L’hommage de l’ANACR Nationale à Cécile Rol-Tanguy

HOMMAGE A CECILE ROL-TANGUY

C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris en ce 8 mai 2020, jour du 75ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme, la disparition de Cécile Rol-Tanguy qui, antifasciste dès sa jeunesse, Résistante depuis les premiers jours de l’Occupation et au régime pétainiste, prit pleinement sa part dans le combat pour la Libération de la France et pour cette Victoire sur la barbarie.

Fille de Germaine et François Le Bihan ouvrier électricien, syndicaliste et militant communiste qui mourra en déportation, Cécile Le Bihan, née à Royan le 10 avril 1919, passa son enfance au Vésinet (Seine-et-Oise), puis à Paris à partir de 1933. Titulaire du Brevet élémentaire, elle suivit le cours Pigier de sténodactylo et fut embauchée en novembre 1936 au Syndicat des métaux CGT de la région parisienne, où elle rencontra Henri Tanguy.

Elle adhéra en 1936 à l’Union des Jeunes Filles de France (UJFF), puis, en 1938, au Parti communiste, et devint la marraine de guerre d’Henri Tanguy, combattant des Brigades internationales, avec qui elle se maria le 15 avril 1939.

L’hiver 1939-1940, Henri Tanguy mobilisé, Cécile conserva des contacts militants, tel celui qui s’avéra essentiel avec Marcelle Gautier, femme d’Henri Gautier, trésorier du Syndicat des Métaux, clandestin depuis que sa direction avait refusé de désavouer le pacte germano-soviétique. Grâce à cette liaison, Henri Tanguy, démobilisé, put reprendre contact dès le 19 août 1940 avec Gautier, puis prévenu le 5 octobre de l’arrestation de celui-ci, entrer immédiatement en clandestinité. De l’automne 1940 au printemps 1941, Cécile Tanguy frappa des stencils et assura des liaisons pour les Comités populaires des métallos, dont Henri fut l’un des responsables.

A partir de juillet 1941, Cécile Tanguy, successivement «Jeanne», «Yvette», «Lucie», joua un rôle essentiel auprès d’Henri quand celui-ci devint responsable, militaire ou politique, de directions interrégionales des premiers groupes armés, puis des FTP. Secrétaire, elle frappa tracts, directives, rapports à la direction nationale FTP, journaux clandestins.

Agent de liaison, elle assura de 1941 à 1943 le contact avec Marcel Paul, puis avec les membres des triangles de direction à Paris : Raymond Losserand et Gaston Carré, puis Roger Linet et Raymond Colin, enfin Joseph Epstein et Edouard Vallerand ; avec des responsables FTP dépendant de la direction interrégionale : en Anjou Maurice Lacazette et Marcel Hamon, à Paris Boris Holban ou Boris Milev, de la MOI ; avec la direction nationale FTP : Eugène Hénaff, Georges Vallet, René Camphin, Georges Tessier, Albert Ouzoulias, Pierre Le Queinnec, d’autres encore. Elle transporta aussi tracts et journaux clandestins, armes et explosifs, parfois dans le landau de leur fille, Hélène, née le 28 mai 1941.

Malgré la clandestinité, Cécile et Henri préservèrent un espace de vie familiale, en dépit des nombreux déplacements et de fréquentes séparations de domicile. Ils cohabitèrent cependant à Quinçay près de Poitiers à l’automne 1942, puis à Antony après le retour en Région parisienne en mars 1943. Leur fils, Jean, naquit à Antony le 13 novembre 1943.

Lorsque Henri Tanguy fut affecté en automne 1943 aux FFI, puis devint en juin 1944, sous le nom de «colonel Rol», chef régional des FFI d’Ile-de-France, Cécile continua à remplir sa double fonction. Elle frappa les ordres du chef régional et assura ses liaisons avec le général Malleret-Joinville, chef d’état-major national des FFI, avec les colonels Avia et Villate, de l’état-major régional, avec les états-majors départementaux FFI, la direction nationale FTP, avec Pierre Villon, représentant du Front national au CNR et Président du COMAC, avec, pendant l’insurrection parisienne, André Tollet, président du Comité Parisien de Libération.

