Le 27 janvier : un documentaire sur l’abbé Charpentier, mort en déportation.

Mais avant cette annonce, l’ANACR-Oise vous adresse ses meilleurs vœux pour cette année 2023, en espérant la cessation de tous les conflits, le retour de la Paix pour une vie apaisée.

Que cette année 2023, année du 80ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, soit une année riche en initiatives pour faire connaître l’histoire de la Résistance, le courage et la lucidité des Résistants qui se sont engagés, jeunes ou moins jeunes, ouvriers ou intellectuels, hommes ou femmes pour que vive une certaine idée de la France, Libre et Fraternelle.

Le premier exemple nous vient de Chantilly, avec un film proposé le 27 janvier : à 20h30 dans la salle Bouteiller sera présenté un documentaire réalisé par des jeunes cantiliens (âgés de plus de 17 ans jusque 25 ans) dans le cadre du « Défi Jeunes 2022 » organisé par la ville : accompagnés de réalisateurs professionnels, ils sont allés sur les pas de l’abbé Charpentier. Ce prêtre de Chantilly a été arrêté le 23 janvier 1944 au cours d’une rafle ; interné d’abord à la prison de Compiègne puis dans le camp de Royallieu, il a été déporté à Mauthausen près de Linz en Autriche par le convoi parti de Compiègne le 22 mars 1944 . Il est gazé le 7 août 1944 à Hartheim (un château, situé à 27 km à l’ouest de Linz, qui a été le centre d’extermination par gaz du camp de Mauthausen).

Voici un aperçu de la vie de l’abbé Charpentier d’après le livre de Xavier Leprêtre Même au péril de la Liberté, Senlis, Chantilly … 1940 – 1944.

En couverture, deux prêtres Résistants et morts en déportation : à droite, l’abbé d’Amyot-d’Inville (à Senlis) et à gauche, l’abbé Charpentier (à Chantilly)

Né en 1882, à Beauvais, Louis Charpentier devient 2ème vicaire à Clermont en 1907 ; pendant la Première Guerre mondiale, il est infirmier-brancardier et il est décoré de la Croix de Guerre ; en 1938 il est nommé curé-doyen de Chantilly où il fonde l’école Notre-Dame.

 Il disait la messe dans une cave pour des réfugiés, des réfractaires du STO, des Résistants. Il était au courant de l’activité de l’abbé Amyot d’Inville (parachutage et sauvetage d’aviateurs anglais) ; il lisait en chaire les messages pontificaux et des textes des jésuites appelant à s’opposer au nazisme et au régime de Vichy au nom des valeurs chrétiennes (en novembre 1941, parait le premier numéro des Cahiers du Témoignage chrétien, fondé par prêtre le jésuite Pierre Chaillet, devenu par la suite Témoignage chrétien. Il était sous-titré « France, prends garde de perdre ton âme »,)

Le 25 juillet 1943, alors que le Service du travail Obligatoire vient d’être imposé par la loi du 16 février 1943,l’abbé Charpentier l prononce une homélie où il exprime le refus de la collaboration du « néo-paganisme » nazi. Cette homélie impressionne fortement les esprits : le texte circule sous le manteau dans Chantilly et est bien connu de l’Occupant.

Le dimanche 23 janvier 1944 de nombreux cantiliens (200 ?) sont arrêtés par les Allemands secondés par des policiers français. Ils seront tous relâchés dans la même journée sauf l’Abbé Charpentier, Paul Picot et Robert Cluzeau (le préparateur du pharmacien Hurbain, collaborateur notoire qui avait été abattu par la Résistance en janvier 1944 pour avoir donné une liste d’otages aux Allemands) et 22 autres personnes.

Ils seront internés à Compiègne (Royallieu ou Maison d’Arrêt) ;  une partie reviendra à Chantilly  le 10 février 1944 les autres étant tous regroupés à Royallieu. Très vite l’abbé Charpentier peut dire la messe ; à Royallieu il retrouve d’autres prêtres (l’abbé Amyot d’Inville qui sera déporté le 27 janvier à Buchenvald et mourra à Wieda le 29 janvier 1945 ; le père Jacques arrêté pour avoir caché des Juifs qui sera aussi déporté et mourra peu après sa libération de Mauthausen le 5 mai 1945).

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