en en réécrivant une partie sur des tracts et en les distribuant. En décembre 1940, j’ai rejoint l’0rganisation Spéciale puis les Francs Tireurs et Partisans Français en 1942, dans le Maquis Guy Môquet situé en Corrèze. Arrêté le 14 juillet 1943, j’ai été emprisonné à la prison de Tulles puis de Limoges où je suis passé devant une section spéciale qui m’a condamné à 5 ans de travaux forcés. Muté à la centrale d’Eysses en octobre 1943, j’ai participé aux diverses manifestations résistantes et à la tentative d’évasion avortée du 19 février 1944. 12 de mes camarades résistants sont alors condamnés à mort par une cour martiale, ils sont passés par les armes le 23 février 1944. Le 30 mai 1944, livrés aux SS par le gouvernement présidé par Philippe Pétain, nous sommes partis pour le camp de Compiègne, puis le 18 juin, vers le camp de concentration de Dachau. Nous avons été finalement libérés le 29 avril 1945». (Témoignage cité sur le site de la ville de Montereau en décembre 2018). Et sur son blog vous pourrez lire un plaidoyer remarquable sur « Pourquoi résister » : nous qui n’avons pas connu l’Occupation nous ne pouvons pas témoigner mais nous pouvons faire vivre encore et encore la mémoire de la Résistance et le souvenir des Résistants. C’est la première mission que s’assigne l’ANACR.