Cécile Tanguy, présente en août 1944 dans le PC souterrain de Rol Place Denfert-Rochereau, y tapa l’Appel à l’insurrection de la Région parisienne qu’Henry lui dicta. Le 28 août 1944, elle sera la seule femme invitée à la réception au Ministère de la Guerre par le général de Gaulle des responsables de la Résistance dans Paris libéré.

Au lendemain de la Libération, alors qu’Henri Tanguy, désormais «Rol-Tanguy» – patronyme officialisé en 1970 – rejoignait le général Koenig au Gouvernement militaire de Paris, et commençait une carrière militaire, Cécile fut notamment chargée d’organiser le service social de l’état-major régional FFI, créé en octobre 1944, et qui fut intégré dans l’armée régulière en mars 1945.

Adhérente du Parti communiste, membre de l’Union des Femmes Françaises (UFF), elle s’engagea dans la préservation de la mémoire des combats des antifascistes et des Résistants, et pour la transmission des valeurs pour lesquelles ils combattirent, en premier lieu à la jeunesse. Depuis le décès d’Henri Rol-Tanguy le 8 septembre 2002, Cécile Rol-Tanguy est très souvent intervenue, partout à travers la France, devant des jeunes collégiens et lycéens ; en 2011, elle vint évoquer l’Insurrection parisienne au Stage National de l’ANACR.

Présente à plusieurs congrès nationaux de l’ANACR, elle en devint à celui de Lons-le-Saunier en 2012, Présidente nationale avec Louis Cortot, Henriette Dubois (Nelly) et Pierre Martin.

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connue dans ces instances et assises de l’ANACR, en premier lieu les membres du Bureau national, Cécile par toute sa vie, a été, est et restera un exemple inspirant le plus profond respect ; et toutes et tous garderont avec émotion le souvenir de sa chaleur humaine, le souvenir de cette Grande dame de la Résistance.

Médaillée de la Résistance en septembre 1945, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, homologuée lieutenant FFI en janvier 1946, chevalier de la Légion d’honneur en avril 1984, elle fut en 2013 élevée à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur et, le 18 novembre 2017, à celle de Grand’Croix de l’Ordre National du Mérite.

En ces moments douloureux, au nom de tous les membres du Bureau National, de tous les membres de l’ANACR, nous tenons, partageant leur peine, à exprimer à ses enfants, Hélène, Claire, Jean, et Francis, à ses petits-enfants, à tous ses proches, nos sentiments les plus affectueux.

Pour le Bureau National de l’ANACR :

Pierre MARTIN, Président, Jacques WEILLER, Anne FRIANT-MENDRES, Anne-Marie MONTAUDON, Martine PETERS, Robert FOREAU-FENIER, Vice-Président(e)s, Jacques VARIN, Secrétaire général, Jean-Paul BEDOIN, Secrétaire-général adjoint.

L’ANACR Oise s’associe à ce message et partage la douleur de la famille à
qui elle adresse ses sentiments les plus affectueux.

Figure de la Résistance, Cécile Rol-Tanguy nous a quitté aujourd’hui…

 

L’ANACR-Oise partage avec tous les Résistants, tous les amis de la Résistance, tous ceux que cette période de notre Histoire fait réfléchir, une grande tristesse ; elle veut, en présentant ses condoléances à la famille de Cécile Rol-Tanguy, lui exprimer aussi son immense respect.

Rappeler la vie et l’engagement de Cécile Rol-Tanguy est certainement le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre. Voici la biographie que lui consacre le Maitron avec, en début, un résumé qui est ,dans sa concision, la marque du Maitron. Une vie ne peut se réduire à deux dates et quelques mots clés… Mais ces trois mots, sténo-dactylo, communiste, Résistante, dessinent bien la trame de sa vie avec les mots courage et famille…  

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Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), morte le 8 mai 2020 à Monteaux (Loir-et-Cher) ; sténo-dactylo ; militante communiste ; résistante.

Fille de Germaine et François Le Bihan ouvrier électricien qui mourra en déportation, née à Royan, Cécile Le Bihan passa son enfance au Vésinet (Seine-et-Oise), puis à Paris à partir de 1933. Son père, ouvrier électricien, était syndicaliste et militant communiste. Titulaire du Brevet élémentaire, Cécile suivit le cours Pigier de sténodactylo et fut embauchée en novembre 1936 au Syndicat des métaux CGT de la région parisienne, où elle rencontra Henri Tanguy. Elle grandit avec le militantisme paternel, le domicile familial hébergeant des dirigeants communistes étrangers en transit, mais son propre engagement fut très lié aux luttes sociales et antifascistes des années 1930. Elle adhéra en 1936 à l’Union des jeunes filles de France, puis, en 1938, au Parti communiste. Elle devint la marraine de guerre d’Henri Tanguy, avec qui elle se maria le 15 avril 1939.

