Pierre Georges, dit Frédo,  dit Colonel Fabien

L’ANACR Nationale nous rappelle l’anniversaire de la mort, le 27 décembre 1944, en Alsace, du Colonel Fabien et de plusieurs de ses plus proches compagnons.

« En cette année du 78ème anniversaire de ces tragiques événements, notre délégation, accompagnée de représentants d’associations et amicales amies, procèdera à un dépôt de gerbe sur le Monument et observera une minute de silence. La cérémonie sera brève, mais nous tenons à ce geste de fidélité, qui n’a jamais été interrompu.

Le rassemblement a été fixé le mardi 27 décembre 2022, à partir de 10 h 30 à l’entrée du Père Lachaise – rue des Rondeaux.

Tous se retrouveront au lieu de la cérémonie à 10 h 45 avec ceux qui s’y seront rendus directement. Le dépôt de gerbe aura donc lieu vers 11 h. Nous sollicitons de se faire représenter à notre invitation : les Anciens du 151ème R.l. (Rancourt-Verdun), l’A.F.M.D., |’A.C.E.R., la F.N.D.l.R.P., le Comité Parisien de Libération, les comités A.N.A.C.R. de l’lle-de-France et plusieurs personnalités particulièrement attachées au souvenir de nos camarades.

A l’issue de la cérémonie, les représentants de l’A.N.A.C.R. déposeront quelques fleurs sur la tombe de notre ancien Président National, Pierre Villon, située à quelques mètres. »

Le colonel Fabien, figure incontournable de la Résistance, est enterré dans la 97ème division du cimetière du Père-Lachaise en face du mur des fédérés : sur l’histoire de cette partie du célèbre cimetière nous vous recommandons l’article de Danielle Tartakowzky sur le site de la Fondation Gabriel Péri.

La biographie qui suit s’appuie sur l’article que le Maitron consacre à Pierre Georges, dit « Frédo », dit « Colonel Fabien ».*

Pierre Georges est né le 21 janvier 1919 à Paris ; son père, ouvrier boulanger, syndicaliste est devenu communiste dans les années trente et ses quatre enfants seront tous communistes et Résistants.

Communiste dès 11 ans !

En 1928, Pierre Georges fait partie de la Fédération des enfants ouvriers et paysans (pionniers communistes) de Villeneuve-Saint-Georges  (Seine-et-Oise devenu Val-de-Marne). Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, il devient apprenti boulanger ; en 1933, à l’âge de quatorze ans, il est à la tête d’un groupe de « benjamins » dans les Jeunesses communistes. Peu après, il quitte la boulangerie pour travailler comme poseur de rivets sur les chantiers de chemins de fer de Villeneuve-le-Roi, puis comme ajusteur aux Établissements Bréguet d’Aubervilliers.

La guerre d’Espagne (17 juillet 1936 au 1 avril 1939)

En novembre 1936, à Madrid, à 17 ans, Pierre Georges s’engage dans les Brigades internationales. Affecté à la Brigade « La Marseillaise », il était en février 1937 à Albacete et en octobre 1937 à Cuesta de la Reina avec le grade d’adjudant affecté à l’état-major de la 14e BI, chargé de la presse. Il suivit, vers janvier 1938, les cours de l’école d’officiers des Brigades internationales et fut un temps instructeur à l’école des sous-officiers de l’Escorial. Il participe aux opérations militaires à partir de juillet 1937, en particulier en Aragon au printemps 1938, lui valut d’être blessé à trois reprises, à la cuisse, au bras et au ventre.

En septembre 1939, avec sa femme Andrée

Retour en France et premiers pas dans la clandestinité

Revenu en France en août 1938, Pierre Georges cumule les responsabilités aux Jeunesses communistes jusqu’au comité national. Il retrouve son emploi aux établissements Bréguet puis travaille aux usines de la CAPRA (Compagnie anonyme de production et recherches aéronautiques). Il se marie en 1939 et a une fille en 1940.

Responsable de l’édition illégale de La Jeune garde, Pierre Georges, appréhendé le 2 décembre 1939, pour confection et distribution de tracts communistes, bénéficie d’un non-lieu le 6 mai 1940, mais est tout de même interné en région parisienne (au centre de séjour surveillé de Baillet puis à la compagnie spéciale des travailleurs de la Ferme Saint-Benoît). En juin 1940, il s’évade et passe à Marseille où, devenu « Frédo », il est responsable des Jeunesses communistes du Sud-Est.

De l’attentat du métro Barbès aux FTP, de « Frédo » au « Colonel Fabien »

Au début de l’année 1941, Pierre Georges revient à Paris pour entrer à la direction nationale des Jeunesses communistes. Quelques mois plus tard, le Parti communiste le charge d’organiser un groupe armé. « Frédo » abat un officier de la Kriegsmarine, le 21 août 1941, au métro Barbès : c’est le premier attentat meurtrier contre les troupes d’occupation. Vichy réagira en créant les « sections spéciales », tribunaux d’exception qui condamneront 4 communistes, 3 condamné à mort et exécutés le 28 aout et 1 aux travaux forcés à perpétuité (le journaliste Lucien Sampaix qui sera fusillé par les Allemands le 15 décembre) ; Hitler ordonne l’exécution de 100 otages et les Allemands publient le code des otages.

Ayant échappé de peu à l’arrestation le 8 mars 1942, Pierre Georges, devient le « Colonel Fabien » et un remarquable chef FTP d’abord dans les environs de Rochefort (Charente-Maritime) puis en Franche-Comté où, il est grièvement blessé à la tête le 25 octobre 1942. Le 30 novembre 1942, la police française l’arrête au métro République et le livre aux Allemands : interrogé et torturé, il est interné à Fresnes puis à Dijon et au fort de Romainville d’où il s’évade en mai 1943 pour organiser des maquis dans les Vosges, en Haute-Saône et dans le Centre-Nord.

La Libération de Paris, puis la poursuite du combat armé

Après avoir participé à la Libération de Paris, le Colonel Fabien rassemble un groupe de cinq cents hommes pour continuer la lutte contre l’armée allemande avec les forces françaises et alliées. Sa troupe devient un régiment rattaché à la division Patton et engagé dans la campagne d’Alsace pendant l’hiver 1944.

Le 27 décembre 1944, son poste de commandement situé à Habsheim, près de Mulhouse, saute, provoquant la mort du Colonel Fabien, d’un lieutenant-colonel, de deux capitaines, d’un lieutenant et d’un agent de liaison. Les conditions exactes de cet accident n’ont pas été totalement éclaircies : la version la plus couramment admise est celle donnée par Albert Ouzoulias de l’explosion d’une mine examinée par Fabien et ses cinq compagnons

Une station de métro et une place du XIXe arr. de Paris portent le nom du Colonel Fabien ; par extension, le siège du Parti communiste situé sur cette place est souvent appelé du même nom. Son père et son beau-père avaient été fusillés par les Allemands. Sa veuve, Andrée Georges, déportée de la Résistance à Ravensbrück et Mauthausen, restée une militante communiste, est décédée en 2006. Sa fille a publié en 2009 « Le colonel Fabien était mon père » (édition Mille et une nuits)

* https://maitron.fr/spip.php?article50415, notice GEORGES Pierre, dit Fredo, dit Colonel Fabien par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 mai 2009, dernière modification le 30 janvier 2022.

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