L’assemblée générale de l’ANACR-Oise : bilan et projets

L’ANACR-Oise a tenu samedi 12 novembre son assemblée générale, occasion de rencontres entre adhérents et de débats approfondis. Une AG est toujours à la fois un bilan et une projection vers l’avenir.

Retenons deux points : le Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) et la célébration du 80ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance (CNR).

Le Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD)

Le Comité d’entente pour le CNRD, présidé par Michel Le Drogo et l’Association Oise pour le CNRD (AOCNRD), présidée par Christian Laude sont tous les deux impliqués dans l’organisation du concours. De nombreux membres de l’ ANACR participent à ces deux organisations.
Pour l’année scolaire 2021-2022, il y a eu 718 candidats (417 collégiens de 14 collèges et 301 lycéens de 12 lycées) soit une progression de plus de 50% très spectaculaire dans les lycées dont 29% dans les lycées professionnels.
Le voyage, financièrement porté par le Conseil départemental, a permis d’emmener 85 jeunes sur les défenses de la côte nord et à Dunkerque via le musée de la Coupole de Saint-Omer.
Cette pérennisation du CNRD dans l’Oise est largement due à la vitalité associative que les anciens Résistants et Déportés ainsi que des enseignants et historiens ont su développer au fil des décennies avec une implication très importante de l’ANACR-Oise, notamment celle de Jean-Pierre Besse à qui hommage a été rendu par une journée de conférence aux archives de l’Oise le 19 octobre dernier et celle de Raymond Zerline est toujours actif comme nous l’avons vu en juillet dernier à la remise des prix des lauréats isariens du concours.
Le thème 2022-2023 du CNRD L’école et la Résistance, des jours sombres au lendemain de la Libération 1940-1945 est beaucoup plus concret et plus accessible pour les scolaires que les thèmes des années précédentes. C’est un sujet favorable à l’évocation du 80ème anniversaire du CNR, créé le 27 mai 1943.
Cette fois encore, les enseignants et leurs élèves trouveront dans l’ANACR-Oise une aide précieuse à la préparation du concours :

la plaquette de Véronique Decayeux, Les enseignants de l’Oise pendant l’occupation que vous pouvez nous commander.

la synthèse L’école et la résistance dans l’Oise de Françoise Rosenzweig, historienne et membre de l’ANACR-Oise, qui rédige les pistes de réflexion à l’intention des enseignants chaque année.

un document rédigé par Tristan Lecoq, inspecteur général et président du jury national des correcteurs : L’école et la Résistance, des jours sombres au lendemain de la Libération 1940-1945.

La Lettre de la Fondation de la Résistance de septembre 2022 où vous retrouverez la lettre de cadrage signalée ci-dessus et un important dossier pratique (comment inscrire sa classe ou quelque élèves au concours) et historique (près de 30 pages)

Pour l’Oise, de nombreuses rencontres seront organisées comme chaque année pour permettre aux participants au concours ; Michel Le Drogo proposera un travail sur le patrimoine littéraire et cinématographique à partir du film de Louis Malle Au revoir les enfants (paru en 1987) et du livre Et la lumière fut, de Jacques Lusseyran. Jacques Lusseyran fut un membre très actif du mouvement de Résistance Défense de la France et le livre choisi évoque sa vie : l’enfance, l’accident qui lui a fait perdre la vue, la jeunesse, l’entrée en Résistance, le développement du réseau, l’arrestation, Buchenwald et la libération en avril 1945 (paru en 1994 et réédité en 2005 puis 2008).

Le voyage de mémoire pour 2023 est prévu à Oradour-sur-Glane. La remise des prix prévue au Conseil Départemental est effectivement programmée pour le samedi 27 mai 2023.

La célébration du 80ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance (CNR)

Nous avons réfléchi ensemble aux initiatives que nous pouvons prendre pour célébrer cette étape si importante dans l’histoire de la Résistance : l’unité de la Résistance qui par les conditions mêmes de son développement était très diverse autant dans son organisation que dans ses références politiques et/ou philosophiques était un objectif stratégique pour la suite de la guerre.

L’aide précieuse que la Résistance de l’intérieur a apporté aux alliés et à la France libre avant et après le débarquement du 6 juin 1940 ne pouvait atteindre l’ampleur et l’efficacité qu’elle a montré sans être unie.

Un parcours rapide du livre de Jean-Pierre Besse L’Oise, septembre 1940 – septembre 1944 permet de s’en faire une idée : en février 1943, il cite 6 actions de la Résistance et 1 mitraillage par un avion allié. En mai, on passe à 19 actions de la Résistance, 3 parachutages d’armes (2 réussis), 1 parachutage d’un agent du SOE, 1 opération pick-up Lysander (ratée), 2 mitraillages par des avions alliés…

Jean Moulin, à qui le général de Gaulle avait confié la mission d’unifier la Résistance, est parachuté près de Salon-de-Provence dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942. Il lui faudra un an et demi de travail clandestin dont on imagine les difficultés et les dangers, pour aboutir à la fameuse réunion du 27 mai 1943 fondatrice du CNR.

Le premier acte du CNR, réuni le 27 mai, a été la rédaction d’une motion reconnaissant le rôle joué par le général de Gaulle dans la résistance à Vichy et à l’occupant. La France libre était bien devenue la France combattante unissant les forces françaises de de l’extérieur et de l’intérieur du territoire. Ce terme de « France combattante » avait été adopté le 13 juillet 1942.

Le CNR a deux objectifs :

  • participer à la Libération de la France avec les alliés en appliquant le plan vert pour le sabotage des voies ferrées, le plan violet pour le sabotage des lignes téléphoniques et le plan bleu pour celui des installations électriques.
  • préparer une plateforme politique pour la France une fois libérée à partir de juin 1943, le CNR y travaille et les points essentiels de son travail (rapport Courtin élaboré au sein du Comité général d’étude du CNR) seront entérinés par le général de Gaulle à Alger en novembre 1943 et deviendront le Programme du Conseil National de la Résistance base des grandes réformes mises en place après le Libération :
    • « plan complet de sécurité sociale » c’est-à-dire une Sécurité sociale pour tous prévoyant remboursements des frais médicaux et indemnités de chômage ;
    • retraites étendues à toutes les catégories de salariés (les commerçants en resteront exclus) ;
    • « retour à la nation » des grandes entreprises exploitées par l’occupant, en particulier Renault, la SNCF, Air France, de grandes banques, sans pour autant rompre avec le capitalisme (compromis majeur avec le programme du PCF qui cédait ainsi, au moins provisoirement, sur un principe) ;
    • subvention d’un programme culturel ;
    • indépendance de la presse vis-à-vis des capitaux des grandes industries ;
    • etc

Le 27 mai, les enseignants doivent sensibiliser leurs élèves à l’histoire de la Résistance et les mairies doivent pavoiser…

Le 27 mai 2023 nous serons plus spécialement mobilisés pour en faire un moment important pour tous !

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