Comme pour nombre de militants, par-delà le pacte germano-soviétique et le tournant stratégique du PC à l’automne 1939, l’antifascisme demeura sa motivation profonde et la répression anticommuniste – son père fut arrêté le 15 avril 1940 – conforta sa conviction que la guerre était d’abord menée contre la classe ouvrière. L’hiver 1939-1940, Henri Tanguy mobilisé, Cécile Tanguy ne conserva que de rares contacts militants. Celui de Marcelle Gautier, femme du trésorier du Syndicat des Métaux clandestin depuis que sa direction avait refusé de désavouer le pacte germano-soviétique, s’avéra essentiel : grâce à cette liaison, Henri Tanguy démobilisé reprit contact dès le 19 août avec Gautier, puis fut prévenu le 5 octobre de l’arrestation de celui-ci et entra immédiatement en clandestinité. De l’automne 1940 au printemps 1941, Cécile Tanguy frappa des stencils et assura des liaisons pour les comités populaires des métallos, dont Henri fut l’un des responsables.

A partir de juillet 1941, Cécile Tanguy, successivement Jeanne, Yvette, Lucie, joua un rôle essentiel auprès d’Henri quand celui-ci devint responsable, militaire ou politique, de directions interrégionales des premiers groupes armés, puis des FTP. Secrétaire, elle frappa tracts, directives, rapports à la direction nationale FTP, voire journaux (le Franc-tireur parisien). Agent de liaison, elle assura de 1941 à 1943 le contact avec Marcel Paul*, puis avec les membres des triangles de direction à Paris : Raymond Losserand* et Gaston Carré*, puis Roger Linet* et Raymond Colin*, enfin Joseph Epstein* et Edouard Vallerand* ; avec des responsables FTP dépendant de la direction interrégionale : en Anjou Maurice Lacazette* et Marcel Hamon*, à Paris Boris Holban* ou Boris Milev, de la MOI ; avec la direction nationale FTP, Eugène Hénaff*, Georges Vallet*, René Camphin*, Georges Tessier*, Albert Ouzoulias*, Pierre Le Queinnec*, d’autres. Parfois directe, la liaison s’effectuait souvent par l’intermédiaire des agents des militants contactés, Émilienne Gallicier*, Fernande Linet*, Carmen Gérard, Andrée Grenet, Germaine Hénaff* et sa sœur Simone Gauthier, Jeannine Jugeau, Régine Lacazette*, France Lepage, Angèle Mercier, Cécile Ouzoulias, Cécile Rinaldi, Paulette Berger, Suzanne Vallerand, toutes jeunes femmes communistes sans qui les directions n’auraient pu fonctionner. Il arriva aussi à Cécile Tanguy de transporter tracts et journaux clandestins, armes et explosifs, parfois dans le landau de leur fille Hélène, née le 28 mai 1941. Car le couple préserva un espace de vie familiale, en dépit des nombreux déplacements et de fréquentes séparations de domicile. Il cohabita cependant à Quinçay près de Poitiers à l’automne 1942, puis à Antony après le retour à Paris en mars 1943. Leur fils Jean, naquit à Antony le 13 novembre 1943.

Lorsque Henri Tanguy fut versé aux FFI (automne 1943) puis devint en juin 1944, sous le nom de colonel Rol, chef régional des FFI d’Ile-de-France, Cécile continua à remplir sa double fonction. Elle frappa les ordres du chef régional et assura ses liaisons avec le général Malleret-Joinville, chef d’état-major national des FFI, les colonels Avia et Villate, de l’état-major régional, les états-majors départementaux FFI, la direction nationale FTP, plus rarement Pierre Villon*, représentant Front national au COMAC, ou André Tollet*, président du CPL. Pendant l’insurrection parisienne, Cécile Tanguy vécut dans le PC souterrain de Denfert-Rochereau, comme l’équipe de dactylos de l’État-major. Le 28 août 1944, elle était la seule femme invitée à la réception du général de Gaulle au Ministère de la Guerre.

