Le chant des Marais : le chant des déportés

Aujourd’hui journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, nous évoquons en hommage Le Chant des Marais.

Ce chant créé par des communistes prisonniers en 1933 dans le camps de concentration de Börgermoor en Basse-Saxe. Ces militants, détenus à la suite des lois spéciales promulguées le lendemain de l’incendie du Reichstag dans la nuit du 27 au 28 février 1933, devaient extraire la tourbe  dans les marais autour du camp mais avaient le droit de se réunir pour des activités culturelles -quand ils leur restaient des forces.  Ils ont été libérés un an plus tard et certains ont choisi l’exil. C’est ainsi que ces paroles ont été publiées puis qu’une adaptation musicale a été faite par le compositeur Hanns Eisler, collaborateur musical de Berolt Brecht, lui aussi en exil. Ce chant repris par les Allemands engagés dans les Brigades internationales en Espagne est devenu ensuite, passant d’un camp de concentration à un autre le Chant de tous les Déportés, en allemand Moorsoldatenlied, « chanson des soldats de marécage », ou Börgermoorlied, « chant de Börgermoor 

Mémorial à l’entrée du site du camp de concentration de Börgermoor : la pierre présente les paroles du 1er couplet et du refrain.

Le chant a été interprété par de nombreux artistes de Paul Robeson à  Lény Escudero. Il est devenu un chant militaire et a accompagné Simone Veil lors de l’hommage aux Invalides. Et voici une interprétation très émouvante de Louise Combes au cours d’un concert à Saint Roman de Codières même si le son n’est pas parfait… 

Et voici les paroles, ou du moins une des versions, de ce chant :

l
Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.

II
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

III
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : « Tu es à moi. »

Dernier refrain
Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.

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