Au lendemain de la Libération, alors qu’Henri Tanguy, désormais Rol-Tanguy – le patronyme sera officialisé en 1970 – rejoignait le général Koenig au Gouvernement militaire de Paris et commençait une carrière militaire, Cécile fut notamment chargée d’organiser le service social de l’état-major régional FFI, créé en octobre 1944, et qui fut intégré dans l’armée régulière en mars 1945. Dès lors, et jusqu’à la mise à la retraite d’office d’Henri en mai 1962, Cécile Rol-Tanguy resta au foyer, s’occupant en toute priorité des enfants. La famille s’agrandit avec les naissances de Claire (2 octobre 1946) et de Francis (18 juillet 1953).

Adhérente du Parti communiste, elle fut membre de l’Union des femmes françaises (UFF). Engagée depuis fort longtemps pour la mémoire des antifascistes et des résistants, Cécile Rol-Tanguy est très souvent intervenue en divers lieux depuis le décès d’Henri le 8 septembre 2002. Médaillée de la Résistance en septembre 1945, homologuée lieutenant FFI en janvier 1946, chevalier de la Légion d’honneur en avril 1984, elle était promue officier de la Légion d’honneur par le président Jacques Chirac en janvier 2003.

Cecile_Rol-Tanguy_en_2015

 

 

 

 

Lors de la présentation du Dictionnaire des fusillés, le 7 mai 2015 à l’auditorium de l’Hôtel-de-Ville de Paris.

Cliché Alain Bouyssy

 

Sources : https://maitron.fr/spip.php?article172912, notice ROL-TANGUY Cécile, née LE BIHAN par Roger Bourderon, version mise en ligne le 9 mai 2015, dernière modification le 8 mai 2020.

*Les biographies des personnes dont les noms sont suivis d’un astérisque sont documentés dans le Maitron en ligne.

 

8 mai 2020 bien particulier pour cause de confinement…

Tout comme ce fut le cas pour la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation le 26 avril, la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale, ce vendredi 8 mai 2020 se fera sans public et sans doute sans les associations représentatives : 5 personnes maximum et curieusement 1 seule gerbe ! Heureusement certaines villes ont prévu de faire participer la population par Facebook ou sur leur site… Le préfet de l’Oise, dans sa circulaire du 24 avril qui fixe ces règles rappelle que le président de la République invite les Français à pavoiser leurs balcons et leurs fenêtres.

Il y a 75 ans, la seconde guerre mondiale prenait fin en Europe avec, le 8 mai 1945, la capitulation de l’Allemagne nazie. La guerre se prolongera en Orient jusqu’en août avec le lancement par les Américains des bombes atomiques sur Hiroshima le 6 août et sur Nagasaki le 9 août. La capitulation du Japon a suivi, signée officiellement le 2 septembre. Une date qui mèle la fin définitive des combats à l’horreur de ces bombardements et qui  n’est pas commémorée, du moins pas en France…

L’UFAC (Union Française des Associations de Combattants et victimes de guerre) regroupe 32 associations dont l’ANACR. Ces associations, dont vous trouverez ICI la liste , œuvrent pour le maintien de la mémoire et pour l’aide aux anciens combattants. A l’occasion de ce 8 mai 2020, voici le message de l’UFAC :

messageUFAC8mai2020Vous pouvez le télécharger en cliquant ICI 

 

Le chant des Marais : le chant des déportés

Aujourd’hui journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, nous évoquons en hommage Le Chant des Marais.

Ce chant créé par des communistes prisonniers en 1933 dans le camps de concentration de Börgermoor en Basse-Saxe. Ces militants, détenus à la suite des lois spéciales promulguées le lendemain de l’incendie du Reichstag dans la nuit du 27 au 28 février 1933, devaient extraire la tourbe  dans les marais autour du camp mais avaient le droit de se réunir pour des activités culturelles -quand ils leur restaient des forces.  Ils ont été libérés un an plus tard et certains ont choisi l’exil. C’est ainsi que ces paroles ont été publiées puis qu’une adaptation musicale a été faite par le compositeur Hanns Eisler, collaborateur musical de Berolt Brecht, lui aussi en exil. Ce chant repris par les Allemands engagés dans les Brigades internationales en Espagne est devenu ensuite, passant d’un camp de concentration à un autre le Chant de tous les Déportés, en allemand Moorsoldatenlied, « chanson des soldats de marécage », ou Börgermoorlied, « chant de Börgermoor 

Mémorial à l’entrée du site du camp de concentration de Börgermoor : la pierre présente les paroles du 1er couplet et du refrain.

Le chant a été interprété par de nombreux artistes de Paul Robeson à  Lény Escudero. Il est devenu un chant militaire et a accompagné Simone Veil lors de l’hommage aux Invalides. Et voici une interprétation très émouvante de Louise Combes au cours d’un concert à Saint Roman de Codières même si le son n’est pas parfait… 

Et voici les paroles, ou du moins une des versions, de ce chant :

l
Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.

II
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

III
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : « Tu es à moi. »

Dernier refrain
Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.

dimanche 26 avril : Journée de la déportation

Long silence sur notre blog puisque le confinement en place depuis la mi-mars a conduit l’ANACR-OISE et tous ses partenaires à annuler bien des manifestations !

Le concours national de la Résistance et de la Déportation de l’année scolaire en cours est annulé lui aussi et reporté à l’année scolaire 2020-2021 avec le même sujet.

Avec le mois de mai arrivera peut-être un début de déconfinement … Mais pour l’instant aucune association ne peut raisonnablement prévoir de manifestations réunissant -c’est toujours l’espoir des organisateurs- un public nombreux…

Mais arrivent aussi les commémorations officielles : elles sont maintenues même si elles doivent se dérouler sans le public ; les citoyens et les élèves qui y participent régulièrement et nombreux se souviendront tout de même qu’il y a 75 fin avril les camps de concentration étaient libérés.

Les forces soviétiques libérèrent le camp de Majdanek près de Lublin en Pologne, en juillet 1944, et furent ainsi les premières à pénétrer dans un important camp de mise à mort. Le camp d’Auschwitz est libéré à le 27 janvier 1945 ; les derniers camps furent libérés fin avril et début mai : les Soviétiques libèrent notamment Sachsenhausen le 22 avril, et Ravensbrück le 30 ; les Britanniques Bergen-Belsen le 14 avril, les Américains Flossenbürg le 23 avril, Dachau le 29, Neuengamme le 4, et finalement Mauthausen le 5 mai. Quant au camp de Buchenwald, une partie des déportés en prennent le contrôle le 11 avril 1945, quelques heures avant l’arrivée des Américains.

Le dernier dimanche d’avril a été choisi comme journée de commémoration des victimes de la déportation dans les camps de concentration au cours de la guerre 39-45.  Cette année la cérémonie aura lieu dimanche 26 avril. Et bien que la période actuelle confronte les municipalités à beaucoup de difficultés, le premier Ministre a rappelé dans une circulaire du 9 avril que les édifices publics doivent être pavoisés aux couleurs nationales ce jour-là dans la mesure de la disponibilité des agents municipaux…

Enfin voici le message des associations de déportés FNDIRP, FMD, UNADIF-FENDIR et les associations de mémoire des camps nazis :

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Le 8 mai, commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945, sera aussi célébré sans public…

Pour télécharger la circulaire ministérielle concernant le pavoisement, merci de  CLIQUER ICI

Nous avons reçu un courrier de l’ANACR Nationale analysant la situation actuelle et annonçant le report à 2021 de son congrès prévu normalement en octobre  2020 : il est impossible pour nos organisations départementales de désigner démocratiquement nos délégués. Pour lire ce courrier, merci de CLIQUER ICI

 

 

 

Report de la présentation du « Livre des 9000 déportés à Dora »

En ces temps de confinement, toutes les manifestations prévues pour ce printemps sont ou annulées ou reportées l’essentiel étant de rester chacun chez soi pour protéger tout le monde !

Voici en particulier un point, transmis par Jean-François Monnet, membre de notre ANACR, président de l’AFMD DT 60 (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation – délégation territoriale Oise), coordonnateur de la cérémonie de Compiègne-Royallieu autour du Livre des 9000 Déportés à Dora

En raison des évènements liés au Covid-19, il a été décidé de reporter la cérémonie prévue le 23 mai 2020 à l’automne 2020.

Il en est de même pour toutes les cérémonies prévues en France avant l’été, concernant la parution du Livre des 9000 Déportés à Dora. Les cérémonies internationales en Allemagne sont également reportées.

Un nouveau calendrier sera communiqué dans les semaines à venir. Nous restons malgré tout mobilisés pour identifier les familles, collecter les informations et les documents.

Sachant que les entrepôts sont fermés, que les routeurs ne peuvent effectuer les livraisons et que les livres sont toujours dans les locaux de l’imprimeur, il a donc été décidé de reporter la date de sortie nationale au 1er septembre 2020.

Les éditions du Cherche Midi ont décidé de prolonger la souscription jusqu’au 30 juin 2020 et donc de vous faire profiter d’un tarif préférentiel jusqu’à cette date.

Nous vous invitons à explorer le site de l’AFMD au niveau national et  celui de l’Oise 

Prenez soin de vous et protégez vous, prenez soin des autres et protégez les !

 

 

ANNULATION des projections prévues le 6 mars

La  Projection-débat « Le Silence de la Mer » de Jean-Pierre Melville au cinéma CGR de Beauvais prévue pur le vendredi 6 mars est annulée car, en fonction des arrêtés préfectoraux concernant la période du 1er au 14 mars, le cinéma CGR de Beauvais doit cesser ses activités pendant cette période.

C’est vrai aussi bien sûr pour le cinéma Elysée de chantilly et la projection du film WOMAN, prévue aussi le 6 mars, est elle aussi annulée.

Ces activités comme toutes les autres actuellement empêchées par les consignes liées à l’épidémie de corona virus seront, nous l’espérons, reprogrammées une fois cette crise terminée;

En attendant soyons prudents !

A l’occasion de la journée internationale de la femme : le 6 mars à Chantilly

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Projection du documentaire WOMAN

au Cinéma L’ELYSEE DE CHANTILLY

25, Avenue du Maréchal Joffre

VENDREDI 6 MARS 2020

DE 20 H 30 A 23 H 30

En présence de FEMMES SOLIDAIRES

 

Séance rencontre

WOMAN est un projet mondial qui donne la parole à 2.000 femmes à travers 50 pays différents. Cette très large échelle, n’empêche pas le film d’offrir un portrait véritablement intimiste de celles qui représentent la moitié de l’humanité.
Ce documentaire est l’occasion de révéler au grand jour les injustices que subissent les femmes partout dans le monde.

Mais avant tout, il souligne la force intérieure des femmes et leur capacité à changer le monde, en dépit des multiples difficultés auxquelles elles sont confrontées.

WOMAN, qui repose sur des entretiens à la première personne, aborde des thèmes aussi variés que la maternité, l’éducation, le mariage et l’indépendance financière, mais aussi les règles et la sexualité.

À travers ce film, vous découvrirez la parole des femmes comme vous ne l’aviez jamais entendue auparavant.

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14 février : Royallieu puis Beauvais, travail pour la mémoire…

14 février à COMPIEGNE-ROYALLIEU :

L’ANACR, qui participe au travail de l’association TRANS’mission sur le devenir du mémorial, était bien représentée lors de l’inauguration du nouveau Mur des Noms du Mémorial de l’internement et de la déportation de Royallieu : une cérémonie émouvante où ont été évoqués à la fois le long travail qui a été nécessaire pour faire cette importante mise à jour et le souvenir de tous ceux qui ont été internés dans ce lieu, Frontstalag 122, entre juin 1941 et août 1944 ; certains ont été libérés, d’autres transférés dans d’autres prisons et la plupart sont partis à pied du camp jusqu’à la gare de Compiègne pour être envoyés dans les camps nazis.

Pendant cette période on estime à 54 000 le nombre de personnes qui y ont été internés. Sur le Mur des Noms voulu par l’architecte du Mémorial et créé en 2009 il y avait 43 533 noms. Le Mur des Noms inauguré aujourd’hui en comporte 48 233 et il est le résultat d’un énorme travail de recherche conduit par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et financé grâce à la SNCF. Un travail de récolement des données a été réalisé et on peut maintenant suivre le parcours d’un interné. Les archives sont au Service historique de la Défense de Caen.

Après une introduction par le directeur du Mémorial Monsieur Aurélien Gnat, il y a eu plusieurs interventions :

– au nom de la Fondation pour la mémoire de la Déportation par Monsieur Bertrand Brassens qui représentait la présidente Madame Marie-José Chombart de Lawe,

– au nom de l’association TRANS’mission par Monsieur Philippe Schwartz,

– au nom du Conseil Départemental par Monsieur Eric de Valroger

– et au nom de la ville de Compiègne par Monsieur Philippe Marini.

Monsieur Gnat rappelle tous les partenaires de ce projet : avec 4 700 noms ajoutés, le travail n’est pas terminé mais c’est une étape significative ; ce nouveau Mur des Noms indique aussi la date de naissance quand elle est connue : une aide pour distinguer les homonymes souvent demandée par les familles.

Monsieur Schwartz a évoqué avec beaucoup d’émotion ses parents : son père a été interné entant que juif à Royallieu en octobre 1942, y est resté jusqu’en février 1943 où il a fait partie d’un convoi vers les camps nazis. Il a réussi à s’échapper du train avec un camarade et à revenir à Paris. Il a reçu l’aide de 11 personnes (une aide qui pouvait leur coûter la vie) et s’il a eu la force de tenter cette évasion et de la réussir c’est aussi parce que sa femme lui a régulièrement apporté de la nourriture pendant qu’il était à Royallieu. En moins de 5 mois il avait perdu 20kg mais avait, grâce à ce soutien moral et matériel, encore assez d’énergie…

Monsieur Verges, ancien déporté, était présent et a été salué avec beaucoup de respect par les intervenants.

Ont été évoqués le symbole que représentent les noms gravés ici : les noms de ceux dont les nazis ont voulu nier l’humanité… L’importance des dons faits au mémorial par des familles autant sur les internés que sur tout ce qui a pu concerner l’environnement du Frontstalag 122 et l’action de la population qui vivait autour. Et le désarroi des personnes qui ne trouvaient pas sur le Mur des Noms, le nom d’un parent, d’un ami…

14 février à BEAUVAIS, antenne de l’Université Jules Vernes:

En fin de matinée, dix – sept élèves de bac pro du lycée Les Jacobins ont visité l’exposition montée par ANACR dans le hall de l’antenne universitaire. Une présentation générale leur en a été faite afin de faire ressortir le thème du CNRD à l’occasion de la préparation duquel un groupe prépare un mémoire collectif. Les élèves ont ensuite étudié les panneaux avec un questionnaire approprié et l’aide de leur professeur.

L’après-midi, Guillaume Lanussé et moi-même avons présenté le roman de Vercors Le silence de la mer et l’adaptation de Melville en nous resituant par rapport au thème du concours, en insistant sur leurs points communs et sur les innovations du cinéaste. Notamment les thèmes des œuvres ont été éclairés par des approches littéraire, philosophique ou historique. Il s’agissait de donner des clefs de lecture à un public jeune : une huitaine de lycéens de Félix Faure étaient présents, participant pertinemment aux échanges.

Un public plus âgé habitué des conférences de l’IUTAB , ou averti par les associations notamment l’ANACR – Oise, était également présent et intéressé (25 personnes ).

Un certain nombre de participants viendront voir le film de Melville (dont des extraits significatifs ont été analysés cet après-midi) le 6 mars au CGR , dans un quartier proche.

L’ANACR a pu intéresser à ses publications* une partie du public, tandis qu’une douzaine de participants s’intéressaient à l’exposition du rez- de – chaussée. Une journée où nous avons touché un public intéressé et des jeunes lycéens qui passeront le concours au mois de mars.

Une action que nous espérons bien reconduire en 2021.

*   plaquette-femmes LucienneFabreSebart  et  cnr-version2016

14 février : inauguration du nouveau Mur des Noms du Mémorial de Royallieu

A l’entrée du Mémorial, se dresse le Mur des Noms qui recense les noms des internés et déportés du camp de Royallieu.

Le Mur des Noms rend hommage aux 43 553 personnes, venant de toute la France, qui ont été regroupées dans le camps de Royallieu pendant la Seconde Guerre mondiale :  face à cette immense liste, le visiteur peut se rendre compte « physiquement » du nombre de gens qui ont transité par Royallieu et dont près de la moitié n’est jamais revenue des camps nazis (Buchenwald, Auschwitz-Birkenau, Neuengamme, Mauthausen, Dachau, Sachsenhausen, Ravensbrück).

Créé en 2008 pour l’ouverture du Mémorial, le Mur des Noms nous montrera le 14 février de nouveaux noms qui y ont été inscrits grâce aux recherches des historiens et des associations.

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